‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 14 sur 515 · EXEMPLE DE LA. TROP GRANDE QUANTITÉ DE SEMENCE · texte numérisé non relu

EXEMPLE DE LA. TROP GRANDE QUANTITÉ DE SEMENCE

Hippocrates sus la génération des monstres dit, que s'il y a trop grande abondance de matière , il se fera grand nombre de portées, ou vn enfant monstrueux ayant des parties superflues et inutiles , comme deux lestes , quatre bras , quatre iambes , six doigts és mains et pieds , ou autres choses : au contraire si la semence défaut en quantité , quelque membre defaudra , comme n'auoir qu'vne main , point de bras, ou de pieds , ou de teste , ou autre partie défaillante.

Sainct Augustin ' dit que de son temps ilnasquit en Orient vn enfant qui auoit le ventre en haut , toutes les parties supérieures doubles , et les inférieures simples : car il auoit deux testes et quatre yeux, deux poitrines et quatre mains , et la teste comme vn autre homme , lequel vesquit assez long-temps.

Cœlius Rhodiginus a escrit au liure de ses antiques leçons , auoir veu en Italie deux monstres , l'vn masle et l'autre femelle , leurs corps bien parfaits et proportionnés , reste la duplication de la teste : le masle mourut peu de iours après sa natiuité , et

pris son origine dans un fait réel tic quelque monstruosité mal observée , il est certain, au contraire, que celle-ci est une pure fable et n'a jamais eu le moindre fondement. L'histoire et la figure sont également copiées de Lycoslhénes, ouvrage cité , page 517, qui lui-même l'avait pris de RuelT, De conceptuel gencruiione, ISS'i, fol. 51.

« Chap. 8 de la Cilé de Dieu. — A. P.

» Ch. 3, 24 liu. — A. P.

la femelle, de laquelle tu vois ici le pourtrait , vesquit vingt - cinq ans après : qui est contre le naturel des monstres , lesquels ordinairement ne viucnt gueres , pource qu'ils se desplaisent et melancholient de se voir ainsi en opprobre de tout le monde , si bien que leur vie est briefue.

Figure d'vne fille ayant deux lestes

1 Nous sortons cette fois du domaine de l'imagination pour entrer dans celui de la réalité; aussi ai-je fait soigneusement copier les Dgures qui suivent. Celle que l'on voit ici se rapproche beaucoup de la fameuse Rita Christina , si bien étudiée par M. Geoffroy Saint-Hilairc. [Uist. des anomalies de l'organisation , Paris, 183G, t. III , p. I(i6. ) J'ai rétabli le titre de la planche d'après l'édition de 1573.

Du reste, Paré a probablement emprunté

Qril fflut icy noter (ÏMeLycosthenq QSprit vfKi cUo^e mevueilleusp (lo mPH^lrc femojlo : car respfuû la (luplicaliQii de la ipslc, NfUure n'y finpit rjpu opii^ ; CCS deux testes ( ) auoient wespie dpsir de boire , nian- Çer, etdor jnif, et la parolje sembla))}e, comme estaient njesrnes toutes leiu's affections. Caste fille alloit d'huis en huis chercher sa vie, et luy donnoit-on volontiers pour la nouueauté d'vnsiestrangp et nouueau spectacle :

toutesfois elle fut dech^ssée la longue de la diîphé de Bauiere, parce ( disoit - on ) qu'elle pourroit gaster le fruict des femmes grosses, pour l'appréhension et idées qui poi^rroient demeurer en la vertu imaginatiue , 4e la figure de ceste créature ainsi monstrueuse 2,

L'ai^ de grâce 1475 , furent engendrées pareillement en Italie , en 1^ ville de Veronne, deux filles conioiptes par les reins , depuis les espaules. iusques aux fesses : et parce que leurs parens estoient pauures , elles furept portées par plusieurs villes d'Italie , pour amasser argent du peuple , qui estoit fort ardent de voir ce nouueau spectacle de nature.

l'histoire et lapgure de ce iponstre à Boaistuau,ouv. cité, folio 128, verso j lequel avait à son tour copié Lycoslhènes, ouv. cité, page 6C5.

