‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 441 sur 515 · LE LIVRE D · texte numérisé non relu

LE LIVRE D

pliiie et indusli'io dos Fourmis ? si n les faul-il pas passer sans en j)arler aucunement : iN'alnren'apointde plus grand miroir des grandes et excellentes choses : car en iccluy reluit le signal de toute vertu, comme en vne pure gouttelette. Geste communication qu'elles ont entre elles, est l'image d'amilié : cesle force et allégresse qu'elles ont auxtrauaux, est vne image de force et magnanimité :

somme , elles ont beaucoup de semence et de lesmoignage de tempérance, et de prouidence, etdeiustice:

chacun peut connoistre leur beneuolence lors qu'elles se rencontrent, quand celles qui sont vuides font place aux chargées, à fin qu'elles passent à leur aise : quand aussi elles partissent en beaucoup de pièces vn fardeau trop pesant , ou à porter ou à traîner :semblablement quand elles mettent les grains au soleil pour les faire seicher, lors qu'ils sentent qu'ils se nyellent, ou Uetrissent, ou pourrissent. Et encore d'abondant le seing qu'elles ont que leurs grains ne germent, surpasse tout entendement :

car elles rongent le uombril du grain, qui est la partie par laquelle il iette li; germe, le chaslrant long temps deuant On dit que la première descente et entrée de leurs cauernes n'est pas droite, à (in qu'il n'y eust point d'autres besles qui y peussent aller , mais qu'elle est tortue, auec de grands retours et circuits , ayans plusieurs sentiers de trauers, lesquels se rendent en trois cauernes : l'vne est celle là où elles fout leur assemblée etparlemens: l'autre où elles retirent leurs prouisions de toute l'année : et la tierce est le cimetière des morts. B'auanlage iamais ne font mal les vues aux autres , et viuront cent mille ensornI)ie en leurs petites cauernes de

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terre : et deux hommes le plus souuent ne peuuent viure en paix dans la republique. »

Voila ce qu'en escrit Plutarque.

Les mousches à miel, les fourmis, et d'autres animaux recueillent pour riiyuer, et semblent auoir quelque ombre de raison : mais ce qu'elles font n'est seulement que par vn instinct naturel, et non par prudence. Les bestes appellées insectes sont comme fourmis et autres petites bestioles, pou rce qu'elles ont des incisions, taillades ou decouppurcs par dessus le dos ou par dessous , ou en tous les deux, qui sont accouplées et coniointes d'vn petit filet creux , selon Pline et Aristole^

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