‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 56 sur 602 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

DES NOVEVRS D’ESGVILLETTE ?:

Noüer l’esguillet(te, et les paroles ne font rien, mais cest l’astuce du diable : et ceux qui la noüent ne le peuuent faire sans'auoir eu conuention auec le diable , qui est vne meschanceté damnable. Car celuy qui en vse ne peut nier qu’il ne soit violateur de la loy de Dieu et de nature , d’empescher la loy demariage ordonné de Dieu. De cela il aduient qu’ils font rompre les mariages, ou pour le moins les tenir en sterilité, qui est van sacrilege à D’auantage, ils ostent l'amitié mutuelle du mariage et la societé humaine, et mettent vne haine capitale entre les deux conioints: pareillement sont cause des adulteres

1Ce chapitre est suivi en 1575 des autres histoires non hors de propos.

2 Ce chapitre a été ajouté en 1585.

3 Bodin en son liur. des sorciers. — À, P.

et paillardises qui s’en ensüiuent :

Car ceux qui sont liés bruslent de cupidité lvn auprés de l’autre. D’abondant il en aduient souuent plusieurs meurtres , commis aux personnes de ceux qu'on soupeonne auoir noüé l’esguillette, qui bien souuent n’y auoient pas pensé. Aussi comme auons dit cy-dessus , les sorciers et empoisonneurs , par moyens subtils, diaboliques et inconneus corrompent le corps, la vie, la santé et le bon entendement des hommes. Parquoy il n’y a peine si cruelle qui peust suffire à punir les sorciers: d'autant que toute leur meschanceté et tous leurs desseins se dressent contre la maiesté de Dieu , pour le despiter, et offenser le genre humain par mille moyens.

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