CHAPITRE XVI
DE CEBTAINS ANIMAVX MONSTRVEVX QVI NAISSENT CONTRE NATVKE AVX CORPS DES HOMMES , FEMMES , ET PE- TITS ENFANS ^•
Tout ainsi qu'au grand monde il y a deux grandes lumières, àsçauoii" le soleil et la lune , aussi au corps liu-
1 C'est par celte phrase que se terminait le chapitre dans les trois éditions de 1573 , 1575 et 1679; la citation de Benivenius a été ajoutée en 1585.
^ Ce chapitre n'existe pas en cet endroit dans la plupart des éditions complètes; il est donc nécessaire de dire pourquoi'nous l'avons rétabli.
L'édition de 1573 avait un IG'' chapitre intitulé des f^erms , reproduit par celle de 1575 sous ce titre plus correct, des Fers. 11 était assez court, et composé de quatre histoires que l'on retrouve dans le courant du chapitre actuel. En 1579 , le texte en fut considérablement amplifié; l'auteur y ajouta quelques histoires qu'il détacha du chap. 19 ( voir les notes suivantes ), et il le transporta dans son livre De la peiiie Verolle , entre le chapitre 3 qui termine l'histoire de la variole, et le chapitre 4 qui commence l'histoire des vers intestinaux. Sans doute qu'il avait dessein de réunir ainsi tout ce qui concerne le? vers engendrés dans le corps humain; et cependant le litre même montre bien qu'il ne
main il y a deux yeux qui l'illuminent : lequel est appelé Microcosme, ou petit portntit du grand monde accourci. Qui est composé de quatre elemens, comme le grand monde, auquel se font des vents , tonnerres , tremblemens de terre , pluye , rosée , vapeurs, exhalations, gresles , éclipses, inondations d'eaux, stérilité, fertilité, pierres , montagnes , fruits , et plusieurs et diuerses espèces d'animaux : aussi se fait-il le semblable au petit monde , qui est le corps humain. Exemple des vents : ils se voyent estre enclos és aposlemcs venteuses, et aux boyaux de ceux qui ont la colique venteuse, et pareillement en aucunes femmes, ausquelies on oit le ventre bruire de telle sorte qu'il semble y auoir vne grenoiiillere : lesquels sorlans par le siège rendent bruits comme coups de canonnades.
Et encore que la pièce soit braquée vers la terre , neantmoins tousiours
s'agissaitpas des vers proprement dits, et que le chapitre était déplacé dans le lieu nouveau qu'on lui avait assigné, en même temps qu'il laissai t une lacune dans le livre des Monsires. Du reste , ce changement de place avait élé opéré si négligemment, que dans toutes les éditions du vivant de l'auteur la table du livre des Monsires accusait toujours un chapitre IG, des Vers, qui n'existait plus à partir de 1579, tandis que la table du livre de la pelile Verolle n'indiquait en rien l'adjonction du chapitre nouveau ; et celui-ci , ne comptant pas même dans le livre comme un chapitre spécial, semblait une suite du chapitre troisième intitulé : Quelles punies Jaul preseriier de la verolle. En pesant toutes ces considérations, je me suis déleiminé à restituer à ce chapitre la place qu'il avait eue d'abord, et qui est de beaucoup la plus naturelle et la plus logique.
Le texte général du cliapitrc est donc de 1579, sauf les parties qui seront signalées dans les notes comme d'une dalc difltrcnlc.
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la fiimoc du canon donne contre le nez du cauonnier, et de ceux qui sont proches de luy.
Exemple des pluyes et inondations d'eaux : cela se voit aux apostemes aqueuses et au ventre des liydropiques. Exemple du tremblement de terre : telle chose se voit au commencement des accès des liéures , où les pauures febricilans ont vn tremblement vniuersel du corps. Exemple de l'eclipse : cela se voit aux syncopes ou défaillances du cœur, et aux suffocations de la matrice. Exemple des pierres ; on les voit à ceux ausquels on en extrait de ia vessie , et autres parties du corps.
