‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 270 sur 602 · Radicis ireos Florentiæ 3. ij · texte numérisé non relu

Radicis ireos Florentiæ 3. ij

Rosarum rubrarum, santali albi, styracis calamitæ ana 3.ij.

Cyperi 5. j.

Calami aromatici 3.j.

LE VINGT-QVATRIÉME LIVRE

Maioran® 3; D:

Caryophyllorum 5. iij.

Lauandulæ 5. f;

Coriandri 5 ij.

Mosei boni 9, .

Ladani, benioin ana 5. j.

Nucis moscatæ, cinnamomi ana 5. ij.

Fiat puluis subtilis, concludatur sacculo.

D’auantage, on portera sur la region du cœur, santal citrin, macis , cloux de girofle, canelle, saffran et theriaque : le tout concassé, incorporé el arrousé de vinaigre bon et fort et eau rose en esté, en hyuer de bon vin ou maluoisie. Tous ces remedes ainsi forts, et qui ont vne grande vertü aromatique et vaporeuse, pleine d’esprits subtils, font au corps de merueilleux effets, fortifient les parties principales, stimulans la vertu expulsiue à chasser le venin hors et prohiber qu’il n'entre dedans : au contraire l’odeur puanté cause vne nausée ou volonté de vomir et defaillance de cœur. Parquoy ceux qui conseillent en temps de peste prendre l’odeur des retraits et autres lieux infectés, font mal, et contre l'opinion d'Hippocrates , comme nous demonstrerons cy aprés.

Or il ne suffit pas seulement porter preséruatifs sur soy : mais on se pourra lauer tout le corps de vinaigre, auquel on aura fait boüillir graine de genéure, laurier, racine de gentiane, souchet, hypericon, et autres semblables, et y destremper du theriaque ou methridat. Or le vinaigre est contraire aux venins tant chauds que froids, et garde de‘ pourriture, d'autant qu’il est froid et sec, qui sont deux choses contraires et repugnantes à la putrefaction :

ce que l'experience monstre : car en iceluy on,garde corps morts', chairs ,

DE LA PESTE

herbes, fruits et autres choses , sans qu’elles se pourrissent, Et si quelqu’vn veut obiecter que le vinaigre n’est vtile à se lauer le corps , à cause qu’il feroit obstruction des pores et empescheroit la perspiration (ce qui est fort conuenable à pourriture), il doit aussi considerer qu'on ne le met seul, et que ses qualités froides et seiches sont corrigées par les autres choses meslées auec luy. Et partant est bon d'en vser , comme nous auons dit, et qui ne se voudra lauer tout le corps, pour le moins on se frottera les aisselles et la region du cœur , les temples, les aines et parties genitales, parce qu’elles ont vn grand consentement au cœur et à toutes les parties nobles : parquoy seront frottées et lauées de ce lauement, ou d’autre fait de bonnes senteurs, ou de cest onguent :

24, Olei rosati 3 iii.

Olei de spica 3.ij.

Pulueris cinnamomi, caryophyllorum ana 3. ). GS.

Assæ odoratæ. 3. $.

Mosei &. vi.

Theriacæ 5. £.

Terebenthinæ Venetæ 5. j. &.

Ceræ quantum suflicit,

Fiat vnguentum molle.

On peut pareillement mettre és oreilles yn peu d'huile de mastic, ou de sauge, ou de cloux de girofle, ou autres semblables, y delayant vn peu de muse ou de ciuette.

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