Seminis psyllij 5. ij: Seminis cithoniorum 3.j
Saechari candi in aqua rosar. dissol, 3j.
Misce : fiant trochisèi lupinis similes : teneat sempér in ore.
Ces trochisques humectent grandemeut la bouche du malade. Aussi pour appaiser la soif, on pourra faire tenir en la bouche vn morceau de
1 Gelse, liur. 3. chap. 1. — A. P.
2 Cette formule a été ajoutée en 1585.
LE VINCT-QVATRIÉÈME LIVRE,
melon, où concombre, où courge, ou quelques fueilles de laictues, où d’ozeille, ou pourpié trempé en eaü froide , et le renouueller souuent. Il pourrà pareiliement y tenir des 1lesches de citron vn peu succrées et à$pergées d'eau rose : semblablement aussi des graius de grenades aigres.
Outre-plus, le vinaigre mixtionné auec eau, ainsi qu’on le prepare dédans les galeres pour boire, refroidit et garde de pourriture, fait passer et descendre l’eau par les parties, dissipe les obstruclions, et estanche merueilleuseméent la soif, par la vertu de sa froideur et acidité : aussi il resiste et amortit beaucoup l’ebullition des humeurs qui causent la féure putride. Pareillement les syrops suiuans sont propres, comme aceteux, de nenuphar, violat, de papauere, de limons, citrons, de ribes, berberis et grenades, L’'yn diceux sera battu et mixtionné auec eau boüillie, et en sera donné à boire aux malades, comme day cy dessus dit, moyennant qu'ils n’ayent toux, ny crachals de sang, ou le sangiot, ou l’estomach debile : ear alors on doit du tout fuir telles choses aveteuses,
Or encor que Yaye cy deuant de:
fendu le vin, jentendois que le malade fusi ieune et robuste, et eust fiéure ardente : mais s’il estoit vieil et debile, et de témperature pituiteuse, et eust accoustumé de boire lousiours vin, aussi qu'il eust passé l’estat de sa maladie, et n’eust fiéure trop grande ne ardente, il peut boire à ses repas vin blanc ou clairet fort trempé, selon la force du vin, et la diversité dés chaleurs du temps. Et ce n’est à reietter : car il n’y a rien qui conforte plustost les vertus, et qui augmente et reuiuifie les esprits que fait le bon vin, et partant en tel
DE LA PESTE
cas en faudra donner : et à la fin dela table on Iuy donnera quelque petit vin vermeil, verdelet et astringent, à fin qu'il ferme et serre l'orifice de l’estomach, el repousse les viandes au profond, aussi qu'il abbate les fumées qui montent à lateste. Et pour ce fait on donnera pareillement un peu de colignac, conserue de roses, ou quelque poudre cordiale.
Et noteras que le malade ne doit endurer la soif, et partant gargarisera souuent sa bouche d’eau et vinaigre, ou vin et eau, et en lauera pareillement la face et ses mains : car tele lotion resioüit et fortifie les vertus
Sile malade a flux de ventre, il boira de l’eau ferrée , auec quelques syrops astringens : aussi le laict boüilli, auquel on aura esteint des cailloux par plusieurs fois, luy sera fort viile.
Quant à ceux qui ont la langue seiche et raboteuse, et toutes Les parties de la bouche desseichées, pour la leur rafraichir et adoucir, on leur fera lauer souuent la bouche d’eau mucilagineuse faile de semences de coings et de psyllium, auec eau de plantin et de roses, et un peu de camphre : puis aprés lauoir lauée et bhumectée, il la faut neitoyer anec yne ralissoire, puis l’oindre d’yn peu d'huile d’amendes douces tirée sans feu, meslée auec du syrap violat, Et s’il suruenoit quelques viceres en la bouche, on les touchera d’eau de sublimé , ou eau forte qui aura serui aux orféures : aussi on fera des gargarismes, et autres choses necessaires,
Election de la bonne eau 1.
Il y a plusieurs malades, et aussi des sains, qui iamais pour leur breu-
- 1 Cet article a été ajouté en 1579; bien
uage ne veulent et ne peuuent boire autre breuuage que la seule eau. A ceste cause, vouloir m'a pris en cest endroit monstrer par escril la bonne eau remarquée par les anciens : et est bien necessaire la connoistre, veu que nosire vie consiste la plus grand part en l’vsage Wd’icelle : car c’est le principal breuuage, ioint que le pain que nous mangeons en est pestri, et la plus part des viandes apprestée et cuittes.
Or la meilleure est celle de pluye qui tombe en Esté , et gardée en vne bonne cisterne. Aprés est celle des fontaines, qui descend des montagnes, et decoule par dedans les pierres et rochers. Puis l’eau des puits, ou celle qui sourd au bas d’vne montagne. Celle de la riuiere est pareillemvnt bonne, prise au fil courant d’icelle, entre deux eaux. Celle des estangs ou marais est mauuaise, et principalement celle qui ne court point est tres-pernicieuse et pestilente, à cause qu’en icelle naissent plusieurs Animaux venimeux, comme couleuures, crapaux, vers, el autres.
Celle de neïge et de glace est aussi mal saine, à cause de sa grande froideur et terrestrité. Et quant à leau des puits et des fontaines, laquelle est (ousiours ou Le plus souuent trouuée bonne, sa bonté sera conneuë , si elle n’a aucune saueur, odeur, ny couleur, neantmoins bien claire comme l'air serain. Elle doit estre tiede en Hyuer, et froide en Esté, facile à eschauffer, et subite à refroidir :
en laquelle Les pois et Les féues et nauets , et autres semblables choses se
qu’il ait un titre spécial, il tient de trop près à la matière traitée dans le précédent chapitre pour qu’il eût été utile de l’en séparer,
cuisent facilement. Et ceux qui en vsent ont la voix claire et la poitrine saine , et le teint du visage beau et clair : et la plus legere trouute au poids est la meilleure.