CHAPITRE XXIV
DV FLVX DE SANG IMMODERE.
Encore bien qu'il se puisse faire durant les fiéures des flux de sang immodérés, tant par les veines hemorrhoïdales,que par celles de la matrice aux femmes : bien qu'il suruienne des dysenteries , et que quelquesfois on pisse le sang aux fiéures malignes, si est-ce qu'en ce chapitre icy nous ne délibérons parler que du flux de sang qui vient par le nez, estant vn accident assez commun presque à toutes les fiéures, principalement aux synoques.
Or ce flux de sang est ou critique pu symptomalique : le symptomatique doit tousiours estre ar resté, puisqu'il ne fait qu'afl"oiblir le malade sans diminuer la maladie. Pour le critique, il est ou petit, ou médiocre, ou excessif. Le petit ne doit point estre arrcsté : au contraire il doit estre excité, si faire se peut, en grattant et frottant le nez, et en y incitant dedans quelque paille ou quelque plume , à
LE VINGTIEME LIVRE
fin d'irriter les veines et les ouurir. Au médiocre, il ne faut rien faire.
L'excessif et immodéré , pour empescher qu'il n'oste les forces et la vie tout ensemble, doit estrepromptement arreslé : veu qu'il prend la qualité et la condition du syraptomatique.
Il faut donc en premier lieu tirer vn peu de sang et à diuerses fois des bras pour seruirde reuulsion.En après il faut se seruirde remèdes adstringens et glutinalifs pour appliquer sur le front et sur les temples, délayant auec de l'eau rose et vinaigre et vn blanc d'oeuf, du piastre, du poil de liéiire et du bol armene : on met dans les narines quelqiiespoudres adslringentes, ou du collon trempé en quelque décoction adstringente.
On met alentour du malade des linges trempés en oxycrat : mesme si le flux est grandement excessif, on luy enueloppe tout le corps en pareils linges, on en met pareillcAient sur la bource des testicules. On oste le malade de dessus la plume , et le met-on sur la paille. On luy applique des ventouses sur la région du foye : on lui frotte l'espine et les lombes de cerat de Galien rafraicLissant, d'oxyrhodinum, ou de mucilage de semence de psyllium tirée auec l'eau de pourpié.
On luy donne à boire de l'oxycrat auec le bol armene et la terre sigillée. On luy pend au col du coral rouge et du iaspe , que l'on croit auoir la force d'arrester toutes sortes de flux de sang.