‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 124 sur 515 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE l'origine de LA DEFLVXION DES GOVTES.

L'origine de la defluxion et matière des goules vient du cerueau, ou du foye Lors qu'elle vient du cerueau, on peut dire que c'est la pituite séreuse, claire et sublile , telle qu'on voit le plus souuent distiller et couler par le nez et par la bouche, accompagnée du virus indicible, laquelle difflue par les tuniques des nerfs et tendons par dessous le cuir niusculeux qui couure le crâne , et par dedans le grand trou par lequel la nuque passe : et telle fluxion est tousiours froide. Lors qu'elle vient du foye, elle court et fluc par les veines

1 Fcntel. — A. P.

LF. vmGT-VNIJiMR i rvRE ,

et artères cliargées d'abondance d'humeurs qu'elles ne peuuent contenir pour la quantité, ou pour la qualité vicieuse. Et peut-on lors dire que ce sont les quatre humeurs contenus en la masse sanguinaire, simples ou composés, accompagnés pareillement du \irus arthritique : et sont plustost chauds que froids, au contraire de ce qui aduient lors que la fluxion se fait du ccrueau.

Or ceste matière de laquelle sont faites les goûtes, que nous auons maintenant déclarée , est la fluxion qui se fait des autres parties : outre laquelle il y a vne autre cause, appellée congestion : à sçaùoir, quand quelque partie ne peut faire concoction de ce qui luy est baillé par Nature pour sa noinrilure. Et quant à moy, il me semble (sauf meilleur iugement que le mien) que la matière virulente des goules est en la masse sanguinaire, voire en ton te l'habitude du corps : et que ceste sérosité virulente se meut par certaines causes qu'auons cy dessus mentionnées K

Encore outre ces raisons naturelles, il y a quelque chose qu'on ne peut expliquer, ainsi qu'à l'epilepsie , iîéure quarte , et à vne infinité d'autres maladies, ce qu'Hippocrates a dit au liure premier des Prognostiqnes ,

1 I-e chapitre se termine ici dans les éJitions de 1579 el I.SSû. Dans la première édition posthume, Paré, ou son éditeur, a rétabli la dernière phrase qui se lisait déjà dans l'édition de 1575; mais cette première édition ajoutait en outre celle autre phrase, qui est demeurée absolument supprimée :

« Ce qui est venu en proverbe ,

QuVii lu iléurc qii:iil(! fl l:i goule Ja' iniidcc'm n'y voil goule ;

principalement en celle qui est héréditaire ou inuetcréc. »

qu'aux maladies il y a quelque chose ] de diuin. 1

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