CHAPITRE IL
Strabo dit que. les luifs , pour la confiliire de leurs corps, souloienl vsor di; bitume, qui est vue poix liquide qui se prend en la mer Rouge, prés Sodome.
Or bien à peine s'est-il trouué nation , tant barbare fust elle , qu'ils n'ayent embaumé les corps morts, non pas mesme les Scythes, qui semblent en barbarie auoir surpassé le reste des hommes. Car iceux, comme dit Hérodote, Hure quatrième de son Histoire, n'enterrent point le corps de leur Roy, que premièrement ils ne l'ayent mis en cire, après auoir curé le ventre et nettoyé, puis rempli de cypre concassé, d'encens, de graine de persil et d'anis , et en après recousu.
Deceste mesme chose les Ethiopiens se sont monstrés curieux , faisans leurs sépultures de verre, en ceste sorte : c'est qu'après qu'ils auoient vuidé et descharnè iusques aux os , comme vne anatomie seiche , le corps de leurs amis défunts, ils les accous troient et lissoient de piastre, sur lequel ils iettoient après vne peinture qui approchoit du vif autant qu'il leur estoit possible : et ce fait , ils l'enfermoient dans vne colomne de verre creux. Le corps ainsi enchâssé apparoissoit au trauers le verre , sans rendre mauuaise odeur, et sans desagreer aucunement. Les plus proches parens le gardoientchez eux l'espace d'vn an, en luy faisans offrandes et sacrifices, et au bout de l'an le transportoient hors la ville au lieu destiné , ainsi que nous faisons aux cimetières , comme escrit le mesme Hérodote.