‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 462 sur 602 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

DES BAINGS.

Les baings ne sont autre chose que fomentations vniuerselles de tout ie Corps, seruans tant à garder la santé diceluy (comme Galien monstre au

iure 2, de Sanitate tuenda) qu’à la curation de la plus part des maladies :

remedes fort communs et familiers aux Medecins anciens, tant Grecs que Latins, sur tous les autres remedes topiques et externes : car outre leur vsage et profit (qui est d’euacuer les excremens, et autres humeurs pourris arrestés à la peau, d’appaiser douleurs, lassitudes, et corriger toutes intemperatures du corps) en la curation des fiéures et en la plus pari des autres maladies sont le dernier refuge, de grande aide et effets merueilleux. Outre ce ils sont delectables aux hommes : parquoy d’iceux la connoiïissance est fort viile et necessaire.

L'on fait deux difierences des baings : les vns sont naturels, les autres artificiels. Les naturels sont ceux qui de leur propre nature sortent tels sans aide ou artifice externe, et ont quelque qualité medicamenteuse. Car l'eau qui de son naturel doit estre sans qualité apparente !, si d’'aduenture elle passe par les minieres des corps metalliques, ou prés d’icelles, promptement elle reçoit impression

des qualités et effets desdits metalli- |

ques. À ceste cause toute telle eau, ainsi que Galien dit au premier liure de Sanitate tuenda, a Vne vertu commune qui est de desseicher : mais particulierement l’vneeschauffegrandement et desseiche , l’autre desseiche, astreint et refrigere. Lesdites eaux sont chaudes, tiedes ou boüillantes, selon qu’elle passent prés ou loin des matieres allumées sous terre, desquelles retiennent et empruntent la vertu, à cause qu’elles passent par les minieres pleines de feu, et faisans leurs cours par icelles, acquierent

1 Galien, au liu, des Alimens.— À, P.

LE VINGI-CINQVIÈME LIVRE ;,

chaleur actuelle, sans autre artifice :

laquelle chose est de grande admiration, d’où se concret telle chaleur sous la terre, où manifeste feu n’apparoist : aussi qui l’allume, qui l’entretient et nourrit par si long temps sans s'esteindre. Aucuns philosophes voulans donner raison naturelle, disent que le feu s'allume sous terre par les rayons du soleil : les autres disent que c’est par la penetration des foudres : autres que c’est par l'air vehementement esmeu, comme dehors du caillou est tiré le feu par attrition.

Mais outre ces raisons humaines, la cause principale doit estre referée.à la grande prouidence du grand Architecteur facteur de toutes choses, qui a voulu manifester sa puissance, voire iusques aux entrailles de la terre. Iacoit qu’aucuns veulent que telles eaux soient eschauffées par le moyen du souiphre, qui entre les corps metalliques retient plus la nature du feu, comme aussi on luy attribue ia cause du feu perpetuel qui dés tout temps sort de la montagne de Sicile nommée Ætna, ainsi qu’auons parlé cy deuant, et selon que descriuent les poëtes et historiens : à ceste cause les eaux sorians aïnsi chaudes retiennent principalement la vertu du soulphre. Les autres representent la qualité de l’alum ou du sel nitre, ou de bitumen, ou chalcanthum. Et telles eaux tant chaudes que froides sont conneuës par saueur, odeur, couleur, et le limon qui adhere aux canaux aussi par separation artificielle des parties terrestres desdites eaux d’auec les subtiles : comme en faisant boüillir l'eau dudit baing, comme situ voulois faire cauteres, laquelle estant consommée tu connoistras par lesdites parties terrestres qui demeureront, la nature du baipg.

DES MEDICGAMENS.

