‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 205 sur 515 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

DE LA MORSVRE ET PIQVEVRE DES MOVSCHES ET CHENILLES'.

Les abeilles ou auettes, les guespes, les freslons, les bourdons, les tahons, après auoir fait ouuerture au cuir, les vues par leur morsure, les autres par leur piqueure, causent vne grande douleur pour la malignité du venin qu'elles iettent en la playe, la quelle toulesfois n'est pas tousiours mortelle : vray est que se iettans icelles bestes en grand nombre sur vn homme, elles le peuuent tuer : car on en a mesme veu mourir les chenaux.

Ceux qui en sont inopinément offensés, pour la grande douleur qu'ils sentent, estiment que ce soit quelque aulre besle venimeuse : et pour ceste cause il est bon sçauoir les signes et accidens de leur pointure. C'est qu'ils

dait par le jus de lait, à moins qu'il ne faille lire : et leluici; dans tous les cas, ceci a élé rayé dès 1679.

» Ce chapitre est formé de la réunion de deux chapitres du livre de 1675, le 18% ayant pour litre : De la morsure et de la pi~ queure des uiouscites; et le 19% intitulé : De lu morsure des chenilles. 11 n'y a du reste absolument rien de changé au texte primitif, si ce n'est une petite addition qui sera notée plus bas.

DES VENINS

causeut grande douleur, laquelle demeure iusqucs h ce que leurs dents ou piquerons soyent oslés : el le lieu dénient proniplcment ronfle el enflé à l'entour, et s'y forme vne vessie, pour cause do la virulence qu'elles ietlent ayans fait ouuerlure du cuir.

Pour la cnralion, il faut promptement sucer le lieu le plus fort que l'on pourra, pour oster leurs dents ou aiguillons : et si par ce moyen ne peuuent estre extraites, faut inciser le lieu (si la partie le permet) ou prendre cendres et leuain et huile incorporés ensemble, et l'appliquer dessus.

Aulreremede. Il faut mettre la partie en eau chaude et la bassiner par l'espace de demie heure ou plus,etaprés lauer la playe d'eau sallée.

Aut7-e. Le cresson pilé et appliqué dessus sede la douleur, et résout l'humeur contenu en la tumeur. Autant en fait la fiente de bœuf destrempée en huile et vinaigre, et appliquée assez chaude dessus.

Antre. Féues maschées et appliquées dessus, sedent pareillement la douleur. Aussi fait la berle pilée auec oxycrat. Aucuns commandent prendre desdites mouches et les escacher et en frotter le lieu, et les laisser dessus, ainsi qu'on fait auxpiqueures de scorpions.

Autre. Faut prendre vinaigre, miel et sel, et le plus chaud qu'on pourra en frotter le lieu, et y laisser vn linge en double dessus.

Autre. Prenez soulphre vif pulucrisé, et incorporé en saliue d'homme, et appliquez dessus.

Autre. Laid de figues non meures, incorporé auec du miel, est aus.si vn souuerain remède.

On peut cstre asseuré sur tous remèdes, du thcriaque (que Galien approuuc au liure De theriaca ad Pùo-

nem) le disant estre le plus salubre remède dont on puisse vscr aux piqueures el morsures des bcsles venimeuses, comme i'ay dit cy dessus.

Pour garder que lesdites mouches ne mordent et piquent, il se faut oindre le corps de jus de maulue incorporé aiu>c huile : et pour les chasser bienlost, il faut faire parfum de soulphre el d'aulx ^

Galien dit que la guespe a ceste malice, que voyant vne vipère i^iorte, elle s'en va tremper son aiguillon au venin d'icelle, et de là fdil-il) les hommes ont appris à empoisonner les flèches.

Les chenilles rousses et veluës, appelles en latin Multipedes , engendrent grande démangeaison, rougeur et tumeur au lieu qu'elles mordent, où seront attachées ou escachées : et celles qui seront nourries és pins encores plus. Les oignons piles auec vinaigre est vn singulier remède pour appliquer au lieu, et pareillement les autres remèdes qu'auons escrit aux morsures et piqueures des mousches.

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