‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 46 sur 515 · AVTRES HISTOIRES NON HORS DE PROPOS · texte numérisé non relu

AVTRES HISTOIRES NON HORS DE PROPOS

Aucuns estiment que ce soit vne chose monstrueuse de se lauer les mains de plomb fondu : mesme Boistuau en ses Histoires prodigieuses , chapitre huitième, recite que Hierosme Cardan , liure sixième De suitililate, en escrit ceste histoire comme prodigieuse.

Lors, dit-il, que i'escriuois mon liure des sublUes inuenlions, ie vis un quidam à Milan lequel lauoit ses mains de plomb fondu , et prenoit un

1 Ce chapitre existait déjà en 1573, non comme chapitre, mais comme appendice à celui des incubes et succubes. En 1585 il fut reporté après celui des noileurs d'aiguilleiies ; et comme il avait un titre spécial , il m'a paru plus naturel d'en faire un chapitre spécial.

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escu de chacun spectateur. Cardan taschant à rechercher ce secret en nature, dit que par nécessité il falloit que l'eau de laquelle il se lauoit premièrement les mains , fust extrêmement froide, et qu'elle eustune vertu obscure et crasse : toulesfois ne la descrit point.

Or depuis n'agueresi'ay sceu quelle elle estoit , d'vn gentil-homme qui la lenoil pour vn grand secret, et laua ses mains de plomb fondu en ma présence et deplusieursautres.dontiefus fort esraerueillé, et luy priay aflectueusement de me dire le secret : ce que volontiers m'accorda, pour quelque seruice que luy auois fait : ladite eau n'estoit autre chose que sonvrine, de laquelle se lauoit premièrement les mains, ce que i'ay trouué estre véritable , pour en auoir fait l'expérience depuis. Ledit gentil-homme en lieu de son vrine se frotloit les mains dCvnguentum aureum , ou d'vn autre semblable , ce que i'ay pareillement

EME LIVRE

expérimenté : et en peut-on donner raison, par -ce que leur substance cj'asse erapesche que le plomb n'adhère aux mains, et le chasse de costé et d'autres en petites papillotes. Et pour l'amour de moy fit d'auantage:

il print vne pelle de fer toute rouge , et ietta dessus des trenches de lard et le fit fondre , et tout flambant du degoust s'en laua les mains : ce qu'il me dit faire au moyen de ius d'oignon duquel auparauaut s'estoit laué les mains.

I'ay bien voulu reciter ces deux histoires (encore qu'elles ne soyent du tout à propos ) à fin que qu<ilque bon compagnon par ce moyen puisse gaigner la passade entre ceux qui ne sçauroient ce secret ^

1 Ce chapitre est suivi, dans les éditions anciennes, des histoires des Monstres marins et autres ; j'ai expliqué dans la première note de ce livre pour quelles raisons j'ai cru devoir les rejeter après le livre des Animaux. Voyez ci-devant, page 1.

LE VINGTIEME LIVRE

TRAITANT

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