‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 67 sur 515 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

DES FIÈVRES INTERMITTENTES, DE LEVRS ESPECES, ET COMMENT ELLES SONT DISTINGVÉES DES CONTINVES.

Apres auoir parlé de la fleure putride qui se fait du sang , il faut passer à celle qui s'engendre de la bile iaunejaquellenous auonsditcstre intermittente ou continue. Nous auons ditdesia ce que c'estoit que la fiétire continue, et comme elle differoit do l'intermittente'. 11 est neantmoins à

' Il en a déjù parlé en effet en divers endroits , notamment aux chapit res 8 cl I2

1 l4 VirfGTI^lV

propos (louant que de pf^s^cr pulre d'expligiiei- VHiroVP PPlfl pl.US awplenic?il, à fin (Vcii infqi nipv- IP P^" piil ilu ieuiiç çltM MVSiPlï > Pi flM'U. apprenuP par aiiçla ^ignps U çp.onoislra vnp fipiup pUprmiUpntç» (l'aueP YPe copUnup.

U a Uo,nc esté tlU py-(la«ant i gye la niîîtiere tlps ftéures continues vePApt à se pQurrii- aux gf anUs vais^oauit, enmais nulle part peul-êlre si nellemcnt qu'au commencement du chapitre 6 de 1575, inli-. tulé : D<es fienres d'accez, et pvemi&rerrient de la, qHQiidiwc Uiicnniapue. \pici ce prçmicr

<i Ayant parlé de la cure d.es fiçyres pulrides en generaj , faut m^intçpant en parlef en particulier, commençant par \es intermittentes, ou ^'acccz. rjpnpques fleure d'accez est pelle qui à certaines heures déterminées en certains iours, comme tous les iours, si elle est quolidiane : ou de trois iours l'vn , si elle est tierce : ou de quatre iours l'vn, si elle est quarte, surprend le malade. »

On retrouvera la suite de cè Ifixle au chapitre 25 du livre actuel.

' Çydemnt •■ voyez an chapitre 12. Du reste le chapitre 12 n'en avait parlé qu'en j passant, car l'auteur avait traité ce sujet dans le chapitre 9 de son premier livre de 1575, et il ne voulait pas perdre sa rédaction. Ce chapitre 9 est intitulé : Des fleures continues, de leurs espèces, et de leurs signes, et il peut paraître assez étrange de le voir ; fondu tout entier dans un autre qui a pour tilre : Des fiéures iiitermiuemes. Il en est cependant ainsi, e(p. ?aré nou^ a acça^luraés à bien d'aulres disparates. Ainsi tout le paragraphe actqçl n'çst que la reproduction du çom^çienceçnent du chE^pityc gi^e 1575, à. p^^r^ }es preniiers (npts. qui se lisaient aiiisi :

« La maliet;e ^es fieurts çoniimes çst pla,cçe és gi'Vids. vai,ssfi(jux, oi\ vet^ant à pourrir, enuoye de soy conlinuellement au cœur, etc. »

Nous retrouverons le reste de ce chapitre dans les notes suivantes.

uoyei|e §Qy çpnljnuellpmenlauçœur, oq quoique ppvliop (^e la ^ul)Sl9r\co popi r^p , ou iii^ir^ flppiqpp vapvur , çe qui (ajl qpç le çopur çslaiî|, ainsi çQpliput',l|epiep^ cqpi^ltu et esp^^auffé.

euupjo, paf top^ le çQvps vpe phalepr irpipo(lprée et pop^rep^tlpre, (^jpppous appellpns tippre PQn(inue. Que si çeste matière est cnferniée en l'aipp ou eii attire liep plus esiongné, alors pour la distapçe (Ips Uppx . pour l'anguslic des vaisseaux , pour la petite quantité de la matière, elle ne peut enuoyer au cœur aucune substance pu- Iridp py auçune exhalaison , mais la se^lp qpaplilç (^p chaleur contre nature, par continuation des parties l'Yne à l'anlre, çornnie nous enseigne Qaiien au premier des fiéi^res^ çlQntes^ excitée slmpleipent pu la Àpurp (liairç, ou la symplomatique.

