Boli armeni, terræ sigillatæ ana 3.j. f
Rosarum rubrarum, myrtill. ana 5, vj.
Nucis cupressi 5. ij.
Omnium sandalorum ana 5. j.
Nucis moscatæ 5. f.
Mastichis, styracis calamitæ ana 3,5. 6.
Ceræ nouæ 3. vi.
Picis naualis 3 . ij.
Terebenthinæ Venetæ, quantum suffcit.
Fiat emplastrum.
Et quand il estoit besoin de resoudre d’auantage, on vsoit de ces-
tuy-Cy.
2£. Styracis calamitæ, labdani, benjoin,
ana 5. iij.
Mastichis, ireos Florentiæ, baccarum
. Jauri, cinamomi, cariophylii, calami aromalici ana 5.j.
Ligni aloës, forum camomillæ, lauandulæ , nucis moscatæ, ana 5. £.
Moschi 5..j.
Ceræ nouæ 3. Yi.
Resinæ 3.ij.
Terebenthinæ Venetæ 3. if.
Olei rosarum quantum suflicit,
Fiat emplastrum.
1 La première édition avertit en marge que ces formules se retrouvent auparavant au Chap. 4 du livré des contusions. La remarque est juste; mais toutes les éditions ayant conservé ce double emploi, jen’ai pas cru devoir en rien retranchers
DISCOVRS
S'il aduïent qu’on soit blessé au visage, et que l’on ait les yeux (comme l'on dit) pochés aù beurre noir, faut subit prendre vn mouchoir trempéén eau froide et vinaigre , et'en bassiner la partie. Ge pendant on aura blancs d'œufs battus ten eau rose, pour les appliquer dedans et autour des yeux, et parties proches. Æt subit que tel
| remede $era sec, on y en remettra
d'autre : et aprés, du sang de pigeon ou dautre volaïlle, qui ont faculté de seder là douleur, et resoudre le Ssang meurtri des yeux.
Aussi on fera vne fomentation de sauge; thim, rosmarin, marjolaine, boüillies en eau et Vin. D’auantage on peut prendre de l’aluyne hachée, ét posée sur vne pelle chaude, et l'appliquer dessus entre deux lingés, La farine de féues cuitte en oxymel y est aussi bien propre. Quant aux emplastres de diachylon ireatüum , de meliloto oxycroceum, elles sont paréillement resolutiues : maïs sur tous autres remedes (pourueu qu'il n'y ait ny douleur ny chaleur) la racine de sigillum bealæ Mariæ appliquée par rouëlles, où ratissée, discute et resoult le sang meurtri, comme chose miraculeuse.
Que si l’on s’estoit heurté des doigts contre quelque chose dure , ou receu quelqué coup, ou pressé, ou escaché les ongles, qui sont en danger de tomber, ou marqués de noirceur à raison du sang qui est flué déssous : céla aduenant, tout subit où prendra vn linge trempé en vinaigre froid, et estraindra le doigt blessé dé l’autre main, le plus fort que l’on le pourra endurer, à fin de reprimer la fluxiôn : et pour seder la douleur, on mettra dessus vn cataplasme fait de fueilles d’ozeille cuittes sous les cendres chaudes, puis
DE LA
pilées auec onguent rosat ou beurre frais. Et pour resoudre le sang ja deflué, on y appliquera cataplasmes faits de crottes de chéures, incorporé auec poudre de soulphre, et vn peu d’eau de vie. La cure sera paracheuée selon que l’on verra estre de besoin. D’auantage si par vne grande contusion et meurtrisseure suruient quelquesfois gangrene et mortification, qui se connoist quand la partie deuient fort liuide et noire, iusques à sembler que sa chaleur est presque suffoquée et estainte pour la grande concretion du sang deflué en la partie, qui empesche que les esprits ne peuuent paruenir pour l’entretenir en son estre : alors il faut vser de scarifications superficielles ou profondes, et appliquer des ventouses, pour faire attraction et vacuation du sang espandu hors des veines : et s’il ny auoit totale mortification, conuiendroit faire amputation de ce qui seroit mort,
Si quelqu’vn a sauté et tombé sur le talon de haut, à plomb sur quelque chose dure, et par la contusion le sang sort hors de ses veines, dont il suruint grande douleur, puis tumeur, et aprés il se noircist, et se fige, puis se pourrit, La douleur vient pour la contusion qui s’est faite à laponeurose du gros tendon composé
des trois muscles du pommeau de la |
iambe, qui s'implante sous le talon, et sus toute la solle du pied; et des - perfs qui sont en ces parties là : à quelques-vns leur suruient fiéure, spasme et autres cruels accidens :
ce queie certifie auoir veu aduenir.
