‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 315 sur 515 · CHAPITRE XVil · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVil

PliEVVE FAITE PAU RAISON.

Venons maintenant à la raison. Tout ce qui résiste aux venins est cardiaque et propre à corroborer le cœur.

Rien n'est propre à corroborer le cœur, sinon le bon air et le bon sang : pour autant que ces deux choses seulement sont familières au cœur, comme estant l'officine du sang artériel et des esprits vitaux. Or estil que la corne de Licorne n'a aucun air en soy, ny aucune odeur, ou bien peu, estant toute terrestre et toute seiche. D'auantage elle ne peut estre tournée en sang, parce qu'elle n'a ny chair, ny suc en aoy : qui est cause qu'elle n'est chyliflée, ny par conséquent sanguifîée '.

Il s'ensuit doncques qu'elle n'a aucune vertu pour fortiQer et défendre le cœur contre les venins.

Tout ce paragraphe est extrait presque textuellemcni, Uuchapitre de lû79.

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DISCOVRS

Voii e-mais, dira quelqu'vn, en tant d'opiates, elecluaires et epithemes que l'on fait pour le cœur, qu'y a-il de tel , qui contienne en soy vn bon air?

Si a : sçauoîr est, les conserues de bourache, bugloss«, -violiers de Mars, de roses, do fleurs de rosmarin, la confection d'alkermes , le mitbridat , le theriaque, l'ambre, le musc, la ciuette, le safran , le camphre et semblables , lesquels mosme l'on délaye en bon vin et fort vinaigre , en eau de vie, pour appliquer sur lecœur, ou pour donner en breuuage. Toutes lesquelles choses sont en soy, et rendent de soy vue odeur, c'est à dire,vn air ou exhalation fort souëfue , bénigne et familière à la nature et substance du cœur, en tant qu'elles peuuent engendrer, multiplier, esclaircir et subtilierles esprits vitaus,pai'similitude de leur substance aërée, spirituelle et odorante.

Ouy, mais au bol d'Arménie, en la terre sigillée , en la corne de cerf, en la raclure d'yuoire et de corail, n'y ail rieu de spirilueus et aëré?

Noncertes. Pourquoy donc sontils oîis veatd'e les remèdes cardiaques? Po4irce qu-e de leur faculté et vertu as-U' Lia génie fondée en la lerrestrité de Jour substance, ils ferment les j conduits des veines et artères, par ' iesqweiles le venin et aii* peslilent ! jMîurroit estre porté au cœur. Car ; ainsi sont-ilsordonnésproQ-tablemenl •aux flux de sang vuidanges immo- ' derées. Ils sont donc appelles cardiaques, non pas que de soy et par soy | ils fortiOent la substance du cœur ; ^ar aucune familiarité ou similitude, mais par accident, parce qu'ils bou- !

chent le passage à Tennemy, l'arres- , tafit en diemin , à ce ^u'il Ae«e iette ; dedans la citadelle 4* Ja vie. i

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