‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 3 sur 515 · DANS CETTE MAISON EST NÉ AMBROISE PARÉ · texte numérisé non relu

DANS CETTE MAISON EST NÉ AMBROISE PARÉ

Ouàtit à la daté dé sa naïssaîicô, il ne parait pas qu'on ait dang le pays même aucun moyen de la fi?^ef ; mais iî y a une tradition perpétuée, dit M. le docteur Hubert, par de vieux manuscrits, qui à la vérité n'ont pas une authenticité Lien constatée. Il eût été à désirer peut-être que la commission de Laval s'expliquât mieux sur ces manuscrits j mais elle se borne à la simple mention qu'on vient dé lire, et s'ën tient ensuite à la tradition.

« Suivant cette tradition , poursuit M. Hubert, Ambroise Paré serait né vertrannécil6C>9 du Jjetit Villa^ê duSourg-Hersefit,- près tftval, dans une dépendaiice de la maison seigneuriale du comte de Laval , et dans la dômes-' ticité de ce seigneur, dont son père aurait été le valet de chambre-barbier. »

Le narrateur passe sous silence les autres détails donnés par Percy; mais il conjecture que ce fut sans doute quand le comte de Laval, remarié en troisièmes noces en i525, conduisit, dans une des années suivantes, sa femme à la cour, que la famille de Paré suivit ce seigneur b. Paris. J'ai dit, et rte veux pas y revenir, cé qui paraissait le plus certain. Une fois Paré loin de Laval, ses cômpâfriotes le pérdertt de tue et n'ajoutent rîen à ce que nous en savons; je Ueteuxjyas omettre cependant une note curieuse de la notice déjà citée.

« La Commission avait espéré un moment pouvoir publier des renseignements inédits sur la famille d'Ambroise Paré, et sur les premières années de sa vie ; elle avait découvert à Amsterdam un sieur Paré , ferblantier, qui se dit descendant direct d' Ambroise Paré , et possesseur de tous les papiers de famille ; mais comme il a refusé d'y laisser fouiller sans recevoir par avance une somme d'argent, nous n'avons pas cru pouvoir engager les fonds de la. souscription sans savoir ce que pourraient amener ces recherches , et nous n'avons pas donné de suites à sa proposition. »

î)e ce peu de détails nouvellement recueillis , on ne saurait

tirêr gfahde lilmière. On voit pourtant qn'm réalité des membrôs de la famille de Patê otit émigré en Hollande-, mais est-il bien vrai de dire que la révocation de Tôdit de Nantes fut la cause dê cet exil? Dans tous les cas, l'exil n'aurait point frappé la famille entière; car outre M. Louis Bourlier, qtie nous avons vu tout^al'heuré réclamer cette parenté glorieuse, je trouve insent sur la liste dës sôusci'ipteurs, le nom de mademoiselle Bourher d'Avesnières, sans doute de la môme famille, et celui d'une dame de Laval qui pOite encore Ce beau nom de Paré. M. le docteufr Hubert, dans la notice déjk citée, nous apprend qu'on retrouve à Laval, depuis 1740, une fatnille du mémo nom dont les descendante portent pour prénom habituel le nom d'Ambroise, sans pouvoir établir aujourd'hui une filiation plus directe ; et que cette famille, avant la révolution de 1789, était exempte décapitation et de l'impôt de gabelle, comme issue de notre grand chirurgien. Comment donc M. Yillaume, en parlant de la mission donnée à Lassus (et non à M. de Lasitse, comme il l'avait imprimé par erreur) de rechercher à Laval les descendants de Paré, ajoute-t-il qu'il ne s'y én trouva point? M. Hubert rapporte à cet égard « qu'en 1804, lorsqite le professeur Lassus vint présider le jmf de médecine k Laval, il était porteur d'une lettre du cabinet de l'Empereur qui lui enjoignait de rechercher à Lavalles descfendants de Paré, qu'il voulait honorer de ses bienfaits ; » mais il në dit rien dés résultats de cette recherche.

