‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 249 sur 602 · DV VENIN DV CHAT · texte numérisé non relu

DV VENIN DV CHAT

Les chats n’infectent seulement par leur ceruelle, mais aussi par leur poil, haleine et regard : car jaçoit que tout poil aualé sans y penser puisse suffoquer la personne, en estoupant les conduits de la respiration , toutesfois le poil du chat est dangtreux par sus tous autres : leur haleine est infecte d’vne poison tabifique. Et dit Matthiole auoir conneu aucuns , prenans plaisir aux chats qu’ils n’eussent iamais dormi sans en auoir quelquesvns couchés auprès d'eux, de l’haleine desquels longuement attirée auec l'air, ils deuindrent phthisiques, et en fin miserablement moururent. Les chats aussi offensent de leurs regards, tellement qu’aucuns voyans ou oyans vn chat, tremblent et ont vne peur grande, qui se fait par vne antipathie venant de l'influence du ciel.

Matthiole escrit qu'estant en Allemagne, soupant en bonne compagnie

1 Liure de la theriaque à Pison. — A. P.

2 J'ai gardé cette phrase parce qu’elle indique une des sources où l’auteur a puisé,

en vn poille , eh temps dhÿuér, lv de la troupe estoit suiet à céla. L’hostesse connoïssant le naturel de Fhomrme, enferma vn petit chat (qu’elle nourrissoit) dedans vn coffre audit poille , de peur que ce personu age le voyant ne se courrouçast : mais eneore qu'il ne vist ny ouyst le chat ; peu de temps aprés auoir attiré l'air infeet de l’haléine du chat, sa temperature ennemie des €hats irrilée , il commença à suer et paliir, et en tremblant crier (non sans grande ad:

miration de tous ) qu’il y auoit vn chat er quelque coitr dudit poitle :

alors on mit le chat hors de la maison.

Or le chat infecté aussi ceux qui mangent de sa ceruelle, et sont tourmentés de grandes douleurs de teste, et quelquesfois en deuiennent insensés, Pour les guarir, il les faut faire vomir, elle vrayÿ alexitere est le muse donné à boire demie Scrupule auéc de bon vin, et reïlérer ce remede tant qu'on verra estre besoin.

le diray d’auantagé , que le chat est vne beste pernicieusé aux énfans da berceau, par cé qu'il sé couche sur leurs visages, ét les éstoufe : parquoy il s’en faut bich donner garde.

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