1 En 1573, Paré écrivait : que Licoslhene , grand philonophe, etc. Il effaça cet éloge dès

2 II n'esl bon que les monstres cohabiteiil entre nous. — A. P. — Cette remarque est de 1579.

Figure de deux filles gemellcs , iointea et vnies par les parties postérieures K

L'an 1530, on aveu yn honame ei\ ceste ville de Paris , du ventre duquel sorloit vn autre homme bien form^ de tous ses membres, reseruéla leste, et cest homme estoit aagé de qpa-

1 Celte figure appartient encore A ïilQOsthènes, p. 490, cl so trouvqrepro4pUe à ^ivers endroits de son livre ; du reste, comme la précédente, e||o rpprjïsente une monstruosité cxactcnicpt qlîservép. Pn peut remarquer qqe les deux siijpls sopt ftCcoK^s par leurs parties sepiblaWes, suivant !a loi établie pav M. Sep'es. Ypypzspn ouyragp Recherches d'aimtomic iransçpidanle et pad'ologiqiie, Pari§ , 1832, Ip-r4° pt qtlas ip-folio, et i^ion Anaïamie çhifurgicq(e ,Vlir'\S, 1838, 1. 1, p. 54. — On trouve une ligure pareille dans RuelT, De concept, et genera{ioue, lôbi, foi, 4^,

DES SIpNSTBES

J^T PJIODIGES,

rante ans ou enuîron, et portpjt aipsi ce corps entre ses hvas, aiiec si grainle merueille, que le njqpcjps'qssembloU granules troupes po^r le yqiy : lu figure duquel Vfif\ ipy vopfc^e»iéQ vif.

Figure ç^'t/n hpmmç , çij( yen(re (l(i(j^el sortoil vu autre homme i.

En Piedmont en la ville de Quiers, distante de Thurin enuiron de cinq lieuës, vne honneste dame accoucha d'vn monstre le dix-septiéme iour de iqnuier à huit heures du soir , ceste prfi?,eîit.ft anpép 1578 , li\ face ^Sl^flt

1 Paré ^le (lit pas qu'il ait vu lui-mômc ce monstre; i! l'a nianifcslcincnl Qopié de Boaistiiau , qui dit l'avoir y\i 4 Valciice on 15:50 , et qui conscqiicmmcnt le décrivait do inémqire aiHcs un |ong temps écoulé; ouv.

bien proportioT^née en loutos r s parties. Il a e^tc fppnslrmiux Jiii rcsjçîde la teste , en ce qu'il en sorloit cinq cornes approchantes à celles d'un bélier, rengces les vues contre les autres au haut du front : pt au derrière vne longue pièce de chair pendante le long du dos, en manière d'vn chaperon de damoiselle. Il auoit autour de son col vne pièce de chair double couchée en la manière d'vn collet de chemise tout vni, les extrémités des doigts ressemblans aux griffes de quelque oiseau de proye, les genoux aux iarrets. Le pied et la jambe droite estoient d'vn rouge fort haut en couleur : le reste du corps estoit de la couleur d'vn gris enfumé. On dit qu'à la naissance de ce monstre qu'il letta vn grand cry, qui estonna tellement la sage-femme et toute la compagnie, que l'effroy qu'ils en eurent leur fit quitter le logis. Dont la nouuelle estant venue iusques à monsieur le prince de Piedmont, pour le désir qu'il auoit de le voir , l'enuoya quérir, en la présence duquel plusieurs en firent diuers iugemens K

Ce présent monstre que voyez py dépeint a esté trouué dedans un œuf, ayant la face et visage d'vn homme , tous les cheueux de petits serpen-

pité, fol. 86. Dans tous les cas il est infinir ment probaljlc quç l'enfant parasite, s'il émergeait du ventre, n'avait que l'abdomen et les membres inférieurs. Le monstre t}(} Bcnais, que M. Lisfr^nç avait eu l'jdée d'opérer, était presqpo en tout semblable à celui-ci. Voyez mon Analomit cltir., 1. 1, p. S2.

l-ycpsthèncs, ouv. cité, p. 624, donne une figurp toute pareille, commp If^ rcprésenlUtion d'un homme qui fut vu en Savoie en 1519.

1 Celle bisloirc, comme on aurait pu le présumer d'qprcs sa date, a élé ajoutée pay l'autour dans son édition de 157'J. Il est pro»

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