‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 216 sur 602 · PROGNOSTIC DES VENINS EN GENERAL · texte numérisé non relu

PROGNOSTIC DES VENINS EN GENERAL

Il y a plusieurs sortes de venins, aussi ils ont diuersités d’accidens : car

1 Le premier chapitre de 1575 se terminait par un paragraphe intitulé : Du pro-

il est impossible que tous accidens qui suruiennent aux poisons suiuent à vn certain poison : car autrement c’eust esté chose superflue aux autheurs de traiter chacun poison à part, et des remedes particuliers de chacun. Donc on ne trouuera point qu’'vn seul et mesme venin cause vne excessiue chaleur d’estomach, de ventre, de foye, vessie, reins, qu’il face venir le hocquet, qu'il face trembler et frissonner tout le corps, qu'il oste la parolle, qu’il face conuulsion : qui rende le pouls languiïde, qui empesche la respiration, qui rende la personne toute endormie et assoupie,qui cause verligine ou tournement de teste, qui esbloüisse la veuë, qui estrangle, qui altere, qui face flux de sang, qui cause la fiéure, quiretienne l'yrine, qui prouoque continuel vomissement, qui face rougir le malade, qui le rende liuide, palle, insensé, qui le face ronfler et peter, perdre toute force, et plusieurs autres accidens que les venins particulierement font.

* ‘ “+ gnostic. Le texte en est presque entièrement différent du chapitre actuel ; le lecteur sera à même d’en juger.

« Du prognostic.

» Les venins chauds tuent plustost que les froids, pource que la chaleur naturelle les reduit plus promptement de puissance à leur effect, qu’elle ne fait les froids : et partant les accidens sont plus grands ou moindres, selon la force et vehemence du venin, et la nature de la partie : toutesfois le propre de tous venins en general est d’assaillir le cœur comme principe de vie. Voila ce qu’il me semble en somme de l’action des venins artificiels : maintenant il nous Cconvient parler du venin naturel des bestes trouuees en ce pays de France. »

Ici done finissait le chapitre 1°" ; le chapitre 2 répond comme il a été dit au chapitre actuel.

Et quand ces accidens suruiennent aux empoisonnés, il est difficile de bien connoistre quel est le venin qu’on aura pris. Il est vray que les venins chauds tuent plustost que les froids, parce que la chaleur naturelle les reduit plus promptement de puissance à leur effect qu’elle ne fait les froids t.

Galien dit qu’il se peut engendrer en nos corps vne substance approchant du venin? Ie dis que tel venin est bien difficile estre conneu.

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