‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 151 sur 515 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

DES VENTOSrrÉS QVl LE l'J.VS SOVVENT SONT TROVVÉES AVEC LES GOVTES , ET DE LEVRS RI MEDES.

Parniy les humeurs accompagnés du virus qui fait la goute , soiiuenlesfois est Irouuée grande quantité de venlosités, principalement és grandes iointures , comme à la hanche et aux genoùils , qui font quelquesfois sortir les os de leur propre lieu. Et sont conneus estre en la partie , en ce que le malade sent grande douleur tensiue , sans pesanteur : et lors qu'on presse dessus du doigt ,il n'y demeure point de cauité, comme aux œdèmes:

mais l'esprit flatueux repousse et se releue en haut , comme qui presseroit vno balle remplie de vent : ioint aussi que la partie ne peut faire son action, à cause que les vents remplissent les espaces vuides et empeschenl le mouvement de se pouuoir faire. Or aucuns ieunes Chirurgiens mettans leurs doigts dessus, en esleuant l'vn et pressant l'autre, sentent la ventosilé s'esleuer enire leurs doigts, comme vne inondation de pus ja fait en vno aposteme, et y ayant fait ouuerture, îcelle faite n'ont apperceu sortir aucune matière : et partant ont esté deceus, et causes de grands accidens, comme augmentation de douleur et fluxion d'humeurs, qui ont fait desboëlter les os hors de leurs iointures, et les malades sont demeurés à iamais claudicans. Et pour ces causes, ie conseille aux goûteux, en tel cas,

VTES.

d'appeller pour leur aide des Chirurgiens expérimentés.

On voit peu souuent telles venlosités sans qu'elles soient accompagnées de quelque humeur piluiteux , lequel n'est trop cru ny visqueux. D'auantage ces ventosités demeurent longuement sans pouuoir estre résolues, à cause de l'intemperature froide que fait la matière venteuse, et des membranes et ligamens qui lient les iointures, lesquelles sont denses et dures , et par conséquent leurs pores sont serrés, de façon qu'à grande difficulté les matières ne se peuuent euaporer ny sortir hors.

Or pour la curation , il conuient pour consumer les ventosités vser de fomentations resolutiues , carminatiues, disculiues et dessiccatiues : ausquelles auront boiiilîi fenoiiil , anis, rue, camomille, melilot , sauge, rosmarin, origan, calamenthe, marrubium, et leurs semblables, cuilles auec vin et lexiue, et vn peu de vinaigre rosat et du sel commun. Et après la fomentation on appliquera ce Uniment qui s'ensuit :

Olei camomillœ , anelhi , rutœ, laurini, ana g . ij.

Et cum cera alba fiât linimenlum , addendo aqus vita; parum.

D'auanlage, après ce liniment on appliquera ce cataplasme :

Of. Florum camomilliB, meliloli, anethi, rosarum rubrarum pulueris. ana m. j.

Folioium maluarum et absinlhij ana m. ft.

Furfuris m. j.

Bullianl omnia cnm lixiiiio et vino rubro : deiiide pistcntur cuni inedulla paiiis el farina fabarum quanlum snllicil : liât calapiasrna, .iddcndo olci rosati cl niyrtini ana 5 . ij.

I,E VINGT-VNIÉME LIVRE,

Aucuns ont loiic! pour telle disposition ce remède pour tarir la ventosité :

Tf. Axiing. suilliu . iiij.

Calcis viuœ § . j. fi .

Ces choses soient battues en vn mortier , et appliquées dessus.

Autre.

if. Stercoris caprini cocti cum vino et aceto ana Ife . G .

TercbcnHiinœ Venelœ, et melliscommunis ana § . ij.

Aqufe vilœ ^ . C> •

Pulueris rad. ireos Florentiaî, sabinaj ana

Olei rula; et anethl ana § . j.

Farinœ fabarum quantum sufficit.

Fiat cataplasma ad formam pullis.

Il faut appliquer des compresses trempées ( et espreintes) en oxycrat, auquel on aura fait boiiillir absinthe, origan , camomille, melilot, rue, sel commun , y adiouslant eau de vie :

et sera la partie liée et serrée le plus qu'il sera possible , et que le- malade le pourra endurer. Et sur la fin pour roborer la partie, on appliquera dessus de la lexiue faite de cendre de chesne et de sarment : en laquelle on aura fait bouillir sel, soulphre , alum de roche , en serrant et liant la parlie, comme dessus, auec compresses trempées en icelle lexiue. Or s'il y auoit grande douleur, alors faudroit laisser la propre cure pour suruenir aux accidens, en frottant la partie de quelque huile carminatiue , auec laine à tout le suit, et autres remèdes qu'on verra eslre nécessaires.

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