‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 106 sur 515 · DE LA LIPOTHYMIE ET SYNCOPE · texte numérisé non relu

DE LA LIPOTHYMIE ET SYNCOPE

Il suruient ' trois symptômes aux fiéures qui ont grande affinité les vns auec les autres, et qui ne différent presque ^que du Jplus ou du moins :

sçauoirje mal de cœur,îquc les Grecs appellent i'Ayjuiv , la défaillance qu'ils

nomment hinoâvjj.(av ou >ct7ro<|'UX'«v ,

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LE VINGTIliME LIVRE ,

et resuanoiiissement qu'ils appellent cvvxott/v. qui est le plus grand de tous, et qui estonne grandement, quand il suruient, le malade et le Médecin.

La cause del'esuanouissement (car de l'explication de celuy-cy, on entendra facilement la nature des autres) c'est tout ce qui peut altérer les esprits vitaux , les corrompre et les dissiper, comme sont les longues veilles, les douleurs externes, toutes les grandes et subites euacuations, les douleurs d'estomach excitées par quelques humeurs malignes et vénéneuses, les vapeurs ra au u aises et putrides qui sortent de quelque abcès formé aux parties nobles : bref la corruption de quelque partie.

Pour apporter les remèdes conuenables, il faut auoir esgard aux causes, pour leur opposer remèdes contraires si faire se peut: comme aux veilles, il faut ordonner le dormir:

aux douleurs, il faut les anodins : aux esprits dissipés , il faut ce qui les re uoque et les engendre : aux vapeurs malignes, les cardiaques: à la cacochymie, la purgation. Or de quelque cause que puisse estre excitée la syncope, elle fait quitter au Médecin le dessein de guérir la fiéure, pour luy trouoer des remèdes, à cause que c'est vn mal si pressant et si vrgent, que si l'on laissoit longuement le malade en défaillance, il y auroit crainte qu'il ne mourust subitement. C'est pourquoy dés qu'on apperçoit la syncope , il faut tascher à reuoquer les esprits et à faire reuenir le malade en luy iettant de l'eau froide sur le visage, luy mettant les mains dans de l'eau fraiscbe , luy frappant dans les mains: luy frottant le nez, les temples , et le pouls auec bon vinaigre : lui faisant aualler du vin, lequel est vn Ires-souuerain cardiaque. Ceux

qui voudront voir Galien , et comme il remédie à ce mal , qu'ils lisent le premier liure ad Glauconem. Pour moy ie n'en veux pas dir e d'auan tage : d'autant que la syncope est traitée tres-amplement par tous les praticiens qui ont escrit des maladies en particulier.

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