‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 47 sur 515 · PREFACE AU LECTEUR · texte numérisé non relu

PREFACE AU LECTEUR

Amy lecteur , i'auois bien preueu que le traité des Fleures dont i'auois

1 La chirurgie proprement dite est terminée; nous entrons dans la médecine, et je n'ai pas cru pouvoir mieux commencer que par le livre des Fiéures,(\\ii , composé pour les chirurgiens et pour servir en quelque sorte de complément à leurs études , forme une transition naturelle aux autres livres purement médicaux.

Paré avait inséré un premier traité sur ce sujet dans la première édition de ses OEuvres complètes; il l'avait mis entre l'Anatomie et le livre des Tumeurs en générât; et nous avons vu dans notre Introduction , et il va rappeler tout-à-l'heure dans sa Préface les démêlés que cette hardiesse lui fit avoir avec la Faculté de Paris. Je dis hardiesse, et c'était en effet une innovation bien remarquable alors et trop peu remarquée depuis, que cette première tentative pour rallier la chirurgie et la médecine.

Dès l'édition de 1579, ce premier livre des fièvres avait disparu ; il n'en restait que quelques chapitres rattachés tant bien que mal à d'autres Uvresj et cette fausse indica-

autresfois fait voir quelque eschantilloii, donneroit occasion à plusieurs de reprendre etblasmer mon dessein:

en ce que le taschois d'instruire les

tion du catalogue, qu'on retrouve même encore dans la huitième édition :

Quant au liure des Fiéures, il a esté transporté et accommodé au liure des Tumeurs contre nature , pour mieux instruire le ieune chi~ rurgien.

Et enfin ce ne fut que dansla huitième édition, en iG28, que parut pour la premièra fois le Traiclé de toutes sortes de Fiebures , tant en gênerai qu'en particulier, aiiec les remèdes et curations d'icelles , treuué dans les manuscrits de l'autheur par ses en fans. Ceci est le titre du catalogue ; le titre placé en téte du livre même est celui-ci : Letrentiesme liure traictant des fiebures en getieral et en particulier : par ^mbroise Paré de Laual , conseiller et premier chirurgien du Boy , treuué dans les manuscrits de l'autheur , et adiousté en ceste nouuelle édition.

C'est ce livre que nous allons reproduire.

Le premier, ou celui de 1575, était beaucoup plus court et ne traitait pas non plus de tant de matières. J'avais pensé d'abord à le réimprimer en çnlier, comme j'avais fait

■yO LE VINGTIE

Chirurgiens en vne maladie qui n'est point de leur gibier, qui ne touche en aucune façon l'obiet de la Chirurgie, qui est hors l'estendue d'icelle, et qui appartient proprement au Médecin. On sçait assez ce qui est arriué sur ce suiet, sans que ie m'estende dauanlage, ou à respondre à leurs raisons , ou à m'excuser de mon des-

l^OUT La manière de extraire les enfans ; mais, outre l'intérêt beaucoup moindre de cette reproduction, j'ai bien vite reconnu qu'elle ferait double emploi , presque tout le texte primitif ayant passé dans le livre nouveau. Là où la rédaction différera sensiblement , je donnerai les variantes dans mes notes; pour le reste, j'indiquerai exactement les passages correspondants du texte actuel ; en sorte qu'au besoin on pourrait reconstruire en entier ce preiriier livre. Il convient seulement ici d'en indiquer la distribution générale. Il avait pour titre :

HVnE DES FIEVRES

recueilli de Galien, Fernel, et autres autheurs,

e), W se composait de J5 chapitres dont voiei les titres :

Ch. I»r. — Que c'est que fleure, et de ses causes. Ce chapitre a été disséminé par morceaux dans la préface et les chapitres 1" et 2 de la première partie du livre actuel.

^^j,, II. £)t> la fleure éphémère. — Il répond au ch. 7 de la première partie du livre actuel.

Ch. III. —Des fleures pulrides, premièrement de leurs caitses et e^ppces en gênerai. — Répond au? chapitres 12 et 13 du livre actuel.

Ch. IV. — Les signes des fleures putrides en gênerai. — Se retrouve tout entier dans up paragraphe du ch. 13 du livre actuel.

