CHAPITRE XLIII
DIÎ l'eSTERNVER et MOVCIIER.
Aussi par eslernuer et moucher, Nature euacue souuent ce qui luy est superflu ou nuisible, quand le cerneau de son propre nalurel ou par artifice se descharge par le nez, ce qu'on voit manifestement en ceux qui ont le cerueau fort humide , comme petits enfans et vieilles gens, lesquels se purgent fort par cest endroit. La cause d'iceux est intérieure ou extérieure : intérieure , comme vne matière pituiteuse ou vaporeuse qui moleste le cerueau, plustost toulesfois à l'esternuer qu'au moucher :
extérieure, comme lors que le soleil donne droit dedans le nez, ou alors qu'on y met vne plume ou autre chose semblable, ou quelque poudre mordicaliue, comme hellébore, euphorbe , poiure , moustarde , ou autre semblable sternutatoire : car alors, par le bénéfice de la faculté naturelle expultrice, le cerueau s'astreint et serre pour ietler ce qui luy nuit : et cela procède principalement de la partie antérieure d'iceluy. Or ladite sternutalion se fait auec son et bruit, à raison que les matières passent par lieux angustes et estroits, qui sont les colatoires, ou les os cribleux qui sont au nez. El ne se doit procurer en grande replelion , si les choses vniuerselles n'ont précédé, de peur de faire trop grande attraction au cerueau, qui pourroit causer apoplexie, verligine, et autres mauuais accidens.