Avant d'abandonner ce qui regarde la famille, je dois dire que Claude Viart, beàu-ffère de Paré suivant M. E. Bégin (voir mon Inttod.^ pagéccxxtii), est cité à plusieurs reposes dans lesœuVres de Paré, notamment dans la grande Apologie, à la date de l585^ et toujours sans aticun titre de parenté.

Nous avons vti que Paré a^ait d'abord été reçu maître barbier chirurgien ; et aux documents que nous avons réunis sur l'état des barbiers k celte époque est venue s'ajoruter depuis une curieuse planche , insérée par M. Dusommcrard dans sa grande et belle pttblicatioiî, FMhum des Arts au niofen âge, et calquée sur tin

vitrage colorié du xvi'' siècle , représentnnl la boulique d'un barbier. Nous avons pu, grâce à l'obligeance de M. Dusommerard, étudier k la fois la planche et le vitrage ; en voici une description succincte.

Le sujet principal représente l'intérieur de la boutique; sur une chaise est assis un patient que l'on vient de saigner. La manche gauche de la chemise est retroussée jusqu'au coude, et repliée là de façon à faire office de ligature ; d'autre ligature il n'y en a point. La piqûre a été faite vers le milieu de l'avantbras; le sang sort en un jet magnifique ; mais, par un singulier oubli, le peintre a oublié de le colorier. Le malade embrasse do la main gauche un long bâton, dont le bout pose à terre ; procédé qui remplace avantageusement la bande ou le lancetier que l'on fait aujourd'hui tourner dans la main ; du reste, le procédé était déjà indiqué par Guy de Chauliac au xiv" siècle ; on le retrouve figuré par Scultet au xv!!*" ; et enfin je l'ai encore vu mettre en usage par les barbiers de Pologne durant la campagne de 1 83 1 . Le barbier, debout à droite, reçoit le sang dans un bassin de cuivre; la barbière, à gauche, tient un gobelet probablement rempli d'eau, pour donner à boire ou pour asperger la figure en cas de syncope. Du reste, barbier et barbière sont en grande toilette, la tête coiffée du béret noir avec double panache de plumes blanches.

La salle est éclairée par une fenêtre cintrée à six compartiments, garnie de carreaux arrondis maintenus par des bandes de plomb. Au-dessus de la fenêtre , pendent à la muraille cinq bassins de cuivre de différentes grandeurs ; au-dessus des bassins, dix poëlettes beaucoup plus petites et d'une grandeur uniforme. Sur un pan de la muraille à droite, tout-à-fait en haut, un bassin et une aiguière ; au-dessous, retenues par une bande de cuivre horizontale, trois paires de ciseaux et deux paires de rasoirs à lame pointue, à dos de cimeterre , comme ils étaient au moyen âge, servant à la fois à faire le poil et les incisions ; au-dessous, trois ustensiles peints en noir, qui me paraissent être des boîtes

l'ut'i'^ci:. ^i^x ovi pennawles suivant le terme de Guy, destinés à recevoir les instruments. Seulement, tandis que dans lu trousse moderne les instruments ont leurs cases disposées sur le même plan, l'une à côté de l'autre, ici les cases sont superposées l'une à l'autre, de manière à donnera la boîte une notable épaisseur, et une forme comparable à celle des tontes où les cavaliers plongent leurs pistolets. Du reste je me hâte d'ajouter que ce que je viens de dire de ces boîtes est pure conjecture ; car toutes les trois sont vides ; et Guy en parlant du pennarole n'a rien dit qui pût servir à en déterminer la forme. Enfin, toul-à-fait au-dessous, trois peignes également fixés à la muraille.

Sur le pan de mur de gauche se voient en haut cinq bocaux rangés côte à côte, et certainement destinés à contenir les onguents. Au-dessous, et comme pour faire pendant cà ceux de l'autre côté, cinq rasoirs entr' ouverts. Madame la barbière nous cache le reste.

