‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 357 sur 515 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

DES EMBROCATIONS.

•Embrocation selon les Grecs, ou irrigation selon les Latins , est vn arrousement, quand d'en haut à la similitude de la pluye l'on laisse distiller quelque décoction sur quelque partie, principalement aux affections de la teste , enuiron la suture coronale , tant pource que par les ouuertures manifestes de telle suture , la vertu du médicament est portée plus aisément au dedans , qu'aussi pource que le crâne enuiron ce quartier est plus mince qu'en aucun autre endroit.

La décoction conuenable à faire embrocation , est faite de racines , fueilles , fleurs , semences , fruits , et autres semblables medicamens choisis selon nos intentions, lesquels sont cuits en îiure et demie, ou en deux liures d'eau et de vin, iusques à la consomption de la moitié ou de la tierce partie. Aucunesfois on fait embrocations de lexiues et saulmures desseichanles, pour les maladies froides du cerueau : souuentesfois aussi elles sont faites d'huile seule, ou de vinaigre auec huile , si c'est pour la teste : vn exemple seul suffira pour t'en donner la connoissance.

Embrocation reperctissiue.

"îf. Foliorum planlaginis et solani ana m. j. Serninum portulacoj et cucurbi tœ ana 3. ij .

Myrtilloriim 3. j.

Florum nymphaia; et rosarum ana p. û .

Fiat (lecoctio ad îb. j. ci qua irrigetur pars inflammala.

Pour répercuter aussi pourra estre faite embrocalion d'huile rosat auec

Nous vsonsdes embrocations , afin que la partie la plus subtile puisse pénétrer auec l'air qui est attiré par les artères • : au moyen de quoy la partie est euentilée et aucunement rafraîchie , qui est cause que telles embrocations ont plus de lieu aux maladies froides que chaudes. La manière d'en vser est quand, ou par la crainte de flux de sang , ou pour vn os rompu nous ne voulons de faire la ligature, ains espreignons de haut vn linge ou du cotlon trempé en décoction ou huile conuenable à noslre propos , sur la ligature : car le coup est rompu par les bandes. Aucunesfois nous imbibons le linge ou cotton , et en touchant la partie nous faisons embrocalion. Toutesfois pour en parler à la vérité, telle chose mérite plusiost le nom de fomentation humide que d'embrocation , comme l'etymologie du mot grec le monstre euidemment.

LE VmGT'CINQVIJÉME LIVRE,

poudres appropriées au foye , au cœur et au thorax, ausquelles on adiouste du vin plus ou moins , selon que l'affection iioide ou chaude le requiert. Car lors qu'il faut eschauffer, on adiouste d'auantage de vin , comme en la syncope prouenante de quelque grumeau de sang, de corruption de sperme, de venin froid pris par la bouche (le contraire se doir pratiquer és fléures ) aucunesfois de la maluoisie, aucunesfois du vinaigre. Les herbes et autres medicamens simples, conuenables aux parties internes, ont esté descrits au chapitre de la quatrième faculté des medicamens : on vse toutesfois le plus souuent des poudres d'electuaires composés , comme (ïelectuarium triasantali pour le foye> diamargariti pour le cœur.

En la composition des epîthemes , les praticiens vsent de telle proportion : pour vne liure de jus et eaux , ils mettent vne once ou vne once et demie des poudres, y adioustant quelquesfois du vinaigre iusques à demie once , et de la maluoisie ou vin iusques à vne once ; ce que connoistras par vn exemple suiuant.

Page 1