Gii. V. — La ciirqlion des fteures putrides en

gênerai. — Correspond au ch. 14, ■ ç,[. YI. — Be^ fteures d'accçz, et premièrement de la quotidiane inlertnillente, — On en retrouve un court fragment au cji, 1 7, et le reste au ch. 25.

Ch. y 11. — J^es (ieures tierces d'accès Qu ii>lemiiteiHes. — Disséminé dans les ehflpllr9( 10, 20 et Si <Ju livre mn^»

â'E LIVRE,

sein. l'ai trouué bon ^ la censure de l'escole de Médecine de Paris, comme estant celle qui nourrit et esleue les plus beaux esprits qui soient en la médecine, qui distribiie la pure et la vraye doctrine d'Hippocrateselde Galien, et pour mon particulier, qui

Ch. VIII. — Des fleures quartes. — Correspond au cbapiire 28.

Ch. IX. — Des fleures continues, de leurs espèces et de leurs signes. — Correspond au chapitre 17.

On, X. — Çure de la fleure synoche putride. — Correspond au chapitre 16.

Ch. XI. — De la (ieure ardente , espèce de tierce continue. — Correspond au chapitre 23.

Ch. XII. — Cure de la fleure quotidiane continue. — Correspond au chap. 26.

Ch. XIIL — Cure de la fleure (}uqrle continue. — Correspond au chap. 31.

Ch. XIV Delà fleure hectique, et de ses

différences , causes , signes et cure, i— Cprrespond au chap. 3&,

Ch. XV. — Pourquoij les accez des fleures inlermillentes reiçurnent ft- certains jours , sçauoir des quolidiunes tous lus iours, des tierces de trois en trois, des quartes de quatre en quatre iours. — açtuellenient le chap. 18.

De ces quinze chapitres, sept seulement avaient été conseryés en tout ou en partie dans l'édition de 1579 et les suivantes; savoir, le 2% le 3= et le 10= fondus dans le chapitre II du livre des Tumeurs pu gênerai ; les 7= , 6= et 8« constituant les 15= 24= et 85' du même livre (Voyez 1. 1=', pages 336, 341, 360 et 371 ) ; et enfin le 14= avait passé dans le livre des Plaije^ en particulier, où il faisait le chapitre 34. (Voyez t. II, page 103, ) Mais dans cette édition de 1579, il y avait eu dans ces chapitres conservés des modiOcations et des additions souvent importantes, dont Paré ne s'est plus souvenu en composant le livre actuel; j'aurai soin de les si$nal<?r Pî^ temps cl lieu.

1 Ceci est le texte de l'édition originale; celles qui yieniient npj-^s «IH l^'^ '■ ''"f i(d ùonwt

DES FII

m'a enseigné et donné ce peu de sçauoir que ie désire communiqiiei' aux autres. 'Mais ie n'ay peu ianiais gouster la réprimande de quelquesvns, qui pour auoir plus d'enuie à ma réputation que de bonne volonté de seruir au public, m'ont chargé de calomnie, accusé de plagiaire, et sans oùir mes raisons et prendre en bonne part mes desseins, condamné d'ignorance et de témérité. Pour la premiere,iene suis point si amaletir de moy-mesme et si esclaue de mes perfections , que ie ne confesse ignorer beaucoup de choses en la médecine, que pour beaucoup de difficultés ie n'ayepris l'aduis de quelques médecins plus sçauans que ie ne suis , que ie ne me sois serui de leur conseil et de leur labeur, et que ie n'aye profité beaucoup en leur conférence et communication. Mais pour la témérité, ie leur prie de croire que ie n'en suis non plus coupable , qu'eux ne le croyent estre en la censure qu'ils font de mes intentions.

Car pour dire la vérité, ce n'est ny l'ambition de paroistre docte , ny l'enuie que i'ay de ietter de la poussière aux yeux des médecins, que i'ay entrepris ce discours des fiéures. Ç'a esté seulement le deslr de profiter au public, de déraciner beaucoup d'abus qui se sont glissés dans la pratique des chirurgiens qui sont hors des grandes villes , et de rendre vniuersellement le chirurgien plus propre et plus instruit de seruir et soulager les médecins presens , et d'aduertir les absens plus soigneusement et exactement des accidens qui arriuent aux malades. Car il est très asseuré que le chirurgien ayant quelque légère et superficielle connoissance des fiéures, peut plus commodément que ne le sçauroient faire les gardes et

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