Le compartiment supérieur représente une autre salle éclairée par deux fenêtres à carreaux arrondis, et tout autour de laquelle règne une large banquette adossée aux trois murailles visibles. A droite sur une chaise , est assis un client auquel on vient de faire la barbe, car le rasoir est encore sur la banquette ; le" garçon barbier est occupé maintenant à lui couper les cheveux. A gauche est un autre client qui a subi, à ce qu'il paraît, la double cérémonie; car j'aperçois sur la banquette le rasoir, les ciseaux, un peigne simple et un peigne double ; je ne sais donc quel reste de toilette lui fait le garçon encore occupé à sa tête ; peut-être la lui lave-t-il avec une éponge. Ce qui me suggère cette conjecture, c'est que le client est à genoux sur un espèce de prie-dieu, la tête au-dessous d'un vase suspendu au plafond, d'où pourrait bien suinter quelque liqueur odoriférante ; et le garçon a les bras nus jusqu'aux coudes, tandis que son camarade a gardé sonhautde-chausses. Tous deux ont le béret noir , mais sans panache ; et enfin celui de droite, chose assez curieuse, a une poclettepen-

due côté gauclie de la ceinture, comme une arme qui ne devait pas le quitter.

Le vitrage porte en bas la date de i55^ ; et en caractères gortbiques,la signature de Josie |lifl)u)illfr.

Je reviens maintenant à Paré.

En i536 il partit pour l'Italie, et j'avais avancé, malgré les assertions hasardeuses de Devaux , que Thierry de Héry avait fait les mêmes campagnes. J'en ai trouvé depuis la preuve directe dans un passage du livre publié par Thierry en i552 , page i85. Thierry raconte qu'il passa les monts en i637, et parle des gelures des soldats à peu près dans les mômes termes que Paré.

Rien à ajouter à l'histoire de Paré jusqu'au siège de Rouen , en Mais là vient se placer un fait d'une haute importance, resté en oubli jusqu'à ce jour , et pour lequel nous avons le témoignage de Paré lui-même. Après la prise de Rouen , il faillit être empoisonné dans un dîner , en quelque compaignie , dit-il , OÙ m ai(Qit quelques vus qui me ha/o/entà mort pour la religion ; et il n'échappa que par une présence d'esprit remarquable. Il avait raconté asse? longuement cette histoire dans le livre des fiapparts de l'édition de 1 , mais il l'avait effacée de toutes les autres éditions postérieures -, nous avons soigneusement reproduit cette précieuse variante, tome III, page 662. Quels étaient çes fanatiques qui faisaient venir ainsi le poison en aide à leurs opinions religieuses ? Paré ne les nomme point. Toutefois , le mot unique qu'il a laissé tomber de sa plume sur la religion , en prenant ce mot dans l'acception du xvf siècle, semble indiquer que les empoisonneurs étaient catholiques, et que Paré, alors du moins, était passé au calvinisme. Mais ceci admis , il faut donc qu'il soit retourné plus tard à ses croyances primitives , et je répéterai ce que je disais à la page cclxxxi : // me paraît incQiitestable (^ue, du moins après la Saint-Barlhélemj, J. Paré Jocisait procession de lapi çathoUque.

Ici se. teymilierait ce que j'avais à dire de cette partie de l'ïn-

PRÉFACE. 3fV

trocjuction, si je n'avais à vectifiev m lapsus phmce à peine concevable. A la page cclxiii , on lit que François II était le deuxième fils de Catherine; c'est \q fils aîné (ju'il Mlait dire.

§ IIX. — Additiqns relatives épritf de ^a,té.

