‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 167 sur 515 · DE L,V. PETITE V · texte numérisé non relu

DE L,V. PETITE V

encor quelque portion de la maliorc spormaliqiio (lomourL-o aux rugosités du col de sa matrice , pour ce que rhommeeslapteet prompt à receuoir le virus ou venin lépreux , à cause que la verge virile est fort spongieuse et rare , au moyen dequoy reçoit facilement le virus esleué des vapeurs de la matière spermatique, qui est communiquée aux esprits par les veines et artères, et aux membres principaux, et de là en toute l'habitude du corps , ainsi qu'on voit communément que la grosse verolle se prend par tel acte.

Or les lépreux désirent grandement le coït, principalement lors que leur maladie est en son commencement et en estât, à cause qu'ils sentent grande chaleur estrangeaux parties internes de leurs corps, et partant bruslent du désir de dame Venus : mais tel déduit leur est fort contraire, d'autant que par iceluy les esprits et chaleur naturelle se resoluent, dont la chaleur estrange est fort augmentée et les brusled'auantage.Aussiceste maladie peu t aduenii-pour auoir vsé de viandes trop salées, espicées et acres, grosses et crasses, comme chair de porc, d'asne , d'ours : aussi de pois , féues et autres légumes, laictages, poissons et semblables , tant alimens que medicamens, qui généralement engendrent sang cacochyme et meiancholique, adusle et bruslé : gussipar trop crapuler, et boire de vins trop forts : pareillement grand Irauail assiduel , soing et sollicitude, vie misérable et en perpétuelle crainte : lesquelles choses font vneinlemperaturechaude et seiche, qui engendre vn sang me lancholique, féculent, aduste et bruslé par vne chaleur immodérée, lequel

do la masse sanguinaire venant à s'espaiidre aux parties extérieures, change toute l'habitude du corps, et depraue sa forme ou figure.

Autre cause de lèpre peut estre assignée sur la rétention des super- Huilés et excremens melancholiques, comme des hemorrhoïdes, flux menstruel , grosse et petite verolle , rougeolle, vieilles vlceres, fiéures quartes, oppilation de râtelle, excessiue chaleur du foye. Or il faut icy entendre que la cause de lèpre par la rétention des superfluités se fait à cause que le sang corrompu n'est naturellement euacué, dont il regorge par tout le corps, et corrompt le sang qui doit nourrir tous les membres :

parquoy la vertu assimilatiue ne peut bien assimiler , pour la corruption et vice du suc dont la lèpre est causée.

Les causes antécédentes sont les humeurs préparés à se brusler et corrompre, et conuerlir en melancholie, par vne chaleur aduste et du tout es'. Iran ge à nature» : car és corps possédés de telle chaleur, les humeurs par adustion sont aisément tournés en atrabUis : laquelle par long temps venant à s'enuenimer et corrompre, donne commencement et essence à la ladrerie.

Les coniointes, sont les humeurs ja pourris et vénéneux, ja espandus par l'habitude, qui altèrent et corrompeut tout le corps par vne intemperature froide et seiche, contraire au principe de vie, dont la mort s'en suit : car nostre vie consiste en chaleur et humidité naturelle.

1 La fin de ce paragraphe a élé ajoutée en

LE vmGT-DEVKlÉME LIVRE ,

ÇHAPITIIE IX.

DES SIONES QVI MONSTI]ENT LA rilEPAHATION DE LEPRE.

Cpste malàiiie pst conneuë par les signes qt j^ccidens qui s'ensujuent:

poi^fce qpe chacune maladie à ses propres accidens qui la suiuent, çpipipe l'oipbre fait le corps. Et entre les signpg, aucuns signifient Ja prepàratioi] , les autres l'etTet , lequel a quatre temps, à sçauoir conimenceïijppt, acproissemept , estât, etdecli- Wison.

Le comraepcement est quand le virus touelie les membres intérieurs, dpnt leqfs açtjpns sont diminuées et affoifjlies.

L'apcf oissement , Jprs que le virus apparpjst f^u dehors , et Ips signes et accidpns se multiplieutet accroissent.

L'estat est quand les membres copimencenl à s'vlcerer.

La declioçiison est que la face est ]jideuse à regarçler , et que les extrémités des dpigts tombent, et alors les signes spnt populaires et conneus à yp cl^acuD.

Or les signes qui demonstrent la préparation ou disposition à la lèpre, sont, mutation de couleur naturelle en la face , comme goutte rose , saphyrs, cheute de poil, grande altéra ■ tion tant de jour que de nuit, l'haleine forte et puante, et vlcerations à la bouche, mutation de voix, etvn grand désir dp l'actp Yenerien.

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