Comme s’ilest sulphuré, lesdites parties terrestres sentiront le soulphre :

s’il est alumineux, auront le goust d’alum , et ainsi consequemment des autres. D’auantage par les effets et aides qu’elles donnent aux maladies, lesquelles declarerons particulierement, commençans aux sulphurées:

Les eaux sulphurées eschauffent grandement, desseichent, resoluent, ouurent, allirent du dedans au dehors : elles nettoyent la peau de galles, gratelles, et dartres: sont profitables au prurit, aux vlceres, defluxions des articles, et gouttes : elles remedient au mal de la colique, de la ratte endurcie : inutiles au reste pour boire, à cause de leur mauuaise odeur et saueur, et nuisantes au foye.

Les alumineuses, quant à leur saueur, ont vne grande slipticité et astriction , partant desseichent grandement. Leur chaleur n’est tant manifeste : toutesfois quand on en boit, elles laschent fort le ventre: ce qui semble aduenir à raison d’vne nilrosité et chaleur. Elles detergent et repriment les fluxions, et les menstrues superflues des femmes : conuiennent aux douleurs des dents, aux viceres corrosifs, et apostemes cachées et latentes, tant des genciues que d’autre partie de la bouche.

Les saiées et nitreuses sont manifestes de leur saueur : elles eschauffent, desseichent, astreignent , detergent, resoluent, extenuent , resistent à la putrefaction, ostent les ecchymoses : elies profitent aux gratelles vicereuses , et vleeres malings, et toutes tumeurs laxes : telle est l'eau de la mer.

Les bitumineuseseschauffent continuellement, resoluent, et par longue espace de temps emollissent les nerfs :

elles sont toutesfois diuerses et variables, selon les especes et diuersités de bitumen qui impriment leurs qualités esdites eaux.

Les eaux qui retiennent la qualité de l’airain ou cuyure, eschauffent, desseichent, detergent, resoluent, incisent et astreignent : elles aident grandement contre les vlceres corrosifs , fistules, duresses des paupieres, des yeux, et corrodent les carnosités tant du nez que dusiége.

Les ferrées refrigerent, desseichent, et grandement astreignent : à ceste cause sont profitables aux apostemes, duretés et tumeurs dela ratte, debilité d’estomach, ventricule, flux de menstrues , intemperies chaudes du foye et des reins : telles sont aucunes de Luques en Italie.

Les plombées refrigerent, desseichent , et retiennent toutes les autres qualités du plomb. Telles sont celles qui passent par les canaux du plomb.

Ainsi faut iuger des eaux gypseuses, ou ayans la nature de la craye, lesquelles ont les mesmes effets que les corps par où elles passent.

Les susdites eaux chaudes aident grandement contre les maladies froides et humides, paralysie , spasmes, rigueurs des nerfs, tremblement, palpitations , gouttes froides , inflations des membres, hydropisies, iaunisse procedant d'humeur visqueux , douleurs de costés, coliques, douleurs nephritiques, à la sterilité des femmes, à la suppression des mois d’icelles ; à la suffocation de la matrice, aux lassitudes spontanées, aux defedations du cuir, dartres, morphées, galles, gratelles, à la lepre, et autres maladies prouenantes d'obstruction faite d'humeur visqueux et froid , à raison qu’elles prouoquent sueurs ; mais

icelles faut euiter és natures choleriques, et és intemperatures chaudes du foye : car elles pourroient causer cachexie et hydropisie, par la mauuaise complexion acquise au foye pour l’vsage desdites eaux.

Les froides sont fort conuenables aux intemperatures chaudes, tant de tout le corps que des parties d’iceluy :

et sont plustost prises au dedans, qu’appliquées au dehors. Elles confortent grandement et roborent les parties internes relaxées : comme la vertu retentrice du ventricule, des intestins, des reins, de la vessie, et des autres parties du ventre inferieur. Et pourtant elles corrigent lesexcessiues chaleurs du foye, le remettans à sa naturelle temperature,etgrandement le corroborent : elles arrestent flux de ventre, dysenteries, flux de menstrues, flux d’vrine, gonorrhées, sueurs immoderées, flux de sang, et guarissent beaucoup d’autres maladies causées par imbecillité des parties dudit ventre inferieur. Entre lesquels ceux du Liege, et de Spa, et de Plombiere, pris par dehors et par dedans , ont mesme effet, faisans d’yne mesme main plusieurs offices sans rien gaster : veu que ces eaux sont tellement potables, que ceux du pays en vsent ordinairement en leurs potages et breuuages sans mal en receuoir t.

