CHAPITRE XLL
PIQVEVRE DE LA TARERONDE OV PASTENAQVE.
Aëce escrit ^ qu'après la playe de ceux que la tareronde aura piqués, s'ensuit vne douleur continuelle, et vn endormissement de tout le corps, et aucuns en meurent prompteraent auec conuulsion.
Pline dit 3 qu'il n'y a rien de plus
1 Ici flnissaitle chap. 24 du livre de 1575; le dernier paragraphe est une addition de
2 Litire 3. — A. P.
3 Lib. 9, cap. 48.— A. P.
ISl^MR LIVRE,
exécrable que l'aiguillon enleuè sur la queue de la paslenaque, le(iuel est de grandeur de cinq pouci's. Il fait mourir les arbres qui en sont piqués par la racine. Il dit d'auanlage, que l'aiguillon est bon pour la douleur des dcnls, quand Ton en scarifie les gcnciues : et réduit en poudre auec ellébore blanc , les fait tomber sans douleur. Ce poisson est bon à manger, horsmis la teste et la queue. Aucuns de ces poissons ont deux aiguillons , autres vn seul, lesquels sont pointus, garnis de dents des deuxcostés, comme dents de scie, se tournant vers la teste.
Oppiaa escrit que l'aiguillon est plus venimeux que les flèches des Perses enuenimées , lequel garde son venin encore que le poisson soit mort, et n'est, dit-il, seulement venimeux aux animaux, mais aussi aux arbres et plantes. Les dents des aiguillons de ce poisson ont esté renuersées par nature vers la teste, à fin qu'elles entrent et percent plus aisément , et plus mal-aisément sortent .
pour-ce qu'en les tirant on les tire à contrepoil. Et s'il en pique quelque poisson, il le tient enferré comme d'vn hameçon. Rondelet dit que ses aiguillons sont au milieu de la queue ».
Il faut qu'il y en ait de plusieurs sortes : car i'ay vne queue d'vne pastenaque, longue de cinq pieds et plus, au commencement de laquelle naissent et sont attachés deux aiguillons, qu'vn gentilhomme de Bretagne m'a donnée , que ie garde en mon cabinet , laquelle est toute semée de petites boucles semblables à esloiles, fort aiguës.
Les pescheurs subit qu'ils ont pris ce poisson , ils luy estent les aiguil-
1 Rondelet, nu linre des Poissons. — A. P.
jDÈS VENINS.
Ions , de peur qu'il ne les blesse de son venin : et lors qu'ils en sont piqués, ils l'oiiureiit , et prennent le foye , et l'appliquent sur la playe :
aussi estant bruslé et mis en cendre, et posé sur la playe, est la vraye contre-poison de son venin. Elle vit eu lieu fangeux prés des riuages de la mer, et vit des poissons qu'elle prend de son aiguillon. La ûgure est comme vne raye.