Je n'ai rien à ajouter à la bibliographie que j'î^i (Jonnée de sqs ouvrages et de leni's cc|itions. J'ai bien vu indiquée dans V Histoire de l'anatQmie de Portai, tome YI, page Si 7, une éditiop du l'mitédes plajes d' hac<juebutes , qui aurait paru à Lyon , in-4- , en 1672; j'ignore où Portai a retrouYé cette date, mais il ne paraît pas avoir vu cette édition par lui-înemé; et très probablement il s'agit des Cinq livres de chirurgie publiés à \^ même date, mais à Paris et in-S" suivant Haller, édition sur laquelle je n'ai eiicore pu mettre la maip , malgré toutes mes recherches.

J'ai oublié 4e dire que l'édition de i552, de la Manière de traiter les plajes d'Jiacq^ uehutes , se trouve à la Bibliothèque royale , à celle de l'Arsenal et à la Faculté de inédecine.

Pour le Traité de la peste de i568, je n'en connais qu'un exemplaire unique fort bien conservé ; il est à la bibliothèque Sainte-Geneviève, T., 940.

Relativement au texte de Paré , je commencerai par relever quatre fautes d'impression un peu plus graves que celles qui ne consistent que dans une lettre soustraite ou surajoutée , ou mi^e en la place d'une autre.

Dans le tome II , page 2 ig, on lit à pliisieurs reprises : le capital des cautères; le mot propre est capital, du latin capitellum.

Page 5i4, deuxième colonne , ligne 29. : liure troisième ^ des maladies traitant; lisez : liure troisième de^ maladies , trg^itant , etç,

Au tome lH, page 54 1 , deuxième colonne, sixième ligne, quatre lettres ont sauté ; lisez : sont tousiours chancreux.

Accident semblable à la page 710, première colonne , .dernière ligne ; lij^g : l^eaupmpi 4^ soldcUs,

3ivi puéface.

Mais la plus grave tic toutes ces fautes , celle que j'ai gardée à dessein pour la dernière , parce qu'elle donnerait lieu à un l'àclieux anachronisme dans l'hisluirc de la chirurgie , se trouve à la page 23o du tome II. On y lit l'histoire de Pirou Garbier, auquel fat coupée la ïambe dextre quatre doigts au-dessus du genoûil; c'est quatre doigts au-dessous qu'il faut lire. A la vérité, l'erreur aurait été rectifiée par ceux qui auraient lu , deux pages plus loin , la grande note où je montre qu'au xvi" siècle on n'osait faire l'amputation de la cuisse , ni môme peut-être celle du bras. La première mention que je connaisse de l'amputation de la cuisse ne remonte qu'à Fabrice de Hilden-

Quelques autres rectifications m'ont été imposées par une circonstance dont je n'ai pas été le maître. En commençant mon édition , j'avais trouvé dans la bibliothèque de feu M. Richerand un exemplaire assez mal en ordre de la quatrième édition des œuvres complètes; mais quand j'eus appris à M. Richerand la rareté et le prix de cette édition, comme dernière édition originale , il se sentit pris tout d un coup d'une telle tendresse pour son volume , qu'il ne voulut plus me le confier. Il en est résulté que , pour mon premier tome et le commencement du deuxième jusqu'au livre des Playes d' harquebuses ^\q, n'ai pu indiquer que rarement si tel passage manquant dans la deuxième édition française , datait de la quatrième ou de la cinquième. Je vais rectifier à cet égard les notes qui en ont besoin.

NOTES DU TOME fUEMlEB.

Page 26, corrigez ainsi la noie : Tout ce qui suit manque dans les deux premières éditions.

Page 28, lisez : Ici, dans la quatrième édition et les suivantes. Page 30. première note : On lit dans toutes les éditions originales. Page 30 : Dans la quatrième édition et les éditions posthumes. Page 46 : même correction à la note.

Page 53 : Et le onzième de la quatrième édition et des éditions postlmmes.

Va<^c 55, ajoutez à la note : t.e paragraphe en quesiion est de 1585.

Page 76 : Dans les deux premières éditiom et l'édition latine.

Même correction ix la page suivante, cl en général , excepté dans les notes

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