‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 288 sur 602 · AIT · texte numérisé non relu

AIT

Aoi

{ malade ne le desiroit , et fust accous-

tumé à Boire de tels breuuages.

Pour estancher la grande soif, et contrarier à la matiere putride et veneneuse, on donnera à boire au malade de l’eau et vinaigre faits comme s'ensuit.

Oxycrat composé.

Prenez deux liures d’eau de fontaine, trois onces de vinaigre blanc ou rouge, quatre onces de succre fin, deux onces de syrop de roses : le tout soit fait boüillir vn petit boüillon, et en soit donné à boire au malade.

Ce iulep suiuant est pareillement

propre pour donner à ceux qui sont

fort febricitans, lequel a vertu de rafraichir le cœur, et retient en bride la fureur du venin, et garde les humeurs de pourriture.

Prenez demie once de jus de limons, et autant de citrons.

Vin de grenades aigres, deux onces.

Eau de petite ozeille et eau rose, de chacune vne once.

Eau de fontaine boüillie tant qu’il sera besoin.

Et soit fait iulep, duquel en sera vsé entre le repas.

Autre.

Prenez syrop de citrons et de grozeilles rou= ges appellées ribes, de chacun vne once.

Eau de nenuphar, quatre onces.

Eau de fontaine, huit onces.

Et de ce soit fait iulep à boire comme dessus.

Autre, Prenez syrop de nenuphar, et syrop aceteux simple, de chacun demie once.

Soient dissoults en cinq onces d’eau de petite ozeille, et vne liure d’eau de fontaine, et de ce soit fait tulep.

Et si le malade estoit ieune , et de temperature chaude, et l’estomach bon, il pourra boire de bonne eau

froide venant d’vne claire et viue fontaine à grands traits, à fin d’esteindre son extreme soif, et la vebe-

mente fureur et ardeur de la fiéure, |

Ie dis à grands traits, pource que sil beuuoit peu et souuent, iamais sa soif ne pourroit estre estanchée ni la chaleur diminuée, mais plustost se-

roient augmentéés. Cè que nous con- |

noissons par l’'éxemple du mareschal,

qui voulant eschauffer le fer arrouse |

son feu auec:vne escouuette , et par ce la vertu du feu en est rendue plus chaude et ardente : et lors qu’il le veut esteindre, il iette bonne quantité d’eau dessus, qui fait que le feu en est suffoqué et du tout esteint :

aussi le pauure febricitant aiteré d'vne extreme soif,lors qu'on luy donne van grand trait d’eau fraiche, par ce moyen on lui suffoque sa vehemente chaleur et desir de boire.

Et en telle extreme soif ne faut tenir mesure du boire : et où lé malade vomira aprés, il n’y aura pas grand danger : et cecy est mesme approuué de Celse !, qui dit, qu’aprés que l’eau froide aura relrigeré les parties interieures , il la conuient vomir : ce que toutesfois aucuns ne font pas, mais en vsent comme de medicament.

D'auantage, le malade liendra en sa bouche ces trochisques ? :

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