‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 235 sur 602 · DE LA TORPILLE · texte numérisé non relu

DE LA TORPILLE

La torpille «est ainsi nommée, à !

cause qu’elle rend les membres en-

1 Aëce liu. 13, A. P.

2 Liure 10. chap, 67. —1A, P,

LE VINGT-TROISIÉME LIVRE

dormis, Elle vit aux riuages fangeux, de châir des autres poissons, qu’elle prend par finesse : car estant cachée dans le limon , elle rend les poissons qui s’approchent d’elle tellement endormis,estourdisetimmobiles, qu’elle les prend, et en ioûit à son plaisir.

Non seulement à ceste vertu contre les poissons, mais aussi contre les hommes: car si vn homme luy touche auec vne verge, elle Iuy endormira le bras : aussi fait-elle aux pescheurs qui l'ont prise en leurs rets.

Ce que tesmoigne Pline liure xxxij.

chap. j Ce quiestconfirmé par le docte seigneur du Bartas au cinquiéme liure de la Sepmaïne, par ces vers 1 :

La Torpille, qui sçaït qu'elle porte en son flanc

Vn hyuer insensible, vn pestiferé san$,

Vn inconnu pauot, vne haleine cruelle,

Qui roidit tous les corps qui s'auoisinent d'elle :

verse traistreusement sur les proches poissons

Ie ne scay ‘queéïs venins, ie ne Scay quels glacons,

Boñt l’estrange vertu s'espardant par les ondes

N'arreste seulement deurs troupes vagabondes,

Ains mesme endort leurs sens : puis se paistde

leurs corps,

Dont les membres gelés sont et morts, et non

| morts.

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