CHAPITRE XLllI
DES ESTVVES.
Les estuues sont seiches , ou humides. Les seiches sont faites auec vue euaporation d'air chaud et sec , qui en eschauffant tout le corps ouure les pores d iceluy, et esmeut sueurs. On peut exciter et faire telle euaporation d'air chaud et sec en plusieurs manières : communément et publiquement est faite, tant en cesle ville, qu'en autre lieu où sont estuues publiques, auec vn fourneau vousté sous lequel on fait grand feu, à fin que ledit fourneau estant eschauffé, puisse faire telle euaporation. Toutesfois chacun en peut faire parliculicre-
1 Ce paragraphe a 6l6 ajoute en 1579.
602 LE VINGT-CIIfQVIÉMfi LIVRE
ment, aue^ telle industrie et artifice.
On peut mettre en vne cuue des pierres de grais rouges et ardentes, entre lesquelles sera assis nud le patient bien couuert, et l'exhalation seiche desdits grais estant ainsi enclose en ladite cuue, escliauffera et esinouuera sueurs : toutesloisdepeur que les grais ne bruslent la cuue , les faut poser sur tuilles ou lames de fer. Et d'auantage , faudra auoir diligemment esgard au patient, et l'entreuuir de fois à autre : car il est aduenu quelquesfois qu'iceux , par nonchalance des assistansou gardes, estans délaissés seuls, venans subitement à s'esuanoùir par trop grande dissipation des esprits, causée par la chaleur de l'estuue, et tombans sur les pierres ardentes, ont esté retirés demy-moils et bruslés.
Aucuns prennent telles estuues seiches en vn four, après qu'on a tiré hors le pain : mais elles sont fort incommodes , à cause que le malade n'y peut pas demeurer à son aise.
Les estuues humides sont faites auec vne vapeur ou fumée chaude et
Figure d'vne Cane à double fonds auec ses tuyaux et marmite , propre pour receuoir les
estuues humides.
humide : telle vapeur se fait par décoction des racines, fueilles, fleurs et semences des herbes, lesquelles on fait bouillir auec eau ou vin, ou tous les deux ensemble, en vne marmite bien close et lutée, et l'ebullition et vapeur de telle décoction est conduite par tuyaux et canaux de fer blanc, lesquels s'insèrent en vne cuue ayant deux fonds, dont le second est troué et percé en plusieurs endroits, à fin que ladite vapeur ait sortie de toutes parts, et puisse eschauffer et ouurir les pores du corps pour suer. La cuue sera bien garnie de couuertures par dessus : le patient aussi ayant la teste couuerte, et hors de la cuue , s'asserra sur vne petite selle dans ladite cuue , et suera à sa volonté, auec telle chaleur qu'il luy plaira. Car la chaleur est modérée par le bénéfice d'vn trou estant au haut des tuyaux , lequel on destoupe lors que la chaleur est trop grande , autrement non : telle vapeur est fort plaisante à sentir, et donne plaisir en suant, comme tu peux voir par ceste figure
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» Cette figure manque dans l'édition de ^ 1575 j mais c'était par un pur oubU , car on
Si l'on n'a tels tuyaux, on peut faire telles cstuues humides, ainsi qu'il s'ensuit. Faut faire cuire les herbes en vn cbauderon , puis les mettras aux pieds du patient en la cuue, estant bien couuerte par dessus : et pour exciter vapeur humide, faut mettre pierres de grais ardentes dans le chauderon : car elle boiiillira en la décoction, et excitera grandes vapeurs humides qui esmouueront sueurs.
DES MEDICAMF.IfS.
la couleur sera vermeille