Exemple des fruits : combien en voit-on qui au visage ou autres parties extérieures du corps ont la figure d'vne cerise , d'vne prune, d'vue corme, d'vne figue, d'vne meure? la cause de quoyaeslé tousiours référée à la forte imagination de la femme conceuante ou enceinte , esineuë de l'appelit véhément, ou de l'aspect , ou d'vn attouchement d'iceluy à l'iraprouiste : comme mesme de ce qu'on en voit naistre d'aucuns âyans en quelque endroit du corps la figure et substance d'vne coinne de lard , d'autres d'vne souris , d'autres d'vne escreuisse, d'autres d'vne soUe, et d'autres semblables. Ce qui n'est point hors de raison, entendu la force de l'imagination se ioignant auecla vertu cônfoiraatrice , la mollesse de l'embrlon prompte, et comme vue cire molle , à receuoir toute forme :
et que quand on voudra esplucher tous ceux qui sont ainsi marqués, il se trouuera que leurs mères auront esté esmeuës durant leur grossesse de quelque tel appétit ou accident. Où nous remarquerons en passant, combien est dangereux d'offenser vne femme grosse , de lui monslrcr cl ra-
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mcnleuoir quelque viande, de laquelle elle ne puisse auoir la ioiiissance promptement, voire elde leur faire voir des animaux ou portraits d'iceux difformes et monstrueux. En quoy i'altens que quelqu' vn m'obiecte que ie ne deuois donc rien inférer de semblable en mon liure de la génération. Mais ie luy respons en vn mot, que ie n'cscris point pour les femmes.
Retournons à noslre propos.
Exemple des montagnes : on les voit aux bossus , et â ceux qui ont des loupes grosses et énormes. Exemple de stérilité et seicheresse : on le voit aux hectiques , qui ont la chair de leur corps presque toute consommée. Exemple de fertilité : on la connoist à ceux qui sont fort gras, fessus, et ventrus, tant qu'ils creuent en leur peau, force leur est de demeurer tousiours couchés ou assis , pour ne pouuoir porter la grosse masse de leur corps. Exemple des animaux qui se procréent en nos corps, à sçauoir, pouls , punaises , et morpions, et autres que desci'irons à présent *.
Monsieur Houlier escrit en sa pratique qu'il traitoit vn Italien tourmenté d'vne extrême douleur de teste, dont il mourut. Et l'ayant fait ouurir,luy fut trouué en la substance du cerueau vn animal semblable à vn scorpion 2, lequel, comme pense ledit Houlier, s'estoit engendré pour
1 Ces deux dernières lignes sont dB 1585.
2 L'auteur ajoutait : Comme la vois par cesie figure, ét envoyait ici une figure de scorpion, que j'ai retrancliée.
Du reste, cette liistoire se lisait déjà au cliapilre 16 du livre des Monstres de l'édition de 1573, maïs avec une rédaction un peu dilTé rente.
lacqnes IlaUier escript en sa Practique des Maladies internes qu'il s'engcudra au ccrucaii d'ni Italien vu scor]noii pour ùuûir coulimtelle' vwH senti du basilic, lequel scorpioU lui causa
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auoir contimiellemcnt senli du basilic. Ce qui est fort vray-semblable, veu que Chrysippus , Dioplianes, et Pline ont escrit, que si le basilic est broyé entre deux pierres et e:^posé au soleil, d'iceluy naislra un scorpion.
Monsieur Fernel escrit d'vn soldat, lequel estoit fort camus , tellement qu'il ne se ppuuoit moucher aucunement : si bien que de l'excrément retenu et pourri , s'engendrerej)t deux vers velus et cornus de la grosseur d'vn denay doigt, lesquels le rendirent furieux par l'espace de vingt iours , et furent cause de sa rnort
Dep;Uis n'agueres vn ieune Jaomme auoit vn aposteme au milieu de la cuisse partie externe , de laquelle soriit cest animal, lequel me fut apporté par lacques Guillemeau , Chirurgien ordinaire du Roy , qui disoit r auoir tiré : et l'ay mis dans yne phiole de verre, et a demeuré vif plus d'.»n mois sans aucun aliment. La figure t'est icy représentée ^.
Monsieur Duret m'a affirmé auoir ietté par la verge, après vne longue
si grande douleur de teste qu'il en mourut. Ce (pd est fort vraisemblable, etc.
