EXEMPLE DES MONSTRES OVI SE FONT PAR CORRVPTION ET POYVRRITVRE
Boistuau en ses Histoires prodigieuses escrit, que luy estant en Auignon, vn arlisan ouurant vn cercueil de plomb d’vn mort, bien couuert et soudé, de façon qu’il n’y auoit aucun air, fut mordu d’un serpent qui estoit enclos dedans, la morsure duquel estoit si veneneuse, qu’il en cuida mourir. L’on peut bien donner raïson de la naissance et de la vie de cest animal : c’est qu'il fut engendré de la pourriture du corps mort. |
1 Cette histoire, empruntée d'Hippocrate, n’a été insérée en cet endroit qu’en 1579.
2 Ce chapitre était bien plus étendu dans les deux éditions de 1573 et 1575. Il commençait par une discussion sur les serpents contenus dans la matrice des femmes, puis pär deux autres histoires tirées de Levinus et de Lycosthènes. Tout cela a été reporté en 1579 dans un appendice au chapitre 3 du livre de la petite V’erolle, que j'ai remis à sa place naturelle comme chap. 16 du pré= sent livre. Voyez les notes des pages 33 et 36.
DES MONSTRES
Baptiste Leon escrit pareillement, que du temips du Pape Martin cinquiéme, fut trouué en vne grande pierre solide vn sérpent vif enclos, n’y ayant aucune apparence de vestige par lequel il deust respirer.
En cest endroit ie véux reciter vne semblable histoire. Estant en vne mienne vigné prés le village de Meudon',où ie faisois rompre de bien grandes ét grosses pièrres solides, on trouua au milieu de l’vné d’icelles vn gros érapaud vif, et n’y auoit aucune apparencé d’ouuerture : et m’esmerueillay Cornme cest animal auoit péu naistre, croistre et auoir vie. Lors le carrier me dit qu'il ne s’en falloit esmerueiller , par-ce que plusieurs fois il auoit trouué de tels et autres animaux au profond des pierres, sans apparence d'aucune ouuerture. On péut aussi donner raison de la naäissance et vie de ces animaux : c’est qu’ils sont engendrés de quelque substancehumide despierres.laquelle hu midité putrefiée produit telles bestes.