Partant il y faut obuier tant que possible sera, en faisant la saignée au bras du costé malade : puis faire vacuation du sang meurtri, à Ssçauoir en coupant la peau de dessous le
MVMIE.
talon pour luy donner transpiration, de péur qu'il ne se pourrisse,et qu’il ne face apostémé et gangrene. Et si là peau estoit duré, €omrme elle est ordinairement , il est besoin, auparauant que la couper, faire des fomentations d’eau chaude et huile assez longuement : puis y appliquer dessus du cerat et autres remedes : la muscosité des limaçons, auec poudre d'encens, aloës et myrrhe, seichent à merueille le sang meurtri : faisant le bandage comme l’on a accoustumé aux fractures, commençant sur le talon, à fin de chasser le sang loing de la contusion, et situant le pied plus haut que le reste du corps : et les guarissent én soixante iours , s'ils se tiennent en repos sans nullement märcher. Hippocrates dit que si los du talon vient carieux, la maladie dure vn siecle, c’est à dire de la vie de l’homme : et que le malade ne doit boire vin, ains en lieu d'iceluy , de lhydromel, et non oxymel : car lors que les nerfs sont offensés , le vinaigre leur est du tout contraire ‘. Pareillement pour quelque coup orbe , ou s’entorser pour quelque mesmarcheure ou entorsure, que les os peuuent sortir de leurs places, et se rompre , fendre et esclatter , et enfoncent quelquesfois iusques à la moëlle : et selon les differences faut diuersifier la cure. Et sommairement pour ce faire, faut tenir , pousser, esleuer, situer, bander et lier la partie, et la tenir en repos : toutes lesquelles choses trouueras amplement escrites en l’onziéme, quatorziéme et quinziéme liures de mes OEuures *.
1 Hippocrales, au liure des Articles.—A.P.
2 Ce sont les livres des Contusions, des Bandages, et des Fractures, les 10°, 12° et 13° de l'édition actuelle,
Le douziéme iour de mars 1582, vn Gentilhomme de la suitte de Monsieur le Mareschal de Biron, nommé Bernault de l’Estelle, seigneur dudit lieu, ioüant à l’escrime au logis dudit Mareschal, eut vne playe contuse dans l'œil senestre , trauersant de l’autre part prés la quatriéme verte bre du col, icelle faite d’vne espée rabbatue, au bout de laquelle y auoit vn bouton rond et plat de grosseur d’vn bon pouce, qui fut donné par vn Gentilhomme du pays de Quercy, nommé le Baron du Bouluet. Toutesfois ledit coup n’auoit passé tout outre de l’autre part, ne rompu entierement le cuir , mais y estoit demeuré vne petite tumeur liuide ei noire, de la grosseur d’vne auelaine : d’abondant toute la teste et le col luy enflerent , ne la pouuant tourner , pour le sang qui estoit respandu entre les muscles du col: aussi ledit Seigneur ietta le sang par le nez et par la bouche, et fut fort estonné dudit coup.
Et ne veux oublier que ledit Seigneur Baron, homme fort et puissant, ayant blessé ledit Bernault, aussi tost qu’il eut donné le coup, voulant retirer l’'espée , ne le peut qu’à grande difficulté, et s’efforca par deux diuerses fois auparauant que de la r’auoir, à cause que les os de l'orbite de l’œil auoient esté rompus et enfoncés au dedans par la grande violence du coup. Mondit Seigneur le Mareschal m'enuoya prier d’aller en sa maison pour penser ledit blessé : où estant arriué, le me recommanda d'autant bonne'affection que si c’eust esté vn de ses propres enfans. Adoncie luy fis promesse queie le solliciterois comme si c’esloit sa personne. L’ayant veu, ie fus d’auis auec Paradis, Chirurgien de mondit seigneur le Mareschal, et
DISCOVRS
Solin Crinel, chirurgien des bandes Françoises (hommes bien entendus en la Chirurgie, pour leurs grandes et longues experiences, qui le solliciterent auec moy iusques à ce qu’il fut du tout guari) qu’il fust saigné de la veine cephalique, du costé de la blesseure : et en l’œil fut appliqué du sang de pigeon ( qui est vn vray baume des yeux) et aux parties voisines blancs d'œufs battus en eau rose et plantain , et sur toute la teste luy fut faite vne embrocation d’oxyrrhodinum : puisluy fut appliqué vn emplastre diachalciteos (aprés luy auoir osté le poil) dissout en huile rosat et vinaigre, pour euiter l’inflammation des parties interieures du cerueau. Il luy fut semblablement fait ouuerture à l'endroit où le bout de l’espée n’auoit passé outre, de laquelle en sortit bonne quantité de sang noir et caillebotté, et fut tenue ouuerte tant que nous vismes la teste et le col tout desenflés : et les accidens passés, nous luy fismes plusieurs autres choses que ie laisse à cause de briefueté.
le ne veux passer sous silence que messieurs Pigray ,Cointeret , LeFort, Dioniau, Viard, et Nicolas Marc, et plusieurs autres, tant Medecins que Chirurgiens, vindrent voir penser ceste blesseure, sans perdre la veuëê, qui est veritablement chose admirable. Il fut guari, graces à Dieu, en vingt-quatreiours, et ce sans que nulle portion d’os en fust sortie, qui est encor plus esmerueillable. Que si quelqu'vn demande comment cela s’est peu faire : ie luy respondray, que peut estre les os de l'orbite qui auoient esté poussés au dedans , peurent aussi estre reduits en leur lieu, retirant l’espée au dehors.
DE LA