La figure du scorpion n'avait été ajoutée par Paré qu'en 1579.
* Paréajoutait: Tu envois la Jigure,fil\)rèscntait en effet au lecteur la figure d'un yer velu et cornu. Je l'ai retranchée sans hésilCT. Du reste , cette histoire se lisait déjà au chapitre 16 du livre des Monstres de l'é dition de 1573 ; seulement la figure n'y a été accolée qu'en 1579.
2 J'ai gardé cette ligure parce que Paré dit l'avoir Tuc , bien qu'il fasse toutes ré-
maladie, vne beste viuanlc semblable à un clouporte , que les Italiens appellent Porcclcti, qui estoit de couleur rouge
Monsieur le comte Charlesde ^ansfeld , n'agueres estant malade d'vne grande fleure continue à l'bostel de Guise, a ictté par la verge vne certaine matière semblable à vu animal:
dont la figure t'est icy représentée ^.
Il se fait pareillement en la matrice des femmes beaucoup de forserves sur sa véritable origine ; et il faut assurément que Guillemeau ou Paré s'en soient laissé imposer, et que ledessinaleur ait beaucoup ajouté à la forme réelle de l'objet.
On peut remarquer que Guillemeau est appelé ici Chirurgien ordinaire du Roy'; mais cette histoire ne date que de l'édition de 15S5. Voyez , t. ii , la note de la page 799.
1 II y avait encore ici : comme tu vois par ce portrait; et de plus une figure fort mal faite de cloporte. Je l'ai supprimée. 11 n'est pas besoin de dire que monsieur Duret avait raconté là une histoire absurde; mais on voit par cette réunion des grands noms de la médecine du xvi° siècle, Houlier, Fernel, Duret , tous si crédules en fait de prodiges , qu'il était bien diCBcile à un chirurgien de ne pas se laisser entraîner par le torrent; et cependant il faut rendre cette justice à Paré, qu'aucune des observations où il a figuré comme témoin ne porte l'empreinte d'une si facile crédulité.
2 Cette observation peut servir de preuve à ce que j'ai dit dans la note précédente. Si pareille chose se fût présentée aux médecins éminenls cités plus haut, nul doute qu'ils n'en eussent fait un animal ; Paré dit seulement-: vne certaine matière semblable, àvn animal; et rien n'empêche, en effet, qu'un caillot sanguin puisse offrir une forme plus ou moins approchant de celle-ci, qui a sans doute été exagérée par le dessinateur.
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mes d'animaux ( qui souuent selreuuenlauec les moles eleiilans bien formés) comme grenouilles, crapaux, serpens, lezars, harpies K Nicole Florentin les compare à chats-huans, et dit deuoir ( slre appelées bestes saunages. Les harpies ont esté appelées des anciens, frcres Lombars, par-ce que telles choses aduenoient aux femmes de Lombardie, et qu'elles naissoient en vne mesme matrice comme les en fans bien formés , qui a donné occasion de les nommer frères vterins , par une mesdisance d'vne personne que l'on hait 2. Or les femmes du royaume de Naples y sont fort suiettes , à cause de la mauuaise nourriture qu'elles prennent , lesquelles de tous temps ont mieux aimé auoir le ventre de bureau que de ve-
1 La question traitée dans ce paragraphe l'avait déjà été dans le livre des Monstres , édition de 1573 et 1575, chapitre 19. Ce texte primitif mérite d'être reproduit.
