‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 24 sur 602 · WAY · texte numérisé non relu

WAY

Touianus Pontanus escrit que l’an mil cinq cens vingt-neuf, le neufiéme de ianuier, il fut veu en Allemagne un enfant masle ayant quatre bras et quatre iambes ; duquel tu vois icy le portrait.

1 Voici cértainement une de ces monstruosités réellement observées, mais défigüréés par l’ignoräncé. On sait qüe là plupart des monstres sont du sexe féminin: on sait aussi qué chez lés fœtus peu avancés, avec où sans moñstruosité, le clitoris proéminé de manière à simuler assez bien la verge. Un obsérvâtéur superficiel aura cru voir une Yerge el uné vüulye à là fois, coriséqüémment un bérmäaphrodite; ét plus tard

Figure d'un enfant masle ayant quatre bras et quatre iambes,

La mesme année que le grand roy François fit la paix auec les Soüisses, nasquit en Allemagne vn monstre ayant vne teste au milieu du ventre : iceluy vesquit iusques en l'aage d'homme : icelle teste prenoit aliment comme l'autre.

le dessinateur, faisant son esquisse d’après le texte, n’a trouvé rien de mieux que de figurer la vulve d’un côté, la verge et les testicules de l’autre. J'ai dû cependant me conformer à la figure de Paré, et j’en ai toujours agi ainsi à l'égard des figures que j'ai conservées.

1 Cette histoire est empruntée à Lycosthenes, qui la rapporte à l’année 1516 (ouvr.

cité, page 521), et il l’avait probablement copiée d’après Rueff, De conceplu et generatione, etc., 1554, page 44. La seule différence est que dans Rueff la face de l'individu entier est celle d’un enfant, tandis que dans

Figure d'un homme ayant vne teste au milieu du ventre.

Le dernier iour de Feburier 1572,en la paroisse de Viaban, sur le chemin de Paris à Chartres, au lieu des petites Bordes, une femme nommée Cypriane Girande , femme de Jacques Marchant laboureur, accoucha' de ce monstre , lequel vesquit iusques au dimanche ensuiuant !.

Lycosthènes et Paré elle est d’un homme.

Du reste, l’histoire et la figure sont très probablement imaginaires. Il n’existe pas d'observation authentique d’une pareille monstruosité, et l’on peut tout au plus présumer qu'il s'agissait d’un monstre analogue à celui de la page 7.

1 Rueff a une figure presque absolument semblable , ouv. cité, fol. 47, qu'il rapporte à un individu observé en Angleterre en 1552.

Lycosthène a copié l’histoire et la figure de Rueff à la p. 619 de son livre.

Portrait de deux enfans bien monstrueux, ausquels vn seul sexe feminin se manifeste.

L'an 1572, le lendemain de Pasques, à Mets en Lorraine , dans l’hostellerie du Sainct-Esprit, vne truye cochonna vn cochon ayant huict iambes, quatre oreilles, la teste d’vn vray chien, les derrieres des corps separés iusques à l'estomac, et depuis ioints en vn, ayant deux langues situées au trauers de la gueule, etauoit quatre grandes dents, sçauoir est autant dessus que dessous, de chacun

costé: leurs sexes estoient mal distingués, de facon qu’on ne pouuoit connoistre s'ils estoient masles ou femelles : ils n’auoient chacun qu’vn conduit sous la queuë : la figure duquel l’est demonstrée par ce portrait, lequel puis n’agueres m'a esté enuoyé par monsieur Bourgeois, Docteur en Medecine, homme de bon sçauoir et bien experimenté en icelle, demeurant en ladite ville de Mets.

Figure d'un cochon monstr ueux, nay à Mets en Lorraine.

1Â DE DIXNEVÉTÈME LIVRE,

A ccst endroit me semble n’estre hors de propos d’escrire des femmes qui portent plusieurs enfans d’vne ventrée f.

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