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mesme la fiéure symptomatique no vient qu'en suite de quelque maladie, et s'en va aussi à mesme heure que ladite maladie. C'est pourquoy ceste fleure icy n'a point de propres indications , comme a l'essentielle, les indications de laquelle sont prises de sa nature et de ses causes. Mais cellesde la symptomatique sont prises de la maladie qui la produit, et de là vient aussi que l'on nomme ceste fleure du nom de sa maladie, et non de son nom propre, comme enseigne Galien sur l'aphorisme septante-deux de la quatrième section.
« Les anciens , dit-il, disoient que » ceux estoient malades de la fleure, » qui sans aucune inflammation, sans » abcès, sans douleur, sans erysipele, » et pour le dire en vn mot , qui sans « aucune autre maladie remarquable » se trouuoient afflig-és de fleure.
» Mais s'ils se trouuoient auoir la flé- " ure , ou à cause de la douleur de » costé, ou de poulmon, ou à cause de » l'inflammation de quelque au trepar- » tie, ils ne les appeloient pas febrici- » tans, mais pleuretiques, peripneu- « moniques, hépatiques, et de pareil- » les et semblables appellations. »
Ce n'est pas toutesl'ois que toutes les fleures symptomatiques viennent de nécessité de quelqneinflammation :
il y en a encore d'autres : c'est pourquoy ie m'en vais apporter toutes leurs différences et espèces. Les fleures donc symptomatiques sont prises de trois chefs, ou de l'inflammation de quelque partie, ou del'obstruction, ou de la pourriture et corruption de quelque partie noble.
Celle qui vient de l'inflammation est double : car ou elle vient de l'inflammation de quelque partie noble, et voisine du cœur, ou dequelque partie ig-noble , et qui est eslongnéc du
LE VlNGTliîlvili: LIVRE
cœùr. teW'e-c^ est ;é)^VieWé'rc 'et We dtii-c (ï'û'vn Vbi\\-, 'd'àiVtànl que la parlie poù'r dslr'é 'esi'ôngnee (lu cœur ne )peul rien es'cHaiiltfer eii l'iiy, si ce n'est les esprîïs sc'p'oVleiiliilÛ^ aisément par l'es c'ôti'(i\\iVs 'cleslô'ii'rhes qùîê ne
ÙAt. Toc ii'iirrtoiivo T.'niVl l'P, ïi'(Ân'r'f>
fônl'iias les ïiiinieufs. L'autre lié ure qui vic'iit de l'iVVflanVhWltïon des par liés nobles el vôîsînes du cœur est aussi lioiible : c^àVeïle'èst'ôxi p^legmônèuse, queles Grecs disent y^Ew-ovû.îflg, où'erysitielàleiise, qlie les mes'mes Grecs appellent tpUÇCTTtXaTwÔ/JÇ ou TU!pÛ(5EÇ. Celic
la se fait par y'h \rkj pbleg^tnon de quelque partie, et celle-cy par l'èrysipel'e de la mesiVie pàrltie. t*ar exemjple, si les hiebibrànes "du cérueaù s'enflamment par ïà cort'ûif)'tion 'du sang qui est au cé'rùeâ'ù,il se fera vne fi'éure symptomalique ptilegmôneuse : mais s'il se fait Vne inflàmmàlibn ausdites tnembràiàes par ïa corruption de la bile, la fieùre sympiomalîqiie qui en sera 'excitée sera appellée bu lyplwâes ou erysipelaleuse.
Au Veste ces tiéïïres ïcy d'autant 'plùs sobt-elfes grandes, vioïeb'tes, dangereuses et périlleuses , que la partie qiii reçoit inflammation est noble et voi sine du coeur : càr le cœur en reçoit plus aisément et prôiiï'ptement les maïïuàises fumées et va)peurs qui s'en esleuent continuellement.
Là seconde fié'ùre symptomalique vient de l'obstruclîoi'i qui est viueme'nVatta:cb"ée à queïqu'vne des entrailles, et telle ÏÏéure d'ordinaire est lente : car c'est vn feu caché, et vlie pourni\i're secrette qui se glisse lentemelit dans l'es veines, et à peine se peut elle communiquer àii cœur:
c'est pour^ùoy ceste 'fiéùr'e est si douce et à des accidens si légers q'u*ù peine le malade se persuade-il auoir de la "fleure ; bien qu'il sôit assez Aisé àu medèci'n prùdenl et adiiisë de la
Vccô'nnôiât're.jiar 'qWeî^Wès signes 'd'è poiirriVurfe '4ili 'à|Jïpài-6isseVit", et 'â'iik vrillés el a\i pouls. Qi!ielq\Ves-Vnè rapportent à ce genre de fiéure celles dont les càch'eciiqùés elles filles qui ont les pa'sl'eà 'cbùlé^iV's •èbbl tràuàîllées, Ve's'q'iielles sont engendi-éeS 'el produites d'vne certaine pilùit'e séreuse, yni se ^oiii'ri't lenteb'éW dans toutes l'es ^ài-Wes du corps bù'elle'est ditfusè et és^'andiie. "D'auttes 'aùsfA meltent entre ces ■fiéûr'e^fe îcy;, celles q'iu soiit prbd'ùites par ïes vers, bieïi qù'èïle^ ayent dés symptômes beà'dboxip pius vioiens que lék fiéùtes
lentes. , : .
