‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 325 sur 515 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DE LA QVATRIÉME FACVLTÉ DES MEDICAMENS.

La quatrième faculté diffère des précédentes , à cause qu'elle ne dépend d'icelles , ny n'a aucune qualité

manifeste ny élémentaire pour faire son action : mais par vne propriété et vertu occulte, monstre son effet en vne partie piusqu'en l'autre, ou purge vn humeur plustost que l'autre: ce qui se connoist seulement par expérience, comme ja est dit du médicament vomitif. Et pourtant les medicamens de ceste quatrième faculté ont les noms des parties que plus elles aident entre les autres.

Cephaliques ou capitales, c'est à dire, delà (este : tels sont betoine, mariolaine, sauge, stœchas, rosmarin.

Pulmoniques . pour le regard des poulmons : comme reglisse, amandes douces, iris, tragacanth, enula campana, et autres.

Cordiaux, pour le cœur , comme cinnamome,escorce de citron, saffran, buglosse, corail , iuoire et autres.

Stomachiques , qui ont esgard au ventricule eteslomach, sont poyure, gingembre, noix muscade, menthe, anis, mastic et autres.

Hépatiques, qui aident lefoye.sont absinthe, eupatoire ou agrimoine, spica nardi, cichorium, santal, etc.

Spleniques, qui font leur opération à la ratte, sont thymus, flos genistw, ceterach, epi.thym,us, cortex tamarisci, cortex radicum capparis.

Ceux qui ont esgard aux reins, ou les nephritiques, sont rad'ccs apij, asparagi^ fœniculi, brusci : scmina quatuor frigida maiora : terebenthina , plantago, saxifraga, etc. j Arthritiques^ qui regardent lesioinlurcs,sonlceux-cy, chamœpitys,herba paralysis, enula campana, calamcnthum, hermodacty H, elc.

Entre ceux-cy peuuent estre racomplés les medicamens purgatifs, qui ne purgent pas les humeurs de nostre corps par leur chaleur , froideur, siccité ou humidité : mais de

tout leur tempérament vertu spéciale ou occulte Siaçoit qu'ils ayent esté mis auec ceux de la troisième faculté : car ils besognent au corps humain par propriété speciflque, et souuent plus en vnc partie qu'en l'autre : comme pour exemple, l'agaric tire plus le phlegme des iointures de la teste que des autres. La rheubarbe est plus propre à purger le foye et reins qu'autres parties.

Les hermodaltes tirent principalement des iointures : et ainsi des autres. La contemplation entière des purgatifs ie délaisse à ceux qui du tout s'exercent en icelle, pour tant

qu'ellen'appartienttantà la Chirurgie.

Or des medicamens susdits aucuns ont vne faculté simple, autres en ont plusieurs, autresenont deux contraires, comme sensiblement nous connoissons par les saueurs contraires qui en goustant se manifestent: ainsi qu'appert en la rheubarbe, laquelle en la superficie se monstre amere et chaude, et puis monstre à la fin vne astriction de sa substance terrestre et crasse. Et pour raison que par les saueurs, les facultés et effets des medicamens sont certainement conneus, estans simples et attiédis appliqués sur la langue, à fin que le sens du goust(iuge desdites saueurs) en puisse iuger, nous dirons à présent des saueurs.

» Cette phrase incidente : qui ne purgent vas, etc. , a été ajoutée ici en 1585.

DES MEDICAMENS.

forme et

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