‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 275 sur 515 · POVR ARRESTER LE FLVX DE VENTRE · texte numérisé non relu

POVR ARRESTER LE FLVX DE VENTRE

Si on connoist le flux de ventre es- Ire trop grand, et la vertu afToiblie, et que tel mal vint de l'aCTeelion de tous les intestins, alors le faut arrester : à quoy on procédera par remèdes baillés tant par la bouche que par clysteres, de peur que la vie du malade ne sorte par le siège. Parquoy on donnera à manger aux malades de la boiiillie faite de farine de fourment, auec vnc décoction d'eau en laquelle on aura fait bouillir vne grenade aigre, berberis, bol d'Arme- I nie , terre scellée, et semence de pauot, de chacun vnc dragme,

AiUrc bouillie.

Prenez amandes douces cuiltes en eau d'orge, en laquelle on aura fait esteindre des carreaux d'acier ou de fer ardens, puis

pilez-les en vn mortier de marbre , c' les laites eu forme de laicl d'amandes, et y adioustez une dragme de poudre de diarrhodon abbalis, à fin que l'acrimonie de l'humeur cholérique soit adoucie, cl l'cstomach corroboré.

Autre remède de merueilleux ejfecl , lequel ié liens de feu monsieur Cliapeluin, premier Médecin du Jloij , qui l'auoit comme grand secret de dejunct son pcre , et proleste lutj en auoir veu ordonner auec vn tres-bon succès.

"If. Boli armcn. lerrœ sigil. lapis haimat. ana 3. j.

Picis naualis 3 j. fi.

Coralli rub. mar. electar. cornu cerui vsti et loti in aqua planlag. ana 3.]. Sacchari rosat. § . ij.

Fiat puluis.

De laquelle le malade en prendra plein vnc cuillier deuant le repas, ou bien auec le iaune d'vn œuf. On vsera de ce remède en prenant plus ou moins, selon que le flux sera grand ou petit

' II m'a fallu ici rectifier le texte, qui varie suivant les éditions. En 15G8, au lieu de la formule de Chapelain, on trouvait celle-ci :

B Autre remède de merueilleux effeet.

M ^. Picis naualis 5 . j.

Boli armcn. et lapidis haemat. ana 3. iJ. ' Sacchari 5 . i.

«Et de ce le malade en prendra plein vue cuillier deuant le repas. On vsera de ce remède en prenant plus ou moins selon que le flux sera grand ou petit »

En 1675, ce remède fui remplacé par celui de Chapelain, avec les mêmes préceptes pour son administration. Mais en 1579 l'au- Icur ajouta la cilalion qui suil de Christophe Landré, et l'inlcrcalalion fut faite si négligemment, que celle phrase: on vsera de ce reme.de, etc., suivait la cilalion , et se rapportait consé(iucmmenl à layZe^/ft/fc/iie», et non plus au remède de Chapelain, comme en 1576. Yoilà ce que j'ai dû rectifier»

40'J I.E VIINGI'-QVAT

Chrisloflo l'Andié en son Oecoiatric louë graiitlcmeiit la lionlc dt; chien qui ail rong(5 par trois iours des os.

Pareillement on peut faire manger douant le repas de la chair de coings, ou niesmes des coings cuits sous la cendre, ou en composte: ou conseriie du fruit de cornalier , et berberis confit, et quelquesfois aussi vn mirabolan, ou vne noix muguotte roslie pour corroborer l'estomach. Il faut serablablement que le malade mange de bonnes viandes et de facile digestion, et plustost roslies que bouillies.

D'auantagc , il conuient concasser vne grenade aigre auec son escorce, et la faire cuire en eau ferrée, et d'icelle en bailler à boire : ou de l'eau en laquelle on aura fait bouillir vne pomme de coings, neffles, cormes, ou meures de ronces, et autres sembla ■ bles : car telles choses astreignent et consomment beaucoup d'humidités superflues du corps. On peut pareillement vscr des syrops cy dessus escrits, comme de citrons., ribes, iulep rosat, et autres donnés auec eau ferrée.

