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mach , râtelle , reins , cl seinblablement le poil de la barbe , de la leste, et d'autres parties , voire les ongles , lesquels i'ay apporceus euidemment croislre , après les auoir par diuerses fois rongnès *.
Par ces miracles en la nature ( tels osé-ie les appeler, puis que les corps priués de leur ame et substance , qui est le sang , poussent cncor leurs excremens, à scauoir le poil et les ongles ) ayant fini mon œuure , i'ay eu aussi esgard à l'ordre tenu en la poursuite d'iceluy. Car ayant déclaré ce qui estoit nécessaire pour la conseruation de ce corps estant en vie, et pour le remettre en vigueur , y ayant quelque altération : c'estoit bien raison aussi que la fin de ce Discours fust du corps mort , et des moyens de le conseruer en son entier sans pourriture , et sans y employer des frais si exorbitans que faisoient iadisles Roys (par trop scrupuleux) d'Egypte, qui employoient toutes les drogues aromatiques que l'Orient produit , pour embaumer leurs corps : et dressoienl des basli-
' L'édition de 1575 ajoutait ici : «La figure duquel t'est encore ceite fois représentée tant du deuant que du derrière. L'explication des lettres ont esté déclarées cij deuant en l'Anaiomie. » On voyait en effet à la suite une figure intitulée : Figure d'vn corps anutomisé et embaumé il ij a vingt-cinq ans et plus, sans sentir aucune feteur.
C'était un sujet debout, couvert de la peau du côté gauche, les muscles disséqués du côté droit, et du reste la môme figure qu'il avait employée dans son analomie pour la démonstration des muscles j ce qui fait douter que vraiment ce fût là le dessin de son cadavre. Au reste , celle figure fut effacée en 1579, et le livre comploté par le long article que j'ai reproduit.
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mens admirables pour leur scruir de sépulture
Ayant donccondiutmonœuuro iusqu'à la fin et période, et en iceluy (par la grâce de Dieu) tout ce que i'ay pu ramasser, tant des anciens qui ont scou vrayement la chirurgie, que des médecins, hommes expérimentés, et de ce que moy-mesme en ay pratiqué : ie prieray tout lecteur bening-, candide et de bon naturel, de s arresler plus à ma bonne intention que aux fautes qu'il ponrroit Irouuer en mon liure. Car estant homme, comme ie suis, il est aussi impossible que ie ne sois suiet à faillir, n'y ayant rien de parfait parmy l'imperfection des choses de ceste masse terrestre. Et ie proteste que ie n'ay rien fait, ny pour desplaire, ny pour paroislrc plus ha-
1 Là se termine le livre clans lYdition de ISSôeldans toutes cellcsquiontsuividepuis.
ÏVIais en 1579, Paré complétait son œuvre par une sorte d'épilogue , où il se montrait tout entier, modeste, mais confiant en sa force, amoureux de la gloire, non seulement pour lui-même , mais pour son pays ; animé suriQut du désir d'èire utile, et rendant à Dieu un pieux hommage des talents qu'il en avait reçus. La traduction latine faite sur cette édition de 1679 n'avait gardé de ce morceau que les lignes suivantes, où l'on ne reconnaît pas même la pensée de Paré.
Aique iminensi hiijus noslri laboris hœc metajiœc per Dei gratiam sil requies, mi soli optimo maximo, immorlali, cl imdsibili honor et gloria in sœcula sœculorum. Amen.
Pourquoi cet épilogue fut-il retranché en 1686? Probablement parce que la Collection ne finissait plus en cet endroit , se trouvant alongée et complétée par la grande Apologie. Mais comme le vrai Canon scientifique de noire auteur se termine avec le livre des lîapporis , je n'ai pas voulu dérober au leile un des morceaux les plus remarquables de pcns::e et de style qui soient sortis de la plume d'A. Paré.
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bile que les autres : seulement à fin que la connoissance des choses que Dieu m'a donnée ne demourast enseuelie, et que ce thresor peust profiter et à ceux qui ores viuent et à la postérité : croyant que si i'eusse teu et supprimé cecy, mon nom eust plus mérité de blasme que de los > , puisque i'eusse enuié le salut à nos neueux , et dénié aux suruiuans ce de quoy l'expérience m'a fait largesse.
D'autant que nous ne sommes nés pour nous seuls, ains pour profiter aux autres , et que la raison veut qu'on connoisse à l'auenir que nous auons esté quelquesfois, en laissant à la posloriici vne viue mémoire de nos- Ire estre et de noslrcdiligence. Au surplus, si i'ay fait quelque faute , ou dit des choses mal séantes ou desplaisantes ( comme iî esl impossible de complaire à chacun } on me fera vn singulier bien, plaisir et faneur de marquer le lieu de ma faute, et m'en informer (;hreslienneinenl,et sans vser d'inuectiues et paroUes médisantes , et m'aiderdes raisons qui seront à leur censure : d'autant que tout vieil que ie suis , encor veux-ie imiter Socrate et les autres anciens philosophes, et apprendre l'amour, quoique i'aye (comme l'on dit) vn pied dedans la fosse. Et ie proteste à foy d'homme de bien de leur en sçauoir bon gré , leur en rendre grâces, et de corriger ma faute, si auec raison ils me monstrent que ie ne la puisse défendre , sans que ie m'opiniastre ni aheurte en mes seuls aduis , ou que ie sois vn présomptueux louangeur de ce que i'entens ou de ce que ie sçay faire. A tant ie metlray fin , suppliant Dieu qu'il luy plaise adoucir le cœur de ceux qui me portent haine , et les réduire
1 <^)((C de los , que de louange.
DK I,A FAÇON D EflIBAVMER LES COUPS MORTS.
à faire comme moy , et à publier ce qu'ils sçaucnt à la gloire de sa diuine Maiesté, et profit dos François et lionneur de la France : laquelle sera de laut plus illustrée parn>y les nations eslranges qu'il y aura de sçauans escriuains nés , nourris, et instruits en icelle , et que les eslrangers auront
de moyen de puiser lesçauoir et l'expérience és escoles et Vniuersités de ce royaume. Prie aussi ceste diuine bonté qu'il luy plaise dresser nos actions selon sa sainte volonté, et me faire la grâce qu'elle ait mon seruice pour agréable.
APOLOGIE, ET TRMTE