‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 327 sur 515 · DES MÉDICAMENS · texte numérisé non relu

DES MÉDICAMENS

suppure, laxc, appaise les douleurs :

comme sucre, miel, manne, amandes douces, laict, et les autres.

Saueurs chaudes.

La salée chaude, astringente, moins terrestre que l'amere , fait contraction des porosités, restreint, preserue les corps de putréfaction, desseiche sans apparence de grande chaleur, di gère , deterge, serre. Tontes espèces de sel , salpestre , sal-nitre , sel am moniac sal gemme , sel commun , eau salée , et semblables qui retien nent la saueur salée.

L'amere chaude, terrestre et desseichante 2, purge, deterge la sanie des vlceres et les humeurs superflus du corps, ouure les porosités et oriii ces des veines, subtilie, incise les grosses humeurs, prouoque menstrues et hemorrhoïdes. Elle se mons tre en aloé, fiel, absinthe, suye, gentiane , centaure petit , fumeterre, et autres semblables.

L'acre chaude et subtile, de nature du feu , eschauffe , attire , seiche, de terge, incise, atténue, digère, purge, prouoque les vrines et menstrues , sueurs : consume, liquéfie, fait vescies et eschares , cautérise et brusle Aulx, oignons, squilles, porreaux , poyure,moustarde,pyrethre, et semblables , représentent la saueur acre Outre le iugement des saueurs, l'on peut aussi connoistre les medicamens par les autres sens naturels exte rieurs, comme par l'attouchement, la veuë , l'ouye, et le flair : par lesquels quelquesfois nous iugeons de leur bonté ou malice en l'élection , souuentesfois aussi de leurs qualités ac

1 L'édition de 1576 ajoutait ici : sel alcahj. * Edition de i575 } L'amere chaude et terrestre , aslringenie.

tiues, combien que le iugement en soit beaucoup incertain.

L'attouchement iuge des choses rudes, ou polies et douces à la main :

dures ou molles , tendres et gluantes:

lubriques et glissantes, ou arides et seiches: chaudes ou froides, humides ou seiches , pesantes ou légères.

La veuë iuge des couleurs par vne splendeur estant és corps , pour laquelle distinguer les yeux sont ordonnés : de là nous estimons vn bon sené qui tire sur le noir verdoyant, et n'estimons le blanchastre. Toutesfois quant aux qualités premières des medicamens , le iugement pris de la couleur est fort fallacieux : car tous medicamens blancs comme neige , ne sont froids : ains aucuns chauds, comme la chaux : les autres froids.

Aussi medicamens rouges sont en partie chauds, comme chalcanthum calciné : autres froids, comme roses rouges. Parquoy d'icelle nous ne ferons grand compte pour le iugement des medicamens.

Le flair discerne l'odeur bon du mauuais, et les qualités chaudes qui se treuuent és euaporations des medicamens qui ont odeur : car en tant qu'ils ont odeur, ils sont chauds, veu que tout odeur est chaud.

L'piiye iuge des sons , moyennant l'air extérieur. Icclle pour l'élection du médicament discerne les choses pleines des vuides, comme les basions de Casse, noix d'Inde, pierres d'aigles, elles autres.

Nous auons iusques à présent déclaré en gênerai les facultés des medicamens, première, seconde, troisième, quatrième , et la connoissance et iugement d'icelles : à présent faut déduire en particulier aucunes facultés et vertus de la seconde et troisième faculté , ù raison que pour le respect

53î2 ï-r: VINGT-CINQVIÉME LIVHE ,

de telles facultés les inedicamens viennent el sont en vsage iournalier et ordinaire entre les Cliirurgiens :

commençant aux medicamens repercussils, ayant toutesfois, premièrement , et en briel" , touché la façon de les préparer.

Encore ne veux oublier à descrire les choses odoriférantes que les Chirurgiens vsenten la composition des medicamens , auparauant que parler de la façon de les préparer : c'est à sçauoir, musc , ambre gris , ciuette , ligmmalocs, assaodorala, galcmga,

spica nardi , macis , styrax calamité , clou de girofle, muguelte, souchet , iris de Florence , camphre , fleurs de lauande , de rosmarin, de camomille, de melilot, thym, fleurs d'oranges, marjolaine, menthe, hyssope, et plusieurs autres

1 Ce paragraphe ne date que de 1585.

Quunl à la table qui suit, et qui constitue le chapitre 8, elle a été ajoutée en 157'J ; toutefois il est bon de noter que ce chapitre 8 a été omis dans la table des chapitres jusque dans les dernières éditions.

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