On fait des baings artificiels à l’imitation des naturels, pour suppleer le

defaut d’iceux , en y mettant poudre des dessusdits mineraux, comme soulpbre, alum, sel nitre , bitumen. Aucunesfois on fait chauffer fer, cuyure, or, argent, iusques à rougeur, et les fait-on esteindre plusieurs fois en eau

… ! Cette dernière phrase est une addition de 1579.

LE VINGT-CINQVIÈME LIVRE

commune ou de pluye, pour en donner à boire aux patients. Et telles eaux retiennent souuent la vertu du metal qui a esté esteint en icelles, comme l’on voit par les effets, tant és dysenteries qu’és autres excretions immoderées des humeurs bons et superflus au corps humain, quand elles debilitent nature.

Outreceux-cy, il y a d’autres sortes de baings artificiels, desquels les vns sont faits d’eau simple seulement sans autre mixtion : les autres sont faits auec decoction de quelques medicamens.

Les baings d’eau simple doïuent estre tiedes et mediocrement chauds:

Car l’eau estant ainsi tiede, humecte, relasche, amollit les parties solides trop seîches, dures et tendues, ouure les pores par vne chaleur accidentale, digere,attireet resoult les excremens tant fuligineux qu’autres, acres et mordans , arrestés entre cuir et chair 1: aussi est fort commode aux combustions imprimées sur le corps et visage par insolations, c’est à dire, trop grandes ardeurs du Soleil, et aux lassitudes , ausquelles les parties similaires sont desseichées?. D’auantage soit que nous soyons eschauffés, ou refrigerés, ou desseichés, où qu’ayons nausée, ou quelque autre intemperie, et que le corps demande quelque euacuation , nous trouuons manifestement grand secours aux baings d'eau tiede, et peuuent seruir de frictions ou d'exercice. Car ils apportent au corps mediocrité du temperament : ils augmentent la chaleur et la vertu , et auec sueurs viennent à discuter ventosités. Partant sont conuenables aux fiéures hectiques, et

1 Galien, au liu. 3. de S'anit. tuend.—A.P.

2 Galien, au liu. 10 dela Meth., — A. P,

DES MEDICAMENS. 599

à la declination de toutes les autres fiéures : ioint qu’outre les commodidités susdites ils prouoquent le repos et dormir, ainsi que dit Galien!, Mais pour autant que l’eau seule ne peut longuement adherer au corps, on y mesle de l'huile d’oliue pour la faire demeurer plus longuement : et iceux baings sont grandement loüés pour ceux qui sont de temperature chaude et seiche : aussi sont proffitables aux inflammalions des poulmons, et aux pleuretiques, parce-ce qu’ils appaisent la douleur, et aident à suppurer les crachats, pourueu qu’ils soient faits aprés les choses vniuerselles :

pource que s'ils estoient pris auant la purgation et saignée, ils seroient fort dangereux, à raison qu'ils pourroient causer fluxion sur les parties affligées. Le baing, dit Galien, est administré sans danger aux maladies, quand la matiere est cuitte et digerée : ils sont vtiles aux fiéures ardentes causées de choiere, par-ce qu’ils refrigerent et humectent, et aussi qu'ils euacuent portion de la cholere.

Pour tels effets sont choisies les eaux de pluye : puis celles de riuiere non limonneuse, en aprés celles de bonnes fontaines : le dernier rang tiennent les eaux de paluds et estangs : car il faut que l'eau pour le baïing, que nous appellons aqua duleis , soit legere, et de substance ténue et subtile.

Les baïings d’eau trop chaude ou froide n’ont pas tel vsage , mais plustost apportent vne incommodité : car ils serrent et ferment les pores du corps, et par consequent retiennent les excremens et autres humeurs à la peau.

