‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 316 sur 515 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

DES PEKLES ET PIEttHES PUECIEVSES, SVI- VANT 1,'OPIjNION DE lOVDEIlT.

Quant aux perles et autres pierres précieuses, ie suis de l'aduîs de monsieur loubert , Médecin ordinaire du Roy, lequel au chap. 18. d'vn traité qu'il a escrit de la Peste^ dit ainsi :

le ne sçay que ie doy dire touchant les pierres précieuses, que la plus grand'parl des hommes estiment tant, veu que cela semble superstitieux et mensonger d'asseurcr qu'il y a vne vertu incroyable et secrette en elles, soit que on les porte entières sur soy, ou que l'on vse de la poudre d'icelles.

Or icy ne veux-ie encore oublier à mettre en mesme rang l'or potable , et les chaisnes d'or et doubles ducats qu'aucuns ordonnent mettre aux restaurans pour les panures malades:

attendu qu'il y a aussi peu d'asseurance qu'en la licorne , voire moins.

Car ce qui n'est point nourri , ne peut bailler nourriture à autruy. Or il est ainsi que l'or n'est point nourri. Pai-quoy il semble que ce soit vne pîperie de luy allribuer la vertu nuti itiue, soit qu'il snit réduit en forme p0.table, qu'ils appellent, ou qu'il soit feouilli auec des restaurans ».

Or on médira qu'après auoir fait bouillir des escus ou autres pièces d'or aux restaurans, ils ne seront de mesme poids qu'ils estoient auparauant : ie le confesse, mais ce ne sera que l'or soit en rien diminué par l'ebullition: ainsquerexcrementqu'auront accueilli les pièces d'or , pour auoir esté long .temps maniées ou por-

1 Le chapitre se terminait là en J.i>82» le reste est de 1&85.

DE LJL

téesdu peuple, voire des verollés, ladres, et vioiLles harangeres, pourra estre demeuré dans les reslaurans.

D'abondanl il y aencore vue grande piperio que les bons maislres quintessenlieux font pour l'aire leur or potable, qu'ils disent metire aux restaurans : c'est que d'vne chaisne de trois ou quatre cens escus passée par l'eau forte, en dosroberonl quinze ou vingt escus, qui fera diminution d'autant de poids, et font accroire aux niais que ledit or est diminué par l'ebuUition, Qui pourra se garder de ces bailleurs de baliuernes, affronleurs et larrons, ce sera bien fait.

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