CHAPITRE Xl.Vin
rovn PRovoovEi! i,k ir.vx a\ ventre.
Il se fait semblablcmont vacualiou do riiumeur peslilenl par le Uiix de ventre, àsçauoirquand Nature de son prOjiri' raoïuieineul , ou par l'aide de inedieamoiis laxatifs, purge et iotte Ions les cxcromeiis et Immeurs contenus au ventre, à sçauoirpar Iluxdlarrheïque, lienteiiqui; et dyseiilerique.
Kt pour bien discerner vn flux d'aucc l'autre, il faut voir les selles du malade : et s'il iette humeurs liquides sincères , c'est-à-dire, d'vne sorte ou d'espèce, comme do piluile seule, cholere on melancholie , et en grande quantité, sans vlceration aucune des intestins, et douleur grande : tel flux est appelle diarrheïque, c'est-à-dire, humoral.
Flux lienleriquc est , lors que les inlestins ne retiennent point deuëmenlles viandes: mais deuanl qu'elles soient bien cuites en l'estomach, elles découlent crues et telles qu'elles ont esté mangées. Tel flux vient de la débilité de la vertu reteutiue de l'estomach , pour vne trop grande abondance d'humeurs, ou de la débilité de la concoctrice d'iceluy, pour vne trop grande frigidité.
Flux dysentérique est , lors qu'il y a vlceration aux intestins, auec grandes douleurs et tranchées , qui se fait d'vne corruption d'humeurs, principalement d'vne cholere bruslée , laquelle corrode la tunique des inlestins, dont s'ensuit que le sang sort tout pur par le siège.
Or en ceste abominable maladie pcslilenle.suruient à aucuns grand et oxccssU" flux de vcntic, par lequel
PESTE. 44 g
quelquos-vns ietlent vne matière liquide, subtile, glutineuse et escumeuse, ressemblant quelquesfois à graisse fondue , à cause de la chaleur putride qui liquéfie et corrompt les excremens et empeschc la concoclion , dont les selles sont quelquesfois veuës de diuerses couleurs, comme rousses , violettes, iaunastrcs, vertes, noires, cenilrécs, ou d'autre couleur, dont sort vne fcteur intolérable, comme aussi de leur sueur et haleine, qui pi-ouient d'vne chaleur putredineuse engendrée d'humeur ténues, cholériques, et acres par pourriture, dont est grandement inilée la vertu expulsiue à excrétion. Et quelquesfois aussi s'y trouue quantité de vers, qui deraonstrent pareillement grande pourriture des humeurs. Et quand l'humeur est ardent et bruslant, il irrite Nature à ietler non seulement les excremens et humeurs, mais aussi le sang toutpur,dontIamorts'ensuit.
Ce que i'ay vcu aduenir au camp d'Amiens à plusieurs soldats forts et puissans. Et véritablement ie fis dissection de quelques-vns après leur mort , pour connoistre d'où ceste quantité de sang ainsi pur pouuoit sortir : et trouuay la bouche des veines et artères mesaraïques ouuertes etesleuées, ou tumeflées là par où elles aboutissent dans les intestins en forme de petits cotylédons , desquels lors que les comprimois, le sang en sortoit tout pur.
Or quelquesfois ce vice n'est qu'aux gros intestins, quelquesfois seulement aux gresles, et aucunes fois aux gros et aux gresles : partant le Chirurgien prendra indication du lieu où le malade d.t sentir contorsions et douleurs. Car si ce n'est qu'és gresles ou menus, la douleur sera vers l'estomach : au contraire, si c'est au
45o LE VIKGT-QV;1
gros, la (lonlciir sera vers le petit ventre au dessous du nombril.
Donc si le mal est aux intestins gresles, on baillera remèdes par la bouche : au contraire si c'est aux gros, faut procéder par clyslercs : cl si l'affection est en tous , faut y remédier par haut et par bas. Et pour ces causes, le Chirurgien raliouel prendra indication de la diuersité du flux de ventre, et des accidens qui se présenteront : comme si on voit que le malade ait lenesme et grandes espreinles(qui est vn signe que Nature se veut descharger par le ventre) on luy aidera par medicamens pris par la bouche, comme demie once de hiere simple auec deux onces d'eau d'absinthe, en y adioustant vne dragme de diaphœnicum, ou autres semblables: aussi à cesteintenlion les clj stères apportent grand profit, pour ce qu'ils purgent les superfluités des intestins, dissipent les ventosilés, appaisenl les douleurs: et en tirant les ordures contenues aux boyaux , par conséquent ils attirent aussi par succession des parties supérieures, et mesmementdes veines, et diuertissent des parties nobles.
Exemple d'vn Clystere , pour irriter lu vertu
expulti ice à ictler dehors les super jluilés. Of. Foliorum maluaî , violaiiaî , mcrcurialis ana m. j,
Scminis Uni 5 . fi .
Fiai dccocllo ad Ib. j. in qua dissolue : Confectionis hamcch, diapruuis soluliui ana § . û .
Theriaca; 3. iij.
OleiviolaUet lillorum ana o-J. 6.
Mellis violali g . ij.
Fiat clysler.
Lequel sera réitéré , s'il est besoin.
Toutesfois s'il y a vlcere aux boyaux, ou veines ouuertes , ou lienterie, ou
lUKME LIVRE,
diarrhée, ce clyslere serait mauuais, comme aussi les suppositoires aigus.
yialre.
"if. Dccoclioniscomniunis cljsleris Ib j. In colaluia dissolue :
Calholici cl casslaîana 3, G.
Mellis anlhosali 5 . j.
Sacchaii rubri 3 . j. C .
Olei violarum 5 . iij.
Fiat clyslcr.
Autre plus fort.
If. Decoclionis clysleris communis U). J. In colalura dissolue :
niera; 5 . G .
Calholici et diapliœnici ana 3. ij. Mellis antliosali g . j. G .
01eianelhinictcliama;mcliniana g . j. G.
Fiai clysler.
Si le Chirurgien estoit en quelque lieu où il ne poust Irouuer vn Apoticaire , ny syringue , ny chausse à clyslere , ou que le malade ne peust ou ne voulust prendre clystere (comme aucuns font), alors il pourra faire suppositoires ou nouëls, foi'ls ou debiles , selon qu'il verra eslre besoin pour accomplir sou intention.
Exemple d'vn Suppositoire , pour irriter la vertu cxpulsiue des boyaux.
Tf. Mellis cocli g . j.
HierûB picriE cl salis communis ana 5. fi .
Et de ce soit fait vn suppositoire.
On en peut aussi faire de sauon, de longueur d'vn doigt, et de grosseur moyenne : et au-parauant qu'on les applique, on les doit huiler ou engraisser, à fin qu'ils entrent au siège plus aisément et à moindre douleur.
Exemple d'vn plus fort suppositoire.
7f. Mellis § . iij.
Fellis bubuli 5 . j.
DU LA
Scainmoiiij , pulueiisali ciipliorbij , colocyiilidis ana 3. ù .
tde ce soicnl faits suppositoires.
Les nouëts ont mosme vsage que les suppositoires, et seront paieillemeiit faits forts ou débiles, selon qu'il en sera besoin.
Exemple.
, Vilcilos ouoriim numéro iij.
Fellis bubuli et uiellis ana 3 . fi .
Salis coinmunis 3. fi .
Le tout soit battu et incorporé ensemble, et de ce soient faits nouëts, mettant des choses prédites dedans vn linge : en quantité d'vne grosse avelaine , et le faut lier et mettre dans le fondement. Si on veut qu'ils soient plus forts , on y adiouslera vn peu de poudre d'euphorbe ou colocynthe.