L'estomach sera pareillement frotté extérieurement d'huile de mastic, de noix, muguctte, de coings, de myrrhe, et autres semblables. Aussi on peut mettre sur iceluy la crouste d'vn gros pain tiré vn peu auparauanl du l'our, trempée en vinaigre et eau rose, ou vn cataplasme fait de décoction d'eau ferrée, roses rouges, sumach, berberis, myrtilles, chair de coings, mastic, farine de féues, et miel rosat.

Or si on voit que le malade iettc des vers, on y procédera ainsi qu'il sera déclaré cy après S à fm de les

1 Cy après; c'csl Ic texlc do 1£)68 , qui n'a

lUKMIÎ LlVr.K ,

faire mourir, cl ielter hors du ventre. Aussi on pourra vser de clysteres anodins, abstersifs, consolidatifs, restrictifs et nutritifs, selon qu'on verra eslre besoin. Et premièrement, lors que le malade sent grande douleur de tranchées et contorsions au ventre, à fin de rafraîchir l'acrimonie des humeurs, on pourra donner vn tel clystere.

"if. Lact. hyos. Miorum acetosje, porlulaca ana m. j.

l'Ionim A iolarum et ncnuph. ana p. J. Fiat decocl. ad 1b. j. in colatura dissolue:

Cassia3 fisluUc § . vj.

Oleirosali cl ncnupharls ana^. J. û.

Fiat clyster.

Autye anodyn propre pour vue douleur aiguë el poignante és intestins.

Rosarum rubrarum , hordei mundall et seminis piantaginis ana p. j.

Fiai decoclio : iu colalura adde :

Olei rosali § . ij.

V'itellos ouorum numéro ij.

Fiat cJyster.

^uire Clystere réfrigérant.

"if. DcGOClionis caponls, cruris viluli et capilis veruccis vnà cum pelle ibij.

In quibus coquanlur foliorum violarum, maluce, meicunalis et planlag. ana ra.j.

Hordei mundali [5 . j.

Quatuor seminum frigldorum maiorum ana 3. û . i In colalura Ib. 6. dissolue :

CassiiE reccnter eitraclu) g . j.

n'a jamaisclé corrigé, et qui était jusle alors, puisque le chapitre des Vers venait aprèl l'histoire de la peste. Aujourd'hui il faudrait dire cy deiiani; en effet, le chapitre des Vers a été reporté par Paré liii-mcme au livre do la petite /^eroHe, avant le livre de la Peste.

DR LA

Olei violall 5.Miij.

Vilell. ouorum ij.

Sacchaii rubrl 5 . j.

Fiat dyster.

Autre Chjstere anodyn.

Z. Florum camom. nieliloli cl anethi anap. j. Radicis bismaluœ 3 . j.

Fiat dccoctio in lacté, et in colatiira atlde :

Mucilaginis scminis lini et fœnugiœci cxtracta: inaqua maiuaj g . ij.

Saccliari rubii 5 , j.

Olei cama;mc!i et anethi ana 3. J. &.

Yitellos ouorum ij.

Fiat clystcr.

Il faut garder long temps tels clysteres, à fin qu'ils puissent mieux appaiser la douleur.

Lors qu'on verra aux excrcmens comme raclures de boyaux ( qui est vn signe infaillible qu'il y a des vlceres és intestins) alors il faut bailler des clysteres détersifs et consolidatifs, comme ceux-cy.

Exemple d'vn Cly stère détersif.

Tf. Hordei integri p. ij.

Rosaruin rubiarum et llorum camomiliœ, plantaginis , apij ana p. j.

Fiat decoclio : in colatura dissolue :

Mellis rosali et syrupi de absynthio ana

Vilellos ouorum numéro ij.

Fiai clystcr.

Exemple d'vn Clystere pour consolider les vlceres aux intestins.

%, Succi plantaginis, cenlinodia; et portulacîE ana 5 . ij.

