‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 399 sur 602 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

DES DETERSIFS OV MONDIFICATIFS.

Medicament detersif! ou mondificatif, est celuy qui, par vne tenuité de substance accompagnée de siccité, nettoye et purge vn vlcere de deux sortes d’excremens : desquels l’vn est gros et cspais, appellé Sordes, vulgairement dit bouë, qui est tiré du profond des viceres au dehors parles qualités dudit mondificatif : l’autre estsublil et aqueux , appellé desGrecs Ichor , lequel est desseiché par la siccité du mondificatif, Et pourtant dit Hippocrates que tout vicere doit estre mondifié ?.

Des medicamens mondificatifs, les vos sont simples, les autres composés : les vns forts, les autres debiles.

Les simples sont ou amers , ou doux, ou acides.

1 L'édition de 1575 disait: Medicament purgalif, detersif, ete.

2 Au liure des vlceres, — À, P.

Re <

LE VINGT-CINQVIÉME LIVRE

Ceux qui ont saueur amere sont :

Racines.

Gentiana, aristolochia, iris, enula campana, scilla, serpentaria,

Herbes.

Centaurium minus, absinthium, marrubium, perforata, abrotonum, apium, chelidonium, ruta, hyssopus, scabiosa, artemisia , eupatorium, aloës.

Semences.

Fumus terræ , hedera terrestris, et lixiuium factum ex cineribus horum, lüpini , orobus, amygdala amara, faba,

Gommes.

Terebinthina, myrrha, mastiche, sagapenum, galbanum, ammoniacum.

ÆExcremens des bestes.

Fella animalium, stercus caprinum, vrina .

bene cocta.

Metaux.

Squamma:.æris, æs vsfum, ærugo, Scoria æris, antimonium, calx, chalcitis, misy, sory, alumen.

Les doux sont :

Viola, rosa, melilotum, ficus pingues, dactyli, vuæ passæ, liquiritia , aqua hordei, .

aqua mulsa, vinum dulce, mel, saccharum , serum lactis, manna, thus, etc.

Les acides sont :

Omnes acelosæ species, capreoli vilium, acetum, et cætera acida.

Les composés sont :

Syrupüs de absinthio, de fumaria, de marrubio, de eupatorio, artemisia, acetosus, lixiuium.

Oleum de vitellis ouorum, oleum terebinthinæ, oleum de tartaro.

Vaguentum mundificatiuum de apio, apostolorum, puluis mercurialis, etc.

DES MEDICAMENS.

Nous vsons des medicamens mondicatifs, pour en purgeant les vlceres caues, donner moyen à nature d’engendrer chair, et les remplir : mais en l’vsage d'iceux, faut auoir premierement esgard à tout le corps, car il est sain , ou plethorique, ou cacochyme : secondement, de la partie, laquelle est humide ou seiche, plus ou moins, selon sa temperature et son lieu de sentiment aigu ou hebeté :

d’auantage aucunesfois elle reçoit quelque vice estrange, comme callus, fluxion chaude, douleur , quelque mauuais suc où pourriture, ou quelque autre mauuaise qualité. Finablement faut considerer si l’vlcere est recent et puisn’agueres fait, ou inueteré et vieil. Car selon la diuersité de telles considerations, faut diuersifier les remedes, tant en qualité qu’en quantité augmentée ou diminuée : car le doux et mediocre est quelquesfois changé en acre et plus désseichant. Aussi à vn vlcere trop sec et douloureux , conuiennent medicamens liquides : à vn trop humide, faut appliquer poudresetmedicamens de consistence seiche : et faut ainsi changer les remedes debiles ou forts, secs ou humides, durs ou mols, se-

lon la disposition des vlceres.

Page 1