CHAPITRE VII
DV GOVVERNEMENT DES MOVSCHES A MIEL.
Elles se gouuernent en leur fait comme s'ensuit : de iour elles font faire le guet à la porte, et reposent de nuit iusques à ce qu'vne les reueille auec deux outroissonsde leurs bourdonniemens, comme d'vne trom-
1 Ges derniers mots et peiu-on dire, elc, ont élé ajoutés eh J586.
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pettequi leur commande ainsi qu'en vn camp : lors s'assemblent pour voir s'il fera beau temps: et s'il fait beau , sortent et s'en vont en queste. Les vues apportent les fleurs à leurs pieds et cui.sscs , les autres de l'eau en leur bouche : les autres qui ont encore quelque menu poil, apportent l'eau sur leurs corps en forme de petite rosée. Et ainsi chargées entrent dedans la ruche, où promptement il y en a qui les deschargent, puis les distribuent aux lieux cl places à ce ordonnées. Or celles qui vont aux champs, sont les plus ieunes et menues : que si de fortune estans dehors il s'esleue vent, attendent qu'il soit passé pour estre plus aisément con duites. S'il dure trop et qu'il leur soit contraire, se chargent d'vne petite pierre de peur d'estre emportées , et volent bas contre la terre.
Elles sont fort vigilantes en leurs affaires, et ont l'œil sur celles qui sont faitardes et ne font rien , et quelquesfois les chastient iusques à la mort. Les vnes basassent , les autres polissent, autres apportent viures. Elles commencent à baslir en leurs ruches, en voûte, d'vn artifice merueilleux, depuis le bas iusques en haut du plancher, laissans deux limites , l'vne pour l'entrée et l'autre pour la sortie : et viuent toutes ensemble, à fin qu'il n'y ait inégalité entre elles, ny en viandes , ny en trauail. Elles tiennent leur manoir fort nettement, iettans toutes ordures dehors : et ont vue chose encore digne d'estre bien notée , c'est qu'elles chassent de leurs ruches les bourdons et les abeilles bastardes, qui ne leur seruent de rien sinon à manger leur miel et à gaster leur ouuragc, et partant elles les chassent et les tuent comme leurs ennemis. Celles qui ont
ET DE l'excellence DE l'hOMAIE,
perilu leur aiguillon , sont du tout inutiles, et peu après linus onlraiUes sorlcMit et meurent. Kilos sont t!o t;ranil prolit à leur;! uiaisiros, leur laissans cire et miel,
Ai'islomaclius philosophe Oit en auoir nourri cinquante huit ans, auec Ircs-grantle diligence, pour connois- Ire tout ce qu'elles faisoient, et dit. qu'elles sont compagnables et associalîles ensemble do leur nature',