Mais lors que la matière est reserrée dans les veines et conduits de la prerniere région dp corps, laquelle pour parlef nettenient est comme sa sepliipe çl son psgput, ppur receuoir le^ pxçi:en\p(\s (^e la pvepiiere et secpnde co.çlipn : et aprés qu'elle y a demeuré et croupi fprt long-tçn;ips, si ellevient à s'y pourrir, p£\ç sppçhullilion elle enuoye des vapeurs au cœur par les veines et artères, qui se communiquent les vnes aux autres par les rameaux de la veine porte qui sont insérés en la vouste du foye, et par peux de la veine caue qui sortent de la partie gibpe d'içeluy. Ces rameaux icy seioignaps enseratile dans la substance ^utayepai: leurs ewboucheuresou anastomoses, font que les vapeurs putrides sont fecilement portées iusques au cœur : mesme que les rapieaux de la grande artère, qui sont ennoyésàTesiomach, auxinteslins, ^la raleet au mésentère, portent aussi lesditcs vapeurs qui sortent

DES FI

aes humeurs pouriics delà premicro région du corps iusques au cœur où la fiéure est allumée, tant et si longtemps que la maliere qui se pourrit dure et s'entretient. Ladite fiéure cesse aussi lors que ladite matière se dissipe et se résout, soit insensiblement par la cbaleur de la fioure, ou insensiblement par les vomisscmens, fXux de ventre, flux d'vïine, ou sueurs. Or d'autant que ladite maliere, pour estre dans des conduits cslroits et petits, no peut pas estre amassée en grande quantité: de là vient que les accès de la fiéure, qui est excitée par celte matière, ne peuuent pas estre longs ny de durée : et par ce moyen il arriue que ceste fleure a de t'inlennission et disparoist tout à fait, iiisques à ce que pareille matière soit rengendrée et ramassée de nouueau par Fiudisposition des parties, et qu'elle vienne de rechef à sepourrir : carpour lors l'accès aussi de la fiéure reiourne de nouueau, et dure iusques à ce que ladite maliere soit dissipée et resoute : et ainsi par périodes la fiéure a des reprises et des intermis.sions, qui font que pour ce suiet elle est nommée /iéure iniermîttcnle.

Par ce discours nous apprenons que les fiéures continues doiuent estre distinguées des intermittentes par deux ou trois signes. Premièrement en ce que depuis leur commencement iusques à la fin et guerison entière, elle tiennent constamment le malade sans aucun relasche : là où les intermittentes, après auoir fait vu accès de douze ou de quinzeheures, plus ou moins, donnent vne intermission manifeste de quelques heures sans tenir aucunement le malade. Secondement, la continue est distinguée de l'intermittente par la diuerse façon de surpcendie lo. malade. Car lacouUnue

ÉVRES. 1 1 5

surprend subitement le febricilant, sans enuoyer deuant ny frisson, ny horreur, ny rigueur, sinon peut estre qu'au premier commencement il peut y auoir quelque inégalité au corps.

Maisl'intermittente vient peu à peu, et enuoye tousiours pour messagers et auant-coureurs, ou vu frisson ou vn tremblement, auec des pandiculations, baaillemens , restrecissemens des parties, pasleur au visage, liuidité ou ternisseure aux ongles, et autres tels accidens. Bref, la continue presse et tient son homme outre les vingtquatre heures, et perseuere iusques à ce qu'elle se termine et quitte du tout le malade, là où l'intermittente après quelques heures comme i'ay dit, finit son accès ou insensiblement, ou sensiblement et manifestement par vomissemens, sueurs ou autres euacuations ».

1 Ce paragraphe se retrouve en germe dans le cliapitre 9 de 1575. Voici le passage, qui se lit , non point après celui de la note précédente , mais immédiatement après celui de la note suivante :

« Venons maintenant aux signes. Il te sera aisé de distinguer vne continue d'auec vne intermittente par ces marques. La continue subitement surprend le febricilant sans qu'aucun frisson , horreur ou rigueur marche et le tienne deuant, sinon peut estre pour le premier commencement il y a inequalilé : le pouls plus grand que la véhémence de la chaleur ne porte : elle pousse et tient son homme outre les vingt-quatre heures, ne finissant point lors à la mode des intermittentes par vomissements , sueurs manifestes, ou par moiteurs, ou peu à peu insensiblement, mais perseueranl dure iusques à ce qu'elle se termine , et quitte du tout le malade. Tellement sont distinguées les continues d'auec les intermittentes...»