« Il s'est veu des femmes auoir ietté par leurs matrices des serpens et autres bestes , ce qui peut aduenir par la corruption de certains excréments estans retenus en leur matrice , comme, l'on voit se faire és intestins, et autres parties de noire corps, de gros et longs vers, voire pelus et cornus (comme nous demonstrerons cy après ) : Quelques vns ont voulu fredonner que telle chose peut venir quand vne femme se baigne , si par cas fortuit quelque beste venimeuse comme serpens et autres ont frayé, et rendu semence en leau, à l'endroict de laquelle il soit aduenu quon aye espuisé auec leau vne telle ordure, et que puis après la femme se soit baignée en icelle, veu principalement qu'à cause de la sueur et chaleur, tous ses pores sont dauantage ouuerts : mais telle raison ne peut auoir lieu , attendu que la vertu génératrice de ceste semence est suffoquée et esteinte par la grande quantité deau chaude, ioinct pareillement que la bouche de la matrice ne s'ouure point, si ce n'est à l'heure du coït , ou que les mois coulent. »
s Courdon , liy. 7, chap 18. — A. l\
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lours c'est à dire manger fruits , herbages , et autres choses de mauuais suc qui engendrent tels animaux par putréfaction, que manger viande de bonne nourriture, pour e.spargner, estrc braues et bien accoustrées.
Monsieur loubert ^ escrit de deux Italiennes : l'vne femme d'vn frippier, et l'autre damoiselle,dans vn mesme mois accouchèrent chacune d'vn part monstrueux : celuy de la frippiere esloit petit , ressemblant à vn rat sans queue , l'autre de la demoiselle estoit gros comme un chat : ils estoient de couleur noire : et au partir de leurs matrices, tels monstres grimpèrent en haut contre la paroy de la ruelle du lict, et s'y attachèrent fermement.
Lycosthenes escrit, que l'an 1494, vne femme de Cracouie, en vne place nommée Sainct Esprit, enfanta vn enfant mort , qui auoit un serpent vif attaché à son dos, qui rongeoit ceste petite créature morte K
Leuinus en raconte vne merveilleuse histoire en ceste façon Ces années passées vne femme vint vers moy pour me demafider conseil : laquelle ayant conceu d'vn mariniei", le ventre lui commença à enfler de telle sorte, qu'on pensoit qu elle ne
1 entre de bureau que de velours, façon de parler proverbiale pour dire qu'elles soignaient mal leur ventre. Bureau était le nom d'une étoffe grossière dont nous avons fait bure ; on trouve encore ce mot dans Boileau Despréaux :
Et qui n'tliiill véui que de simple bureau.
- Au liure des Erreurs populaires. — A. P.
3 Paré ajoutait : comme tu vois par cesie figure, et donnait en elTet une misérable figure copiée de Lycosthenes, ouv. cité, page 503. \u reste, cette histoire et celte figure se trouvaient déjà au livre des Monstres en 1573 et 1576, chapitre 19, mais après l'histoire qui va suivre.
^ Liu. 1 de occult. nalur., chap. 8. — A. P.
DES MONSTRES
(It'iist iamais porter t\ terme. Le neufiiMiie mois passe», elle emioyc quérir la sage-femme : et auec grands elTorts, premièrement accoucha d'une niasse de chair sans forme , ayant à chacun costé deux anses longues d'vn bras, qui romuoit et auoit vie comme les esponges. Apres luy sortit de la matrice vn monstre ayant le nez crochu, le col long, les yeux estincelans, une queue aiguë, les pieds fort agiles. Si tost que ledit monstre fut sorti, il commença de bruire , et remplir toute lâ chambre de sifflemens , courant çà-et-là pour se cacher : sur lequel les femmes se ietterent, et le suffoquèrent auec des oreillers. A la fin la paimre femme toute lasse et rompue, accoucha d'un enfant masle, tant bourrelé et tourmenté par ce monstre , qu'il mourut si tost qu'il eusl receu baptesme. Ladite patiente, après auoir esté longue espace de temps à se r'auoir, luy raconta le tout fidèlement
Çornelius Gemma, médecin de Louuain, en vn liure qu'ila fait depuis peu de temps, intitulé jDc nalurcc dtuinis charactcrismis , raconte vne histoire admirable d'vne ieune fille de ladite ville, aagée de quinze ans, du corps de laquelle, après douleurs infinies , sortirent plusieurs choses estranges par haut et par bas. Entre lesquelles elle rendit par le siège auec les excreraens, vn animal vif, long d'un pied et demy , plus gros que le pouce , représentant si bien vne vraye et naturelle anguille, qu'il n'y auoit rien à redire,
' Cette histoire se lisait déjà dans le livre des Monsires de 1573 Cl 1575, après le long passage reproduit dans la note de la page précédente , et avant l'iiistoire de I.ycoslliénes. C'est d'après le texte de ces deux éditions primitives que j'ai restitué la dernière phrase, qui mnn(iuc dans toutes les autres.
