‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 247 sur 602 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

PIQVEVRE DE LA TARERONDE OV PASTENAQOVE.

Aëce escrit ? qu’aprés la playe de ceux que la tareronde aura piqués, s'ensuit vne douleur continuelle, et vn endormissement de tout le corps, et aucuns en meurent promptement auec conuulsion.

Pline dit qu’il n’y a rien de plus

1 Ici finissait le chap. 24 du livre de 1575; le dernier paragraphe est une addition de

2 Liure 3. — A, P.

3 Lib. 9, cap. 48.—A. P.

LE VINGT-TROISIÉME LIVRE

execrable que l’aiguillon enleué sur la queuë de la pastenaque, lequel est de grandeur de cinq pouces. Il fait mourir les arbres qui en sont piqués par la racine. Il dit d'auantage, que l'aiguillon est bon pour la douleur des dents, quand l’on en scarifie les genciues : et reduit en poudre auec ellebore blanc, les fait tomber sans douleur. Ce poisson est bon à manger, horsmis la teste et la queuë. Aucuns de ces poissons ont deux aiguillons, autres vn seul, lesquels sont pointus, garnis de dents des deux costés, comme dents de scie, se tournant vers la teste.

Oppian escrit que laiguillon est plus venimeux que les fleches des Perses enuenimées, lequel garde son venin encore que le poisson soit mort, et n’est, dit-il, seulement vepimeux aux animaux, Mais AUSsi AUX arbres et plantes. Les dents des aiguillens de ce poisson ont esté renuersées par nature vers la teste, à fin qu’elles entrent et percent plus aisément, et plus mal-aisément sortent , pour-ce qu’en les tirant on les tire à contrepoil. Et s’il en pique quelque poisson, il le tient enferré comme d’vn hameçon. Rondelet dit que ses aiguillons sont au milieu de la queué 1.

Il faut qu’il y en ait de plusieurs sortes : car lay vne queuë d’vne pastenaque, longue de cinq pieds et plus, au commencement de laquelle naissent et sont attachés deux aiguillons, qu’vn gentilhomme de Bretagne n’a donnée, que ie garde en mon cabinet, laquelle est toute semée de petites boucles semblables à estoiles, fort aiguës.

Les pescheurs subit qu’ils ont pris ce poisson, ils luy ostent les aiguil-

1 Rondelet, au liure des Poissons. — A. P.

cite ls

DES VENINS. 333

lons, de peur qu’il ne les blesse de son venin: et lors qu’ils en sont piqués, ils louurent , et prennent le foye, et l’appliquent sur la playe :

aussi estant bruslé et mis en cendre, et posé sur la playe, est la vraye contre-poison de son venin. Elle vit en lieu fangeux prés des riuages de la mer, et vit des poissons qu’elle prend de son aiguillon. La figure est comme vne raye.

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