VUES
assislans des malados , aduerlir le médecin de l'espèce de la fiéurc, et des accidens qni peuucnt suruenir.
Mesme en l'absence du médecin , et en cas de nécessité pressante et vrgentc, il peut donner quelque allégement, empcscher les inflamma lions des parties nobles, et dosfounicr par quelque remède fait à propos et tiré par l'indication des effets et des causes des fiéures, les symptômes qui iettent bien sonnent les malades dans le péril de la mort. Et véritablement les fiéures estans des accidens qui accompagnent ordinairement on le plus souuent les dispositions contre nature que la Chirurgie entreprend de guérir , comme sont les tumeurs, les playes , les vlceres , les fractures et les luxations : voire mesme que les fiéures entretiennent lesdites maladies et les empeschent de guérir, et que pareillement le plus souuent lesdites fiéures ne suruiennent que par la douleur et autres accidens desdîtes maladies qui entretiennent les fiéures tandis qu'elles subsistent : on peut par là reconnoislre que la connoissance des fiéures et de leurs causes est très nécessaire au chirurgien
1 Ce début a remplacécelui du premierlivre des Fièvres , dont on peut cependant reconnaître aisément les idées. En voici le texte :
C(i, I, — Que c'est que Fifiure ft Up m ccmseii, « Apres auoir discouru des indications que doit lousiours auoir le chirurgien metiiodique et rationel deuant les yeux , ensemble de l'analomie, il m'a semblé cstre nécessaire faire vn petit discours des Fieurcs : tant à fln qu'il ne manquast rien en ce noslre liurc , dont le chirurgien peust receuoir instruction , tant aussi qu'ayant quelque Icgicre et superficielle cognoissance d'icclies , il peust plus commodément que ne sçauroient faire les gardes et autres assislans ignan s de l'art, aduerlir le médecin de l'espiOQ do la fieuru
LK VINGI lEME LIVRE
ie demanderoîs volontiers à ceux quiblasment si opiniastrement mon dessein, que denicndra vn chirurgien, lequel sera appelle à vn uialade febricitant qui aura esté blessé à la teste , et qu'il trouuera en de grands vomissemens et en vn saignement de nez ? Comment connoistra-il que ledit vomissement et saignement de nez viennent de la fléure et non de la playe, s'il ignore tout à fait la nature de la fleure, et qu'il ne sache que ces accidens peuuent aussi bien venir de la fleure que de la blesseure ? Il ne sçauroit iamais s'esclaircir de cesle difficulté sans cesle connoissance, et ne pourra en asseurance traiter la playe et en faire son prognoslic sans ceste lumière.
C'est ce qui m'a induit à reuoir de nouueau mon premier traité des fiéures, et à l'accommoder à la capacilé des chirurgiens. le ne pretens pas par iceluy de les rendre capables d'entreprendre leur curalion : elle doit
et des accidens qui seroient suruenus au malade : et mesmes à iceux en son absence, en cas qui lequist prompt secours et sans delay, donner quelque allégement, contrariant tousiours tant qu'il sera possible, non seulement aux effects, mais aussi aux causes desdites fleures. Et véritablement les fleures sont accidens qui accompagnent ordinairement, ou le plus souuent, les dispositions qui seront cy après traictees : et les entretiennent et gardent qu'elles ne se peuuent guarir : semblablement souuent sont causes que les fleures inleruiennent, pour la douleur et autres accidens , lesquels conuient corriger par leurs contraires , premièrement que pouuoir osier la fleure. Par quoy il est bien nécessaire au chirurgien cognoistre les fleures et leurs causes, qui seront icy sommairement traictees. »
C'était là alors tout le préambule, après quoi l'auleurenlrait immédiatement en matière. Voyez ci-après la note de la page T'i,
estre entièrement reseruëe aux Médecins nos Maistres : mais ie désire faire en sorte qu'vn chirurgien ne soit point surpris pour les accidens qu'elles apportent , et qu'il puisse estre capable de seruir le médecin qui ne peut estre présent à la eu ration. Et de fait, que l'on remarquera que ie ne donne icy aucuns préceptes ny enseignemens du pouls ou battement des artères , des signes et indications qui sont prises des vrines et des excremens du ventre, des vomissemens , rigueurs , frissons , trembiemens, et autres changemens qui accompagnent les fiéures , sans la connoissance desquels il est impossible delesguerirseuremenl,promptement et doucement. Mais ie laisse cela aux médecins, me reseruant simplement à traiter ce qui est de la Nature, Différence, Signes, Curation,et Mitigation des symptômes des fiéures , ce que i'estendray vn peu plus au long que ie n'ay fait par cy-deuant , ma briefueté ayant esté cause que les nouices en la chirurgie n'ont peu receuoir le profit de mon œuure tel qu'ils se le proposoient.
Or à fin que nous gardions quelque méthode en ce discours , qui oste l'obscurité et la difficulté du suiet que nous traitons, nous le diuiserous en deux parties : dont la première parlera de la nature , différence , causes, signes, et curation des fiéures, tant en gênerai qu'en particulier :
l'autre donnera quelques aduis sur les symptômes et accidens d'icelles , tant à fin d'adoucir leur fascherie et imporlunilé, que pour en soulager le malade qui se trouue quelquesfois plus incommodé des symptômes que des fiéures mesmes. Mais deuant que passer outre, ie veux que l'on voye tout mon dessein racourci dans la
DES FIEVRES
figure suiuante, pour seruir non seulement d'indico à tout l'ouurage , mais aussy pour aider la mémoire et
le iugement de ceux qui voudront lire mon discours.
TABLE