‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 549 sur 602 · L.3 pt · texte numérisé non relu

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nent en amour. Ceste beste souffre huil iours la faim et soif, Elle est de douce et amiable nature, veu que les esclaues et marchans Turcs, la voulans charger ou descharger de leur fardeau, ils ne font que toucher d'yne vergetle sur le col, et soudain se couche par terre, et ne se leue qu'elle ne se sente assez chargée, où qu'on les face releuer. Il a quatre genoux :

pour ceste cause il flechit ses cuisses de derriere comme ses iambes de deuant : et partant il demeure à genoüil tant qu'il soit chargé. Telle chose a esté faite par vne grande prouidence de nature, pour salisfaire à la commodité de sa hauteur : car autrement il eust fallu des eschelles qu escabelles à l'homme pour le charger.

I y en a qui n’ont qu’vne bosse sur le dos , qui sont d'Afrique ou Arabic, Il y en a d’autres quien ont deux, qui sont amenés d'Asie et Tartarie : Les vns sont grands , et bons à porter grande charge : les autres petits, propres à faire iournée , comme nous faisons sur nos cheuaux. La viande qu'ils aiment le mieux sont les féues, et ne leur en faut que quatre poignées pour Îles contenter (out vn iour, C’est la plus grande richesse que les Arabes ayent, tellement que s'ils vouloient monstrer quelques vns d’entre eux estre opulent et riche, its ne disent point: Vn tel a tant de mille escus vaillant, mais bien diront-ils :

Il a tant de cent ou mille chameaux.

Le grand Turc (comme dit Theuct) a vn Capitaine qui a sous lüy nombre d’eselaues Mores et Chrestiens, qui a le soing des chameaux, lesquels sont pensés, frottés el estrillés par lesdits esclaues. Et me suis laissé dire, ce dit Theuet, aux Arabes, Mores, et à quelques marchands Iuifs, qui cstoient du temps que Sullan Selim

premier du nom vint en Egÿpte pour assieger et prendre la ville du Caire, qu’il auoit pour le moins soixante mille chameaux, et vn grand nombre de mulets. Et l’escurie du grand Seigneur , qui est fort superbe, à cause du grand nombre des plus beaux chameaux qui soyent au monde,

Le seigneur du Haïllan historiographe, liure 7, en son Histoire de France, dit que les Chrestiens donnerent vVne bataille contre Corbane, Lieutenant dé l’armée du Roy de Perse,en laquelle demeurerént morts sur la place, cent mille des ennemis, quinze mille chameaux et iuments, Les deux Historiographes nous donnent à connoistre, que Pon se &ert desdits chameaux en paix éten guerre, etqu’il s’en trouue vn nombre infiny en Arabie et Afrique.

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