Les autres baings artificiels sont

! Galien, liu 2. de la Comp, des medic.

particuliers, — A, P.

faits de mesme matiere que les fomentations humides : parquoy aucuns d’iceux sont relaxatifs : les autres sedatifs des douleurs : les autres mondificatifs et detersifs : les autres prouoquent ou arrestent les menstrues deg femmes , et ainsi des autres.

Les relaxatifs sont faits de la decoction et permixtion des medicamens remollitifs et resolutifs descrits par cy deuant, mis en grande quantité. On y adiouste aucunesfois du vin, quelquesfois de l'huile, quelquesfois du beurre frais, du laict : et d’iceux nous ysons aux suppressions d'yrine, et douleurs nepbritiques, et contractions de nerfs, et habitudes des corps hectiques. Car par medicamens relaschans, l’aridité du cuir est corrigée :

et par les humectans, qui peuuent penetrer et enuoyer leur humidité grasse et aërée, iusques au dedans du corps ja rarefié et ouuert par la tiedeur du baing , arrousée et nourrie, comme d’vn gras et fertile limon.

Les anodyns, qui allegent ou diminuent douleur, sont faits des medicamens anodyns et temperés , ausquels on adiouste quelquesfois des medicamens relaxans, autresfois des forts resolutifs, et les fait-on cuire en eau et vin, principalement és douleurs de coliques prouenans de pituite vitrée, ou des ventosités grosses encloses au ventre. Nous vsonsde telsbaings pour les douleurs du ventre inferieur, des reins, de la matrice, et de l’intestinum colon. Toutesfois ne faut que le malade sue en iceux, mais seulement qu’il y nage quelque espace de temps, iusques à ce qu'il sente sa douleur allegée, de peur de prosterner d'auantage la vertu affoiblie par douleur.

Les detersifs sont faits des medicamens mondificatifs et desseichans,

Quelquesfois nous vsons des remol-

Goo

litifs meslés auec legers detersifs, où il y a quelque dureté à la peau, ou que les croustes et escailles de la galle et’ autre vice du cuir sont dures excessiuement, pour venir par aprés aux forts detersifs et desiccatifs. Ils sont fort requis és affections du cuir, galles, gratelles, prurit , morphées, et autres telles defedations du cuir :

aprés lesquels, pour troisiéme baing, faut faire decoction de choses desseichantes et astringentes legerement, pour corroborer la peau et habitude du corps, à ce qu’elle ne soit desormais si prompte et ouuerte à receuoir nouuelles fluxions, et que le mal ne retourne comme parauant.

On fait aucunesfois d’autres baïings composés et meslés ensemble des dessusdits, selon les indications compliquées. Les baïngs appropriés aux femmes sont faits des medicamens appropriés à la matrice, selon les intentions, comme de prouoquer ou arrester les mois d’icelles. Vneseuledescription d’vn seruira pour toute description de baing.

Baing relaxant et anodyn.

2%, Rad. lilior. albor.'et bismaluæ ana 1. ij. Maluæ, parietariæ, viol. ana m. vi.

Semin. lini, fænugr. et bismal. anaïb. j.

Flor.chamæm., melil. et anethi ana p.vij.

Fiat decoctio in sufficienti aquæ quantitate,

cui permisceto :

Olei liliorum etlini,

Vini albi 1. vj.

Fiat balneum ,, in quo diutius natet æger.

ana 5. ij.

Les baings tant naturels qu’artificiels, sont remedes fort loüables et sains, s’ils sont pris en temps deu, et quantité et qualité conuenables, comme tous autres remedes : mais s’ils ne gardent telles reigles, ils nuisent grandement : car ils exciteut