Boli Armcnica;, sanguinis draconis, amiii ana 3. j.

Scui bircini dissoluti 3. iij.

Fialciyster.

Pareillement le lait de vache vn peu bouilli auec plantain et syrop

Pi:sTE.

rosat, est souuerain remède aux vlceres des intestins. Et si on voit (comme i'ay dit) que le flux fust trop impétueux, et que le malade fust debile, alors on luy donnera clysteres aslringens.

Exemple d'vn Clystere astringent.

Cauda) equinas, plantaginis, polygoni ana m. j.

Fiat dccoctio in lacté vstulalo, ad quarlaria iij . et in colatura adde :

Coli Armenicaî, terrajsigillatœ , sanguinis draconis an 3. ij.

Albumina duorum ouorum.

Fiat clystcr.

Autre.

"if Succorum plantaginis , arnoglossl , centinodiœ, portulaca) depuratorum residenlia facta quantum sufficit pro clystere, addendo :

Pulueris boli Armenicaî , terraî sigillata3 , sanguinis draconis ana 3. j. Olei myrthini et rosali ana 5 . ij.

Si le sang sort tout pur par les intesfins, il faut vser de plus forts aslringens : et pour-ce ie louë beaucoup les décoctions faites d'escorce de grenade, noix de cyprès, roses rouges, sumach, et quelque portion d'alum et de couperose bouillies en eau de mareschal, et de ce soient faits clysteres sans huile , ou autres semblables

On doit aussi fomenter le siège d'vne décoction astringente. Mais il faut noter que tels remèdes fort astringens ne doiuent estre baillés, que premièrement on n'ait purgé le malade, paice qu'ils arresleroient les humciirs corrompus qui sont la principale cause de cesle maladie, et les empescheroient d'estrc vacués, et

1 L'édition do 1668 ajoutait : comme cestuij

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seroil on cause do la mort du malade : mais s(M-onl baillés après qu'il aura esté sunisamment purgé, aussi qu'on connoistra les forces al'foiblios et abbatues, et le yentre fort lubrique.

Si le malade est fort débile, et ne peut prendre alimens par la bouche, on luy pourra bailler clysteres nutritifs, comme * ;

stiiuant, et donnait ces deux formules de çly stères, qui ont été retranchées dès 1575.

« ^. Succorum rnespilorum, sorborum, cornorum , frucluum aut foliorum quarlarium j.

Tanni vel corticis quercini § . i.

Seminis anethi, sumach, berberis hypocystidis, gsUarum ana §.1.

Seminis plantaginls § . C> .

Fi{jt decoctio : in quâ dissolue :

Vitellos duorum ouorum induratorum in acelo.

Adipls renum capraî § . i.

Fiatclysler. ad quantitalem ïb.fi., velquartariornm trium.

« Autre,

» "if. Decoctionis hordei integri perfectè cocti îb. ]. fil .

Inquàadde foliorum plantaginis , centinodiœ, et foliorum granatorum ana m. j.

Rosarum rubrarum m. ij.

Fiat iterum decoctio, et in colaturâ dissolue saccharum rubrum, vitellos duorum ouorum, pulueris foliorum granatorum quantum volueris : liât clysler. »

1 Celte formule se lisait bien dans l'édition primitive de 1568 , mais non pas immédiatement après la phrase qui précède ; et de même aussi la formule ne terminait point le chapitre. Il y avait donc avant et après une assez longue discussion sur les clysteres nutritifs, de la page 214 à la page 271 , et le chapitre se terminait par celle transition :

ï « le laisseray pour le présent telles trop

rniKMr. Mvnr;,

"if. Decoolionls caponis pinguls et crurls viluii coctorum ciim acclosa, l)iiglosso , borragine, pimphiella, cl lactuca 5 . x. vel xij.

In qua dissolue vitellos ouorum numéro iij. Sacchari rosali et aqum vila; ana 5 , j. Butyri recenlis non sailli § . ij.

Fiat clysler.

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