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fors qu'il auoit la queue fort pelue ».
Maistre Pierre Barque , chirurgien des bandes Françoises , et Çlaude le Grand chirurgien , demeurans à Verdun , n'agueres m'ont affirmé auoir pensé la femme d'un nommé Gras bonnet , demeurant audit Verdun , laquelle auoit vne aposteme au ventre : de laquelle ouuerle sortit auec le pus grand nombre de vers, gros comme les doigts , ayans la teste aiguë, lesquels lui auoient rongé les intestins, en sorte qu'elle fut long temps qu'elle ieltoit ses excremens fécaux par l'vlcere, et à présent est du tout guérie 2,
Antonius Beniuenius, médecin de Florence, escrit qu'vn quidam nommé Iean,menusier, aagé de quarante ans, auoit presque vne assiduelle douleur de cœur, pour laquelle auoit esté en danger de mort. Et pour y obuicr, eut l'opinion de plusieurs médecins de son temps , sans toulesfois en auoir receu aucun allégement. Quelque temps après s'adressa vers luy :
ayant considéré sa douleur, luy donna vn vorailoire , par lequel iella grande quantité de matière pourrie et corrompue , sans toutesfois appaiser sa douleur. Derechef luy ordonna vn autre vomiloire , au moyen duquel il vomit grande quantité de matière , ensemble un ver de grandeur de quatre doigts , la teste rouge , ronde , et de grosseur d'vn gros pois, ayant le corps plein de poil follet , la queuë fourchue en forme de crois-
1 l'aré ajoutait : Comme tupeux voirpar le portrait cy-dasous, semblable à cclny que Gemma a mis en son liure. J'ai rclrandié cette absurde ligure , que Paré eût bien fait de laisser à Gemma
2 C'est par celte histoire, rcproduile ici textuellement , que coniniençail le chapitre Ut du livre des Monstres en 1573,
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sant, ensemble quatre pieds, deux au deuant , cl deux au derrière *.
le dis encore qu'aux apostemcs il se -IroUnc des corps fort cstranges , cottime pierre, croye, sablon, charbon, coquilles de limaçon, espics, foin , cornes , poil , et autres choses, ensemble plusieurs et diuers animaux , tant morls que viuans 2. Desquelles choses la génération (faite par corruption et diuerse altération) né nous doit estonner beaucoup , si nous considérons que, comme Nature féconde a mis proportionnément eh l'excellent Microcosme toute sorte de matière , pour le faire ressembler et estre comme image viue de ce grand monde : aussi elle s'esbat à y représenter toutes ses actions et mouuemens, n'estant iaraais oisiue quand la matière ne luy défaut point l
1 Ici encore revenait la phrase habituelle, comme tu vois par cesie figure, suivie en effet de la figure annoncée, que j'ai supprimée comme les àiitres. Cette suppression m'a d'autàh'l rtioius coûté que Beiiivieni h'avait pas donûé de figure, et que c'est Paré qui ràVàlt fait Riiré d'aptès la description. Du reste , cette histoire avait été ajoutée en cliapitre en 1575, et la figure seulement en 1579.
2 II a déjà dit quelque chose de semblable au livre des Tumeurs en gênerai, ch. 4, — Voyez t. I, p. 324.
3 Dans l'édition de 1573, lé chapitre se terminait ainsi ;
l'ay escripi en mon Traicté de la jPeste auoir veu vne femme qui auoit iclié vnver par le dege de longueur pClis d'vne toise, de figure d'vn serpent : qui voudra sçauoir la génération, les espèces et différences, leurs diuersités de couleurs , figures d'iceux, les trouuera aiulict chapitre.
Cette citation se rapporte au Traité de la Peste de 15G8, qui a été depuis divisé en deux livres, celui de la Peste, et celui de la petite Fcrolle et Lèpre ; c'est dans ce dernier, chapitre i, que l'on trouvera l'histoire et les détails annoncés par l'auteur.
•lÉME LIVRE ,