‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 463 sur 515 · ET DE L EXCELLENCE DE L HOMME · texte numérisé non relu

ET DE L EXCELLENCE DE L HOMME

Ils glapissent comme Rcgnards , ils miauileiil conirnc les CJiats , Ils groiifjneiit cotnme Pourceaux , Ils mugissent comme Taureaux.

Ils inuglent comme r>aleiiies , Ils hauissenl comme Clieuaux, Ils croiiaillenl comme Corbeaux , Us gringoticnl comme Rossignols, Ils hurlent comme les Loups, Ils gémissent comme les Ours , Us rugissent comme Lions , Ils gresillonnent comme Grillons , Us caquettent comme Cicongnes , Us coqueliqucnl comme les Coqs, Us cloussent comme les Poulies, Us piolent comme Poullcls, Ils cageollent comme les Gays , Us cacabent comme Perdris, Us baricquent comme Elephanis ' , Us jargonnent comme les lars , Ils raucoulent comme Colombes , Us brament comme les Cerfs , Us trompettent comme les Grues, Us puputent comme les Huppes , Us gazouillent comme Hirondelles, Us brayent comme les Asnes, Us bellenl comme les Chéures , Us silllent comme Serpens, Us Uuyent comme Millans , Us coaxent comme Grenouilles, Ils elabaudent comme Limiers , Ils claquelenl comme Cigalles, Us bourdonnent comme les Mousches , Us abbayent comme les Chiens,

Ils crocaillent comme les Cailles 2.

Le seigneur du BaiHas au cinquième our de la sepmaine contrefait le chaut de ralouetlo chantant, Tire, lire,alire, et tireliranl tire, adieu, adieu, adieu, adieu ^.

Et pour le dire en vn mol, les hommes contrefont toutes voix des ani-

» Ces deux lignes ont été ajoutées en 1585.

2 Cette ligne est également une addition fa' te en 1585.

3 Voilà le seul paragraphe qui ne se lise ni en 1579 ni en 1585 ; il ne date que de la première édition posthume en 1598.

maux. Et quant A ce que les oiseatix chaulent, ce n'est rien au prix des Musiciens , lesquels re.sonnans ensemble, fout vne voix fort mélodieuse et plaisante à ouyr, voire aux oreilles des lloys et Princes, et plus harmonieuse sans comparaison que tous les oiseaux ne sçauroient faire 'ensemble.

D'auantage , l'homme appriuoise, non seulement les bestes domestiques, mais aussi les saunages et les plus eslranges de toutes, comme les elephanis, lions, ours, tigres, léopards, panthères, crocodiles et autres.

Plutarque le tesmoigne des crocodiles, qui loutesfois sont les besles plus inhumaines et cruelles qu'on puisse Irouuer.

K LesCrocodilles, dit-il, ne connoissent pas tant seulement la voix des hommes qui les appellent, mais aussi souffrent qu'ils les manient : et qui plus est , ouurent fort la gueuUe , et leur baillent leurs dents à curer de leurs mains , et les essuyer d' vne seruiette. »

Et combien que Natu re ait appris aux besles la science de Médecine , toutesfois c'est bien peu de chose de tout ce qu'elles en sçauent, au prix de ce qu'vn homme seul en peut sçauoir, pour peu qu'il ail estudié en Médecine, et pour peu qu'il en puisse auoir d'expérience. Il est vray qu'elles n'apprennent pas des hommes leurs médecines , d'autant qu'elles n'ont l'entendement comme les hommes. Or ce qui est escrit des Elephanis , qui ont quelque religion, c'est qu'ils n'ont pas adoré le Soleil et la Lune , comme ayant la connoissance de Dieu, laquelle il a mise au cœur des hommes autrement qu'elle n'est pas és bestes brutes. Car, à parler proprement, les bestes n'ont aucune connoissance

y68 Llî MVliF, I)

(!o Dieu qui procède de quelque lumière el raison , qui leur soit donnée pour cslre capables de telle connoissaucc, laquelle a esté baillée au seul homme. Car combien que l'Elepîianl se tourne vers le Soleil , et qu'il semble qu'il l'adore, si i'adore-il point par intelligence, ny foy, ny par raison qu'il ayo que le Soleil soit leur Dieu , el qu'ils soient tenus de lui porter honneur et reuerence : mais le font par vn instinct et mouuement de Nature, selon qu'ils se trouuenl disposés naturellement par la conuenance que leSolcil a auec leur nature, cl par le bien qu'ils en sentent , sans penser néanmoins à ce qu'ils font, sinon ainsi que Nature les pousse , sans religion qui soit en eux. Et pourtant lorsque nous leur attribuons religion, nous ne la prenons pas en sa propre signiOcation , mais par vne manière de dire , et par abusion de langage , et par comparaison, à cause de la similitude et façon de faire qu'ont les Eléphants,

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