‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 382 sur 602 · PREVVE FAITE PAR RAISON · texte numérisé non relu

PREVVE FAITE PAR RAISON

Venons maintenant à la raison. Tout ce qui resiste aux venins est cardiaque et propre à corroborer le cœur.

Rien n’est propre à corroborer le cœur, sinon le bon air et le bon sang : pour autant que ces deux choses seulement sont familieres au cœur, comme estant l’officine du sang arteriel et des esprits vitaux, Or estil que la cornede Licorne n’a aucun air en soy, ny aucune odeur, ou bien peu, estant toule terrestre et toute seiche. D’auantage elle ne peut estre tournée en sang, parce qu'elle n’a ny chair, ny suc en soy : qui est cause qu’elle n’est chylifiée, ny par consequent sanguifiée !.

IL s’eusuit doncques qu'elle ma aucupe vertu pour fortifier et defendre le cœur contre les venins.

4 Tout ce paragraphe est extra t presque textuellement duchapitre de 1579.

Voire-mais, dira quelqu’ vn, en tant d’opiates, electuaires et epithemes que l’on fait pour le cœur, qu'y a-il de tel, qui contienne en soy vn bon air ?

Si a : sçauoir est, les conserues de bourache, buglosse, violiers de Mars, de roses, de fleurs de rosmarin, la confection dalkermes, le mithridat, le theriaque, l’'ambre, le muse, la ciuelte, le safran, le camphre et semblables, lesquels mesme lon delaye en bon vin et fort vinaigre, en eau de vie, pour appliquer sur lecœur, ou pour donner en breuuage. Toutes lesquelles choses sont en soy, et rendent desoy vne odeur, c’est à dire,vpn air ou exhalation fort souëfue ; benigne et familiere à la nature et substance du cœur, eñ tant qu’elles peutent engendrer, multiplier, esclaircir et subtilier le$ ésprits vitaux, par similitude de leur substance aërée, spirituelle et édorante.

Oùy, mais at bol d'Arménie, en la térre sigillée , én la corne de cerf, en Fa racture d’'yüoîre et de corail, n°ÿ ail rien dé spirituetrx et aëré?

Non certes. Pourquoy donc sontils mis entré les remedes cardiaques?

Pource qué de leur faculté et vert astringente fondée en la terrestrité dé leur substance, ils ferment les éonduïts des véines et arleres, par

lesquelles le venin et air pestilent |

pourroïit estre porté au cœur. Car ainsi sont-ïls ordonnés profitablement aux flux dé sang êt vuidanges immodérées. Es sont done appeltés cardia-

ques, non pas que de soy et par soy | is fortifient Fa substance du cœur |

par aucune familiarité où similitude, mais par aécident , parce qu’ils bouchent le passage à l’ennemy, l’arrestant én chémin, à ce qu’il ne sc jette dedans la citadéllé dé Ia vie.

DISCOVRS

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