‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 236 sur 515 · DE L/V · texte numérisé non relu

DE L/V

peut csuoilicr , pour-ce que la cha-

I iir de la fioure fiiit eslcuor à la leste (les. vapeurs grosses, crues et froides,

II squelles abondent au corps : ce qui ail nient communément lors que la nialiere de la bosse ou lo charbon se lait, ou petites taches et éruptions esparses au cuir, qui souuent s'apparolssent à leur resueil, accompagnées

I d'vne sueur fort puante. Or lesdites I exhalations et fumées acquièrent souuent acrimonie, et sont quelqucsfois : si mordantes qu'elles gardent les ma- 1 lades de dorrairetleurincitent grande 1 douleur de teste , qui les fait tomber en resuerie, puis frénésie, manie et rage. Parquoy la variété de ces derniers signes et accidens ne procède que de la diuersité du venin pestiféré, et des températures des malades.

Qu'il soit vray^ nous voyons en certaines saisons ce venin exercer diuersement sa tyrannie , voire en toutes températures, et extraordinairement et également à plusieurs et de toutes aages et temperamens , comme nous auons cy deuant monstré de la suette, trousse-galand , coqueluche, et autres maladies epidemiales.

10. Signe. Quant est de la diuersité des températures, ceux qui sont de complexion chaude , comme les sanguins et cholériques , on voit estre : souuent vexés de fiéures ardentes, et tombent souuent en furie : au contraire, les melancholiques et pituiteux estre tant assoupis et endormis qu'à peine on les peut resueiller. Les vrines ne sont pas tousiours , ny en tous, trouuées d'vne mesme couleur et consistence : car quelquesfois elles sont trouuées semblables à celles des sains, à sçauoir belles en couleur et bonnes en leur substance , à raison que la fiéure fait plus son effort de- ' 4ans les artères, qu'es velues conte-

nantcs le sang, duquel procède l'vrine : vcii que le foye le plus souuent ne souffre si fort en vno fiéure pestilente que les autres parties, et sur toutes le cœur, mesmement quand il n'y a point de tumeur apparente aux aines, où cela se fait : pour-ce que les humeurs contenus aux vaisseaux , ' iaçoit qu'ils soient en chemin , et comme in fieri • d'estre viciés et entachés de ce venin, ce neantmoins ne sont point pourris ne corrompus :

ceste corruption estant vrayement ja parfaite en la substance des esprits (supposé que telle peste est de celles qui ont leur cause et origine de la malignité de l'air) et d'iceux n'ayant encores passé et coulé dans les humeurs : car si la pourriture estoit ja imbue en iceux, ils en donneroient certain tesraoignage par les vrines, qui sont certains et propres signes des affections des humeurs contenus aux veines. Et parlant ne deuons point estimer que cela aduienne (comme aucuns ont pensé ) à raison que Nature, comme espouuantée et fuyante la malignité de ce venin, n'ose assaillir la maladie. Aucuns ont les vrines fort dissemblables des sains, desquels nous parlerons cy après.

11. Signe. Pareillement aucuns icttent par le siège vne matière fort fétide, liquide, subtile, gluante, et de diuerses couleurs : ce que déclarerons aussi.

12. Signe. Il y en a d'autres qui ont l'appelit depraué , ou du tout perdiiv tellement qu'on en a veu qui ont demeuré trois ou quatre iours sans manger : ce qui procède dVne douleur mordante et poignante qui est

> Ceci est le texte de 1575; l'édition prfraitive portail : iaçoii qu'ils soyeiit viiiez et enlachei de ce venin.

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l'eslomacli , laquelle pi ouient des j fiirieiix et enragés. Aucuns ont vne

coiilraclion ou conuulsion de tous les membres, défaillances fréquentes de cœur, accompagnées de bocquels, et lombenl souuent en syncope.

Autres ont vne palpitation ou tremblemcnl de cœur, qui est vn mouucment manifeste de la vertu expul- Irice qui s'efforce de repousser le venin, qui luy est du tout contraire et mortel. Le pouls pareillement se meut hastiuement et excessiuement sans mesure, qui monstre que la faculté vitale est grandement entlam-

vapeurs vénéneuses enuoyées à iceluy.

Et pour le dire en vn mot, on voit en ccste pernicieuse peste vne grande bantle et mullilude de plusieurs espèces de symptômes et accidens confus sourdre iournellement , qui se font selon la pourriture et altération de l'air, et la cacochymie et mauuaise température de ceux qui en sont frappés. Parquoy faut bien icy noter que tous ces signes et accidens ne se trouuent pas lousiours en vne fois, ny en toutes personnes, mais à aucuns s'en apperçoiuent plusieurs, à autres peu, voire à grande peine voiton deux hommes , infectés de ceste contagion, auoir semblables accidens : et qui plus est, il y a aucuns à qui ils apparoissent Subit et dés le commencement, et les autres plus tard Et de tous ces signes, il y eu a qui sont totalement mortels, autres moins mauuais, et d'autres ambigus.

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