DES FOMENTATIONS
Fomentation est vne euaporation ou estuuement, faite principalement pour amollir, relaxer et appaiser douleur, des medicamens relaxans , emolliens et anodyns , à fin que par sa chaleur elle puisse incontinent eschauffer, digérer et maturer. Icelle est seiche ou humide. La seiche ne diffère point des sachets , desquels nous dirons cy-aprés : partant icy nous n'en dirons rien , mais seulement traiterons de l'humide, laquelle est faite de raesme matière que l'embrocation , sçauoir est, d'herbes, racines , semences , fleurs emollientes , relaxantes et digerentes, cuittes en eau et vin : et diffère seulement de ladite embrocalion, quant à la manière d'appliquer. Les racines de guimauues, mauues, de lis. Les semences de mauues, guimauues, persil , ache , de lin , fœnugrec. Les fleurs de camomille et melilot, figues. Lesquelles choses sont mises en telle quantité qu'il conuient , et sont cuittes en eau, vin ou lexiue, en plus grande quantité ou moyenne , selon que la partie et maladie le requiert : aucunesfois iusques à la consomption de la moitié, quelqucsfois iusques à la troisième partie, ce que connoistras par les exemples.
DES MliDICAMENS Fomentation emolUenle et resotuentc.
ij
:2f. Radicis bismaluœ et liliorum ana § Sem. lini , fœnugr. cumini ana 5. iij.
Flor. camom. meliloli et aiiethi ana p. j- Summitatutn origani m. ù,
Decoquant. in œquis partibus aqua; et vini, aut ij. parlibus aqua; et vna vini, aut in lixiuio ciueris sarmcntorum, ad lertiae partis consumptionem, et fiât fotus.
A ceste exemple pourras escrire autres fomentations à autre vsage , selon ta nécessité.
Or nous vsons des fomentations auant qu'vser des cataplasmes ou onguens, à fin d'ouurir les pores, relaxer les parties, et subtilier l'humeur, de sorte que la voye soit préparée aux autres remèdes. Elles sont faites en toutes parties du corps : mais ne faut vser d'icelles sinon après la purgation du corps, de peur qu'elles n'attirent d'auantage d'humeur et sang à soy, qu'elles ne puissent digérer.
L'application et manière d'vser desdites fomentations est telle. Aucunesfois l'on trempe vne esponge femelle (car telle est plus lice et douce pour son égalité que l'esponge masle ) en ladite décoction chaude, ou feultres , ou linge , puis est espreinte et appliquée iusques à ce qu'elle est refroidie , et de rechef est trempée , et souuentesfois appliquée. Aucunesfois l'on emplit à demy de la fomentation chaude vue vessie (laquelle principalement est appliquée aux costés ) ou vne bouteille , à fin que la chaleur soit gardée plus longuement en la partie : auec telle caution toutesfois, que telle bouteille , soit d'airain ou de terre, soit enueloppée de quelque chose molle et douce, comme laine surge *■ cardée , ou autre sem-
' Laine surge ;\e latin traduit: iaîia succida.
blablo matière, de sorte que ledit vaisseau , ny de sa granité, ny de sou aspérité n'offense la partie dolente , comme admoneste Ilippocrates au 2.
De diaila in aculis.