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L'an 1573, ie veis à Paris, à la porte de sainct André des Arts, vn enfant aagé de neuf ans, natif de Parpeuille, village trois lieuës pres de Guise : son pere se nommait Pierre Renard, et sa mere qui le portoit, Marquette. Ce monstre n’auoit que deux doigts à la main dextre, et le bras estoit assez bien formé depuis l’espaule iusqu’au coude , mais depuis le coude ius-
avec le texte, ni avec la logique. Seulement j'ai gardé à la figure son titre de 1575, le primitif ayant été alors transporté à Ha figure suivante.
1 On trouve une figure presque semblable dans Rueff, ouvr. cité fol. 49, verso, et dans Lycosthènes, qui parait l'avoir copiée de RuefT.
qu'aux deux doigts estoit fort dif forme. Il estoit sans iambes : toutesfois luy sortoit hors de la fesse dextre ve figure incomplete d’vn pied, apparence de quatre orteils : de Pautre fesse senestre en sortoit du milieu deux doigts, l’vn desquels ressembloit presque à la verge virile. Lequel l’est demonstré au vray par ceste presente figure f.
Figure d'un enfant monstrueux , du defaut de la semence en deuë quantité,
L’an 1562. premier iour de Nouembre , nasquit à Ville-franche de Beyran en Gascongne, ce present monstre sans teste, lequel m’a esté donné par monsieur Hautin, docteur regent en la faculté de medecine à Paris, duquel monstre as icy la figure tant anterieure que posterieure, et m’a affirmé lauoir veu.
1 Ce paragraphe et la figure qui le suitont été ajoutés en 1575. L'auteur transporta alors à cette figure le titre qu’il avait d’abord attribué à la précédente ; voyez la dernière note de la page 20.
Figure d'un monstre femelle sans teste 1,
On a veu depuis quelque temps
1 Cette figure, avec le texte qui s’y rapporte, a élé ajoutée en 1575, et l’auteur avait mis en marge celle naïve exclamation:
Chose fort nonstrueuse, voir vne femme sans teste !
Il est à remarquer que le texte français semble dire d’abord que le monstre luimême à été donné à Paré par Hautin, et qu ’ensuite il est manifeste que c'était seulement la figure. De plus, Paré ditnettement que Hautin avait vu le monstre, et cela n’était pas, ainsi que nous allons le voir.
On lit en effet dans la traduction latine :
Anno Domini 1562 calendis novembris, Villæ-Francæ in Fasconid , natum est quod appictum hic vides monstrum, famina ace phalon, cujus imaginem À FONTANO A GENENSI MEDICO QUI SE ID VIDISSE SANCTE AFFIRMABAT acceplam, mihi hanc de monshris.commentalionem paranti obtulit Joannes Alüinus doctor medicus. |
Or, ce texte fait naître plus d'une réfiexion, Qu'était-ce donc que ce traducteur,
en çà à Paris yn homme sans bras, | aagé de quarante ans ou enuiron,
fort et robuste, lequel faisoit presque toutes les actions qu’vn autre pouuoit faire de ses mains : à scauoir,
| auec son moignon d’espaule et la
teste, ruoit vne coignée contre vne piece de bois aussi ferme qu’yn autre homme eust sceu faire auec ses bras. Pareillement faisoit cliqueter van foüet de chartier , et faisoit plu-
| sieurs autres actions : et auec ses pieds
mangeoit, beuuoit, et ioüoit aux cartes et aux dez, ce qui t'est demonstré par ce portrait. A la fin fut larron, voleur et meurtrier, et executé en Gueldre , à sçauoir pendu, puis mis sus la rouë.
sibien instruit de l'affaire, qu’il rectifie complèétementson auteur, apporte une autre autorité, et rejette soigneusement loin de Hautin l’idée que celui-ci ait vu le prétendu monstre? Il est presque impossible que ce soit un autre que Hautin lui-même ; et c’est Jà une preuve à peu près décisive de l’opinion que nous avions ayancée comme probable touchant le traducteur latin de Paré.
Voyez mon Introduction, pages ccexxvij et Cecxxxij. î :
On voit aussi que cette figure, venue à Paré de troisième main, et certifiée seulement par un médecin de proyince, ne mérite pas confiance pour tous ses détails. Il faut dire que Paré avait donné deux figures de ce monstre; l’une, que j ’ai retranchée .
le représentait par derrière avec une espèce de trompe au milieu du dos, et sur les oômoplates deux spirales situées à l'égard de la trompe comme les yeux le sont au-dessus du ,nez. Enfin, les deux saillies que l’on aperçoit, sur les épaules, comparées dans l'une et l'autre figure , avaient quelque ressemblance éloignée ayec les oreilles. Assurément le médecin'd’Agen a pu observer un acéphale, et cette monstruosité n’est pas bien rare; mais le dessin qu’il en a tracé fait plus d'honneur à son imaginalion qu'à son esprit observateur.
Fiqure d'un homme sans bras À, Hippoerates au liure 2 des Epide-
mies escrit, que la femme d’Antigenes accoucha d’vn enfant {out de chair, n'ayant aucuns os, nean{moins auoit toutes les parties bien formées.