‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 508 sur 602 · ROY · texte numérisé non relu

ROY

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Veritablement ie n’eusse mis la main à la plume pour escrire de telle maniere , n’eust esté que quelqu’vn m'a Laxé et iniurié impudemment, et mesprisé par haïne et affection particuliere plus que de bon zele qu'il deuoit auoir au public, de ma maniere de lier les veines et arteres, escriuant ce qui s’ensuit :

4 Voici, comme il a été dit dans mon Introduction, le dernier opuscule publié par Paré de son vivant. 11 parut dans la quatrième édition des œuvres complètes, en 1585; et la date de quelques observations qu’on trouvera rapportées plus bas (pages 681 et suiv.) fait voir qu’il n’a pu être écrit avant l’année 1584. Le livre de Gourmelen, auquel Paré répond, avait paru en 1580 sous ce titre, qui en explique assez l'esprit : S'tephani Gourmelent Curiosolitæ Parisiensis medici Chirurgicæ artis, ex Hippocratis et aliorum velerum IMedicorum decretis, ad rationis normam redactæ Libri III. C'était Vadoration des doctrines hippocratiques et galéniques poussée jusqu’à l'absurde; c'était le mauvais côté de l’école représentée par Paré,et l’écueil où elle devait périr. Aussi Paré, qui, comme

Malè igitur et nimium arroganter, inconsultus et temerarius quidam, vasorum vslionem post emorltui membri resectionem, à veteribus omnibus plurimüm commendatam, et semper proba- Lam, damnare ausus est : nouum quemdam deligandi vasa modum, contra veleres omnes medicos sine ralione, sine experientia et iudicio, docere cupiens,

tous les hommes vraiment éminents, tout en résumant en lui l'esprit philosophique de son époque, le sentait trop étroit pour son génie, et pressentait l’époque à venir, Paré se roidit contre cette servilité aveugle ; après avoir vengésa propre doctrine, ilattaque certaines des doctrines anciennes reproduites par son adversaire ; il critique, il condamne ces puissantes autorités, Paul d’Egine, Celse, et jusqu’à Hippocrate même; il donne enfin aux chirurgiens du xvi° siècle l'exemple d’une critique aussi large et aussi hardie que l’époque pouvait peut-être la comporter. J’ai dit dans mon Introduction que sans doute Paré avait eu communication de la traduction de Courtin. Il paraît d’après une indication de Du Verdier, rapportée par Haller, que celte traduction avait paru la même

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