Voyez la suite à la dernière note de ce chapitre.

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Allant que finir ce chapitre, ie veux donner les espèces dos fiéures continues et des inlermillenles , el dire 1rs marques par les(|uellos on les peut distinguer les vues d'aiiec les antres.

Pour les continues nous en auons de quatre espèces, la synoquc, la tierce continue, \aquolidiane continue, et la qi(.nrle continue. La synoque se fait quand le sang se pourrit , comme nous auons démontré cy-dessus. La tierce continue se fait quand la masse du sang qui se pourrit a en soy plus de Lilc que des autres humeurs. La quotidiane continue s'eni^endre quand il y a en la masse du sang plus de pituite que des autres humeurs. La quarte continue vient quand en la masse du sang la melancholie surmonte. Mais, me direz- vous, si telles fleures sont continues, pourquoy les nommez-vous tierce, quolidiane , quarte, à la mode des in lermitlentes ? Elles sont appellées continues, parce que pour le voisinage et commerce qu'a la matière dont elles sont ex( itéesauec le cœur, elles continuent tousiours sans aucune intermission, iusquesàla fin et terminaison générale de toute la maladie. Mais elles sont aussi appelées l'vne tierce , l'autre quarte, l'autre quotidiane, pource qu'estant excitées d'vn sang ou plus bilieux, ou plus melancholique, ou pluspituiteux, ellesdonnent quelques redoublemens et exacerbalions, et se montrent plus violentes et ardentes, ou de trois eu trois, ou de quati e en quatre iours, ou de iour en autre, donnant au reste quelque relasche et remission , mais non pas intermission absolue , és iours et heures d'entre-deux. En quoy elles semblent retenir quelque chose du mouuement des intermittentes , selon qu'en la matière pourrie qui les fait,

VIE LIVBE,

il y a plus de bile, ou melancholie, ou pituite*.

Or à fin que tu reconnoisses ces quatre sortesdefiéures continues les vues d'auec les autres, tu teressouuiendras que la synoque ne surprend sinon ceux qui sont de bonne nature et d'vn tempérament bien reiglé et modéré, quiont abondance de bon sang, et qui ont vne bonne habitude de corps. Au reste, elle tient tousiours également son homme, non seulement sans intermission, mais aussi sans remission et exacerbation manifeste. Les tierces, quartes, et quotidianes continues, se connoissent parles causes qui peuuent accumuler et engendrer bile, melancholie, ou pituite en la masse du sang, ou bien par les effets de telles humeurs et par leurs exacerbations 2,

• Toul ce paragraphe est copié presque littéralement du chapitre 9 de 1575, qui présente même quelque chose de plus au commencement et à la fin. Ainsi immédiatement après le passage noté dans la première note, on lisait :

«Or pour retourner aux fleures continues, leur matière contenue és grands vaisseaux, veines et ai teres, qui sont entre les aisselles el les aisnes , est le sang , ou masse sanguinaire : lequel venant à se pourrir par quelqu'vne des cinq causes efficientes parauant mentionnées, nous fiit quatre espèces de fleures coniinuës, synoche, etc. »

Et après les derniers mots du paragraphe actuel ■■ il y a plus de bile, ou melancholie, oupiluile, l'édition de 1575 ajoutait:

« Comme ainsi soit que le propre de la bilcsoilde se mouuoir de trois en trois, de la melancholie de quatre en quatre iours, et delà pituite tous les iours : dequoy Dieu aidant nous taschcrons à rendre raison à la fln de ce liure. »

Il renvoyait ainsi à son chapitre 15, qui va faire toul à l'heure le chapitre 18 du livre actuel.

' Ce paragraphe faisait la fin du chapitre 9

DES FI

qui sont qiie les tierces continues les on! de deux tours I vn , les quartes de trois l'vn, et les quolidianes tous les iours.

Quant aux fi(^ures intermittentes, il y en a de trois espèces, la tierce qui se fait de la bile, la quarte qui vient de riuimour melancholique ou atrabilaire, et la quotidiane de la pituite. Elles sont distinguées enlr'elles, en ce que la tierce ne prend que de deux iours l'vn, la quarte de trois l'vn, et la quoti liane tous les iours. Nous allons tascher d'apporter les raisons de ces intermissions périodiques au chapitre suiuant.

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