La troisième el 'dèrhîeVè espèce à'e iû'éurés 's^mptoraalïgùes, ës't prise '(ïfe la pourriture e't corruption de ^uçiquè partie 'de nbstre corps^ qui est nobfc'einecessaiiMî â la vie.pàr'exe'Mtbutèsiois el qu^nUs qWble'è^iiilmon,le foye,la ratte se pourrissent et se cbrrotapeiit en leur substance , par 1^ 'cdiîUn'ùilé dbs vaisseàùi qui son't insérés en cp pârlies ia, il y 'a db mauuàises Vapeu sonl portées ail cœur,, 911 ils àlïqment vne fleure lenl.e continue, qui consomme peu à peu le malade et le débilite de iour en iour, et l'exténue tellement qu'il en meurt à la fln : et ceste fléure icy n'est point autre que symptomalique, encôrebien quequelques vnsla vueilïent appeller bectîque : mais en Tbeclique, il n'y a point de pourriture , si à bien en cellè^cy : c'estpourquoy elle constitue la troisième espèce des symptomatiques.
Or la connoissance des fléures symptomatiques despend de leurs propres signes. Celles qui se font à cause de l'indammalion de quelque parlic, se reconnôissenl par rinflammàlion mesnVc,;qirt^e Ubnnb assez à cbnnoislTe,'taiïl T^'ifr là dotoV qto t>aV la
îfâioVi tïtSrarctWH qu'eile ttbttn'e la p'ài-lie ttirtladé : 'd'.iuari1àfte c'cs fleures îi'ont ïilidihs àbcès p^noHiqiieê,'el iite 'aôlihentaucànè'sigWï^cÀliôiid'élVôaï'rittir'e dàrts lo^ vi-hlcs, 'sifco Vi'^îèiL qti'il siifcVé dé \a pài-tie 'eiiîl'Anlinc'é'^uèlqi'i'e ^etilfe porliOrt dé ponitilVirb '(iûi 5*6 Tfc'ésle "^'àrrAy lé kà'ns', ë"t ^'li ïe èbiri^W^è. B^-ef Véll'eS ÏM'vèï We ifeçoilieM point de cVikes, tiy 'àW so'plièiWe tour, hy ad qriiVôrtiéiA'è-, ihaié Éré g-Wé- Vî^enl peVi peu à rtte'sùre iqlie l'iiiflammation se diminue.
Pour la fleure lente qui se fait de i'^obstrtïctîb'n, elle se recoiinoist par la tumeur ou dureté de viscères qui sont éstéuppé's : è\le h'âii^oVte aucun grief accident, si ce n'est que peu à peti eÙé WsVô tés forces du ra!à\ade, luy fond le corps, et le rend maigre encore qd'îl sb nôti'rrisfee bien. Elle 'dàrb qubfqubsfb'îs bieni lôV)'gtemps, Vn ihôis, deïix ibbls, pïiiS ÔÙ ïnô'îns, selon '(5fue 'robs'truclîon bsl ^ilu's 6\i moins o'piniastre : lé pôuls du Wialàde esl petit, fôible, freq'ti'eii't , léger et ihegal.
Restblalîéurb'qtii Suitlâ côrraplion 'dbs '^làr'tïés : belle-cy se reconilôîst, pâlie qXi'èîle ne dittiînue rtullembnt , ïiy Tpàr àtfcùbe 'jitrga'tiori, 'ny par àiicune saignée : ains au contraire elle s'aî^it et augmente à veuë d'œîl. Elle donne 'des défaillances dé cœar, et peu à peu elle aiVialgrit tellement le Imàladé et ïe débilite, qu'elle l'oste ÏÏors de ce nionde. Il faut au reste prendre garde quelle est là partie qui ie cô'rro'mpt, si c'est lepoùlmon, le foye, la ratte, restoïnach,les reins, le ïnosentere, la matrice : car par ce môyeii vous entrez en sa cotmoîssàtice.