LE VINGT-CINQVIÉME LIVRE

horreurs , frissons et douleurs, densité de la peau, debilitent les facultés de nostre corps, et apportent plusieurs autres dommages t. Parquoy faut auoir esgard aux considerations cyaprésesrerites. Premierement auant qu'entrer au baing , faut qu’il n’y ait aucune partie principale debile ?. Car telles parties debiles attirent et reçoiuent promptement les humeurs fondus et liquefiés par le baïng, veu que les voyes sontouuertes. Secondement, faut qu’il n’y ait abondance et multitude d’humeurs cruds aux premieres veines : car tels humeurs par le baing seroient dispersés par tout le corps. Parquoy il est fort bon que les purgations vniuerselles, et vacuatons desdits humeurs. precedent auant qu’entrer au baing. Et non seulement telles purgations vniuerselles sont necessaires auant le baing, mais aussi les excretions, tant de l’vrine que d’autres excremens. Aprés telles purgations, tant vniuerselles que particulieres , faut que la vertu et force du patient soit suffisante, tant pour entrer et demeurer au baing, que pour se tenir sans manger et à ieun.

Tiercement , faut que tel baing soit administré sans frisson , à cause qu “ pourroit causer vne fiéure.

Le temps commode pour se mettre au baïing est aprés le soleil leué, à ieun , ou six ou sept heures aprés le repas, si d’aduenture on veut vser deux fois le iour des baings. Car si la viande estoit encore aux premieres veines, ou au ventricule, elle seroit attirée auant sa parfaite coction, à raison de la chaleur du baing qui eschaufferoit toutes les parties du

1 Galien , au liu. 10 de la Meth. —Galien, au liu. 3. de Caus. puls. — A. P.

2 Galien, 11, de la Meth. — À. P.

DES MEDICAMENS,

corps, dont elles seroient plus promptes à attirer l'aliment encore crud:

Aucuns eslisent la partie de l’année commode pour lesdits baings, le Printemps et fin de lEsté: autres vn iour beau et clair, ny froid, ny venteux, ny piuuieux. Ainsi la disposition et vertu du corps et les {emps considerés, faut entrer bien chaudement au baing, dans lequel ne faut boire ny manger pour les causes ja dites : si d’auenture, pour le regard des forces, lon ne prend vn peu de pain, ou quelques raisins, ou quelque orange, ou grenade pour la soif.

Le temps d'y demeurer ne se peut dire ny escrire. Aucuns toulesfois veulent qu’il soit d’vne demie heure iusques à vne heure : mais ne se faut fier à cela, aïins auoir esgard à la vertu. Car il ne faut que le patient demeure au baing iusques à l’extreme debilité et foiblesse : à raison qu’és baings est faite grande resolution des esprits et de l'humeur substantifique.

Au sortir du baïing faut estre diligemment couuert, et se mettre au lict pour y suer, et euacuer par sueurs quelques excremens atlirés à la peau par la chaleur du baing. Aprés la sueur diligemment neltoyée, faut faire ou frictions legeres , ou deambulations : puis se nourrir de viandes de bon suc, de facile digestion et distribution : car la vertu concoctrice du ventricule a esté affoiblie par le baing. La quantité desdites viandes sera moderée, quand elle ne fera pesanteur à l’estomach. Finabiement, aprés les baings faut euiter la compagnie des femmes : car le coïl, outre imbecillité acquise du baing , il abbat grandement les forces et verius, tant de tout le corps que principalement des parties nerueuses.

Ceux quise baignent pour duresse,

Goi

ou retrecissement des nerfs, ou pour appaiser les douleurs d’iceux, doiuent frotter etentourer les parties malades de la fange du baïing : car par ce moyen la vertu du baing est conseruée plus longuement en la partie : et reçoit-on plus grand profit en se frottant et endui ant la partie d’icelle fange, que si on vsoit du seul baing 1,

Ces reigles icy diligemment obseruées et gardées, l’vsage des baings est d’vn effect diuin et merucilleux, comme il a esté predit : et non seulement telles reigles sont à garder en vsant des baings, mais aussi en prenant des estuues, desquelles nous parlerons, pour latfinitéet vsage commun qu’elles ont auec les baings :

ioint aussi que les anciens vsoient des estuues seiches et baings l’vn aprés l’autre , et le tout auoit le nom de baing , comme il est facile à connoistre par les liures de la Meihode de Galien.

Page 1