‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 171 sur 515 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DE l AinE SEPADElt LES LADIÎES DE LA CONVERSATION ET COMPAGNIE DES

sa:ns.

Or ayant conneu par les signes susdits que quelqu'vn sera espris de lèpre ja confirmée , et considérant le danger qu'il y a de conuerser auec telles gens, les magistrats lesdoiuent faire séparer et enuoyer hors de la compagnie des sains, d'autant que ce mal est contagieux quasi comme la peste, et que l'air ambiens ou enuironnant, lequel nous inspirons et attirons en nos corps , peut estre infecté de leur haleine, et de l'exbalation des excremens qui sortent de leurs vlceres : et l'homme sain conuersant auec eux l'attire, ce qu'ayant fait, il luy altère et infecte les esprits, et par conséquent les humeurs, dont après les parties nobles sont saisies, qui cause la lèpre. Et pour ceste occasion, il est bon et nécessaire de les faire séparer, comme i'ay dit : ce qui ne répugne point aux sainctes Ecritures. Car il est escrit que le Seigneur fit séparer les lépreux hors de l'ost desenfans d'Israël. Aussi aux leuites est commandé le semblable ^ : et est ordonné pour les connoislre , qu'ils ayent les vestemens deschirés, et la teste nue, et soient couuerts d'vne barbute, et appellés sales et ords :

mais auiourd huy on leur baille des cliqueties et vn baril, à fin qu'ilssoient conneus du peuple.

Neantmoins le conseille que lors qu'on les voudra séparer, on le face le plus doucement et amiablemenl

1 lYombre 5. — LeuiC. 13. — A. P.

DE LA PEtITE V

qu'il sera possible, ayant mémoire qu'ils sont semblables à nous : et où il plairoil à Dieu, nous serions loncliés (le semblable maladie, voire oncor plus grielue. Et les faut admonester que combien qu'ils soient séparés du monde, loulesfois ils sont aimés de Dieu en portant patiemment leur croix. Qu'il soit vray, lesus Christ estant en ce monde a bien voulu communiquer et verser auec les lépreux, leur donnant santé corporelle et spirituelle : car il est escrit qu'vn lépreux s'inclina deuant lesus Christ, disant : Seigneur, si tu veux tu me peux nettoyer : et lesus estendant sa main le toucha, et luy dit : le le veux, sois net : et incontinent la lèpre fut ■nettoyée. Oulre plus est escrit que lesus vue autre fois guerist dixladres

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