Cécy estabfi, vertons à la ctire de cesliéures sytn]^tônlatiques. Celle qui STii't les inflàmmations se doit l'rîifcr comirtQe llnflàrnTnatiôil rtïésïiïé ,
et comme les autres flè\ircs qVre nôiïs àuons dit estre des intempéries bha\ides et seiches. C'est pourquoy le régime de Vîùre dôit eStreTafraicliï^sarit et htihiectànt , en s'abstenaiit to'iit â fait de vin et des choses qui péùtiibbt augmenter l'înflamtrtàtiott.
Iltàul commencer les remedés i)ar la Saignée, laquelle est si necessàir'e en ce tnal icy, que si elle ii'e.*^t faite et iiroriliîtemeut et cottipetemmeilt , bu le ïnalade meurt bien lost , ou il Se fait vn abcès, qui quelquesfois est mortel, quelquesfois est de tréS-lbhgue durée. Cependant on fera vser au ïnalà'de dejûleps et apôzemés refrîgerans, qui out la forcé et la vertu de réprimer la ferueur de là bile, et autrés humeurs àrdentes et boiiillàùtés qui fomentent le mal. Il Se faut bien 'donner de garde de purger le malade du commencement, vôiremesme tâïlt qu'il y aura soupçon d'inflàminatîôn:
car il faut craindre d'irriler la pàrtîe irialade , de l'eschauiFfer, et 'de ïuy transporter dé nouueau demauuaisès humeurs. Lorsmesme qu'il sera temps de purger, il faut se seruir de purgatifs doux et bénins, et fuir les vîolèiis, bt ceux qui r'èçoiuen t la scàmmonêe.
il rie faut nullémeht pà'rler de Voriiitifs, d'autant qu'ils sont tres-pérriicieux auxinflammatioris. En vnmot on se doit con tenter presque durant toute la maladie de clysteres, de la saignée, et remèdes àlteràtifs ràfraichissâns et humectans : ayant toutesfoîs toùsib\irs esgard à la partie enflàmniée pour luy appliquer les remèdes propres , comme les bechîqués au poulmon, les epithemes au foye et à la ratte, et ainsi des autres.
Pour les lîéures lentes syraptomà- Hq'ues qui viennent de l'obslructiôn ou du foye, d6 la ratte, il faut se seruir d'Vn regîtfie 'dô vîure qbi soit ih-
j8o t^lî VJWGTIÉ
cisvf et allenualif , préparant des bouillons de poullels auec racines de pt;rsil,defonouil,de câpres, d'orge,et autres diurétiques : il faut euiter les alimens visqueux et grossiers , toutes sortes de légumes, et autres viandes flalulenles et terrestres. La boisson ordinaire doit eslre préparée auec orge, chiendent, racines d'ozeille et de cichorée saunage, de dent de lion, meslant quelquesfois vnpeu de vin blanc qui est apéritif et diurétique.
Entre les remèdes la saignée tient le premier lieu, quiosteet desgagepuissamment les obstructions, et en outre descbarge la nalure d'vne portion des humeurs qui l'affoiblissent, et qui diminuent la chaleur naturelle. Les clysteres détersifs doiuent estre souuent vsités, cependant que l'on prépare les humeurs auec juleps et apozemes quicuurent, desbouchent, incisent et atlenuent sans, excessiue chaleur, et que par interualle on corrobore les entrailles, lantosl auec l'elecluaire de Iriasautali, lanlosl auec les Irochisques d'aigremoine, ou bien auec poudres, condils, tablelles , et opiates conuenables. Après cela il faudra purger doucement et fréquemment le corps, ayant lousiours esgard à la partie qui est estouppée, comme aufoye ou àla ratte: pourselon ceste indication mesler les medicamcns qui ont plus de familiarité auec la partie affectée. Bref il ne faut rien obmctlre dos choses qui ont la force de desboucher, d'ouurir , d'inciser, d'atténuer, et de desgager les obstructions.
En fin les fiéurcs symplomatiques qui viennent de la corruption des parlies nobles reçoiuent assez do remèdes palliatifs, mais elles n'en peuuent auoir qui les puissent entièrement guérir, lien faut mourir tost ou tard, veu qu'il est impossible de restituer
tfE LIVRE,
vne partie noble qui aura esté vne fois corrompue : l'axiome du philosophe estant tres-vray, qui dit qu'il n'y a point de retour de la priuation à l'habitude. Il faudra donc se contenter du prognostic, et prescrire au malade le meilleur régime de viure que faire se pourra : que s'il estoit Irauaiilé de quelques violeus symptômes, il faut tascher à les adoucir les mieux qu'il sera possible, et du reste n'espérer autre issue de la maladie que la mort.