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CHAPITRE XIII

DES MEDICAMENS EMOLLIENS OV REMOLLITIFS,

Medicament remollitif, est celuy qui par sa chaleur plus grande que celle des suppuratifs, au reste sans aucune humidité ou siccité manifeste et apparente, amollit les corps endurcis. Parquoy differe du suppura : tif: par-ce que le suppuratif peut estre chaud du premier au second degré, ou plus, selon la temperature du corps où il est appliqué, agissant plus par abondance de chaleur moderée que par qualité et acrimonie d’icelle, L’emollient au contraire estant plus robuste en chaleur, agit plus par qualité d’icelle : temperé au reste en humidité et siccité, iaçoit que nous auons aucuns remollitifs chauds au premier degré , et secs au second et troisiéme.

Les medicamens emolliens sont simples ou composés, debiles ou forts.

Les debiles sont :

Racines.

Radix liliorum alborum, cucumeris agrestis, althæa.

Herbes, semences et fruits.

Folia maluæ, bismaluæ, liliorum, ancthi summitates, viola, branca vrsina , semen

DES

maluæ, bismalaæ, lini, fænugræci, caricæ pingues, passulæ mundatæ,

Parties des bestes.

Pedum, capitum , intestinorum veruecinorum decoctum.

Graisses des bestes , oiseaux et poissons.

Adeps ex iunioribus et eastratis, domesticis fœminis animalibus. Adeps suillus, vitulinus, hœdinus, caprinus, bubulus, vulpinus , gallinaceus, anserinus, anatinus, olorinus, efficaces.

Ex anguillis et piscibus fluuiatilibus, debiles. Ad omnia mediocris humanus, butyrum, lana succida, cera pinguis, vitellus oui.

Moelles.

Medulla ex ossibus, ceruina, ouilla, caprina. Les composés sont :

Oleum simplex in quo coctæ fuerint herbæ emollientes, liliorum,. chamæmelinum, amygdalarum dulcium.

Les forts emoiliens :

Acetum, adeps taurinus, vrsinus, Ceruinus, leoninus, pardalinus, apri, equi seuum 1,

Resines et yommes.

Pinea , picea , abietina, terebinthina,

Ammoniacum, bdellium, styrax, galbanum, ladanum, propolis, opopanax, vnguentum de althæa.

Emplastres.

Emplastrum diachylon commune et magoum, de mucilaginibus, ceroneum, oxycroceum , Iohannis de Vigo.

Nous vsons des medicamens remollitifs aux tumeurs scirrheuses, qui se font souuent és fins des muscles, quelquesfois au milieu des muscles, souuentesfois és glandes , és visceres , és

1 L'édition de 1575 ajoutait à celte énu-

mération gruis : ce mot a été rayé en 1579. ,

MEDICAMENS.

léures ou bords des vlceres, d’vne matiere crasse, froide et visqueuse :

comme sont la pituite et le suc melancholique. Mais les tumeurs faites de cest hameur sont tousiours chan-

ses, et pour ceste cause sont rendues plus malignes par l’vsage des emolliens : au contraire, celles qui sont faites de pituite demandent seulement emolliens. Toutesfois en l’vsage desdits emolliens , faut auoir esgard à {rois choses : la premiere est, qu’il faut connoistre combien le vice est grand , à fin d'appliquer remede suffisant : secondement, faut distinguer les natures des parties : tiercement, faut colliger artificieusement comme il faudra amollir : s’il faudra

point adiouster quelque medicament

qui deterge et incise auec les emolliens : car aucuns scirrhes sont incurables, comme celuy qui n’a point de sentiment, et qui a causé desia deperdition de poil en la partie où il est.

Il faut icy noter, que si la partie est grandement intemperée d’intemperature froide, et que la chaleur naturelle fust languide, qui feroit qu’elle ne pourroit reduire les remedes de puissance en effet : pour augmenter icelle chaleur, on posera prés vue estuue de fer, en laquelle sera mis vn carreau de fer ardent, puis sera close : et par ce moyen la chaleur sera gardée longuement !.

A. Monstre le corps de l’estuue.

B. Le carréau de fer.

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